Le Madring de Madrid : Un nouveau circuit légendaire pour la F1
Le calendrier de la Formule 1 accueille un nouveau décor et, fait rare, le circuit a déjà sa légende avant le premier feu vert. À Madrid, le Madring n’a encore vu passer aucun Grand Prix, mais tout le paddock parle déjà de son virage 12. Un nom, une promesse : La Monumental.
Le Grand Prix d’Espagne quitte Barcelone pour s’installer dans la capitale, où ce tracé flambant neuf est assuré d’accueillir l’épreuve jusqu’en 2035. Un bail long, à la hauteur de l’ambition madrilène : mêler le caractère brut des circuits urbains à la fluidité d’une piste permanente.
Le Madring emprunte des routes ouvertes au public et des sections privées. Par endroits, l’architecture rappelle les rues étriquées d’un tracé en ville, avec leurs murs qui se rapprochent, leurs dégagements comptés. Puis la piste s’ouvre, plus large, plus rapide, comme sur un circuit classique. Mais tout ramène à ce fameux virage 12.
La Monumental, un pari de vitesse et de spectacle
Au cœur de ce ruban de 22 virages, La Monumental se détache déjà comme le symbole du Madring. Un long virage en épingle, mais relevé, dessiné pour marquer les esprits. Une courbe de 270 degrés, avec un banking pouvant atteindre 13,5 degrés.
Ce n’est pas aussi extrême que les 18 degrés de Zandvoort. Mais la comparaison s’arrête là. À Madrid, les monoplaces y passeront nettement plus vite. C’est ce mélange qui intrigue : l’angle d’une épingle, la vitesse d’un enchaînement rapide.
Carlos Sainz, au volant d’une Ford Mustang GT, a déjà pris la mesure du lieu plus tôt dans l’année. Le pilote Williams n’a pas attendu pour livrer son ressenti. Pour lui, les F1 vont littéralement survoler La Monumental. Il s’attend à ce que le virage se prenne à fond, d’un bout à l’autre, avec en prime une opportunité de dépassement dans le gauche serré qui suit.
La clé, c’est le banking. Il permettra aux pilotes de choisir leur ligne, plus haute ou plus basse, pour chercher de l’air propre et rester collés à la voiture de devant. Et si le passage se fait facilement à fond, un autre scénario s’ouvre : ceux qui resteront à l’intérieur pourront générer un important effet d’aspiration, comme on le voit déjà à Zandvoort. Un virage, plusieurs trajectoires, des choix à faire en pleine charge. La F1 adore ce genre de dilemme.
Antonelli en patron, Piastri en chasseur lointain
Pendant que Madrid se prépare à entrer dans le club des circuits de référence, le championnat pilotes arrive avec une hiérarchie bien installée. Kimi Antonelli domine. Le pilote Mercedes débarque dans la capitale espagnole avec 66 points d’avance sur son coéquipier George Russell.
Son dernier coup d’éclat ? Une victoire renversante en Italie, dimanche dernier, après un départ depuis la 19e place sur la grille. Une remontée de champion, qui a creusé encore un peu plus l’écart au classement.
Derrière, le peloton poursuit la chasse. L’Australien Oscar Piastri pointe au septième rang du championnat, à 151 unités d’Antonelli. Le pilote McLaren reste sur une cinquième place à Monza, solide mais insuffisante pour réellement inquiéter le leader pour l’instant. À Madrid, il devra composer avec un circuit nouveau pour tous, où la capacité d’adaptation pourrait bousculer l’ordre établi.
Après le Grand Prix d’Italie, le classement pilotes donne le ton :
- 267 points pour Kimi Antonelli
- 201 pour George Russell
- Lewis Hamilton suit avec 191 points sous les couleurs Ferrari
- Juste devant Lando Norris (171) chez McLaren
- Charles Leclerc (155) maintient Ferrari dans le match
- Tandis que Max Verstappen (127) et Oscar Piastri (116) complètent le groupe des prétendants réguliers aux gros points
Plus bas, la nouvelle génération s’affirme. Isack Hadjar compte 71 points avec Red Bull, Liam Lawson 51 avec Racing Bulls/Red Bull, Pierre Gasly 41 chez Alpine. Arvid Lindblad (29, Racing Bulls), Franco Colapinto (21, Alpine) et Oliver Bearman (18, Haas) s’accrochent. Audi apparaît au tableau avec Gabriel Bortoleto (10) et Nico Hülkenberg (6), Williams avec Carlos Sainz (6) et Alex Albon (5). Esteban Ocon (3, Haas), Fernando Alonso (3, Aston Martin) et Yuki Tsunoda (1, Racing Bulls) ferment la marche des pilotes déjà pointés au classement. Lance Stroll (Aston Martin), Valtteri Bottas et Sergio Pérez (Cadillac) n’ont pas encore débloqué leur compteur.
Madrid, dimanche soir : rendez-vous sous les projecteurs
Le Grand Prix d’Espagne aura lieu ce dimanche 13 septembre, sur ce Madring encore vierge de toute course officielle. Le départ sera donné tard pour le public australien, avec un feu vert à 23 h pour la Nouvelle-Galles du Sud, le Victoria, le Queensland, l’ACT et la Tasmanie. L’Australie-Méridionale et le Territoire du Nord basculeront à 22 h 30, l’Australie-Occidentale à 21 h.
Un suivi en direct sera assuré à partir de 21 h (AEST), pour ne rien manquer des premiers tours de roue de la F1 à Madrid.
Reste une question, la vraie : dans quelques années, parlera-t-on du Madring pour son tracé complet… ou simplement pour ce virage 12, La Monumental, devenu à lui seul une signature du championnat ?




