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Jordan Hermann brille lors de son premier ODI à Windhoek

À Windhoek, sous un ciel changeant et une lumière écrasante, un nom a pris place d’un coup dans le paysage international : Jordan Hermann. Pour son premier match en ODI, le gaucher sud-africain a signé un 150 majuscule, une frappe longue, patiente puis dévastatrice, qui a lancé l’Afrique du Sud vers une victoire nette par 99 runs (méthode DLS) contre la Namibie.

Pour une première, difficile de faire plus fort.

Un début en ODI, un record égalé

Propulsé en tête de l’ordre, Hermann a joué comme un homme qui n’avait aucune envie de laisser passer sa chance. 150 runs sur 126 balles, 17 fours, 3 sixes, et surtout une montée en puissance impressionnante.

Les chiffres racontent bien l’histoire : premier cinquante atteint en 61 balles, les deux suivants en seulement 32 livraisons chacun. Une première moitié d’essai, une seconde de démolition.

En atteignant les 150 d’un simple coup dans les couverts, il a rejoint un compatriote dans les livres de records : Matthew Breetzke, auteur lui aussi de 150 pour ses débuts en ODI contre la Nouvelle-Zélande en février 2025. Une égalité symbolique, mais déjà lourde de sens dans un pays qui ne manque pas de talents en haut de l’ordre.

La suite a eu un goût cruel : sur la balle suivante, Hermann a tenté de pousser encore, mais a trouvé les mains de Louren Steenkamp à deep midwicket sur une livraison de Ruben Trumpelmann. Pris à 150, l’Afrique du Sud à 275-3 dans le 42e over, mais le travail était fait.

Une association clé avec Tony de Zorzi

Avant ce coup d’arrêt, Hermann avait tissé une immense toile au deuxième guichet avec Tony de Zorzi. Les deux gauchers ont ajouté 190 runs sur 167 balles, une association qui a étouffé la Namibie et posé les fondations du total final.

De Zorzi a apporté la stabilité et la continuité avec 70 runs (72 selon le tableau, 84 balles au bâton), laissant à Hermann le soin de faire grimper le rythme. Ensemble, ils ont transformé un départ prudent en plateforme imposante.

Le reste de l’alignement n’a eu qu’à capitaliser. Malgré la perte rapide de Ruben Hermann, le frère aîné de Jordan, piégé lbw pour 8 par Trumpelmann, les visiteurs ont continué à pousser. Entré en confiance, le camp sud-africain a ajouté 73 runs dans la dernière ligne droite pour fermer la manche à 348-6 après 50 overs, un total massif sur ce terrain.

Trumpelmann, malgré la tempête, a terminé avec 4-68, seul véritable poison namibien dans une journée pénible avec la balle.

La pluie s’invite, la Namibie s’éteint

La poursuite namibienne n’a jamais vraiment décollé. Les interruptions de pluie ont brisé le rythme, comprimé le temps et compliqué une mission déjà herculéenne. La cible a été révisée à 262 en 31 overs par la méthode Duckworth-Lewis-Stern, un défi qui exigeait un départ explosif. Il n’est jamais venu.

En haut de l’ordre, Malan Kruger a tenté d’ancrer la manche avec 34 runs sur 60 balles, mais ce tempo n’a pas suffi face à l’urgence du calcul. Les wickets sont tombés, le compteur s’est grippé, et l’écart s’est creusé presque mécaniquement.

Au milieu de ce naufrage offensif, un homme s’est régalé : Prenelan Subrayen. Le spinner sud-africain a exploité les conditions et la pression du tableau d’affichage pour rendre des chiffres de 4-29, étouffant la moindre tentative de relance locale.

Au bout de 31 overs, la Namibie s’est arrêtée à 162-8, très loin de la cible révisée. Match plié, série lancée.

Un voisinage, une première, et un banc qui répond

Ce premier ODI entre voisins avait des allures de test grandeur nature pour une Afrique du Sud largement remaniée. Les Proteas avaient choisi d’aligner un effectif de rotation, avec trois débutants : Jordan Hermann, Connor Esterhuizen et Duan Jansen.

Ce groupe « réserve » sortait déjà d’un T20 tri-séries encourageant contre la Namibie et le Zimbabwe, conclu avec quatre victoires en cinq rencontres. Hermann avait joué chaque match aux côtés de son frère Ruben, terminant la compétition avec un 53 en finale. La continuité de forme a sauté aux yeux à Windhoek.

Cette fois, le contexte changeait, le format aussi. La réponse a été limpide : un ton au-dessus, même avec un effectif expérimental.

Une fenêtre qui se referme… pour l’instant

Ironie du calendrier : malgré ce début fracassant, Jordan Hermann ne figure pas dans le groupe retenu pour la prochaine grande échéance, une série à domicile de trois ODI et trois Tests contre l’Australie à partir de la fin du mois.

Cette absence n’efface rien de ce qu’il vient de poser à Windhoek. Elle pose plutôt une question simple, brutale : combien de temps encore les sélectionneurs pourront-ils ignorer un batteur capable de marquer 150 dès son premier jour au plus haut niveau ?

En attendant la réponse, la série continue. Même terrain, mêmes acteurs, un avantage de 1-0 pour l’Afrique du Sud, et deux rendez-vous à venir vendredi et dimanche. La Namibie sait désormais exactement à quel niveau se situe la marche. À elle de voir si elle peut encore la grimper.