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Jack Draper met fin à sa saison et vise un retour en janvier

Jack Draper a décidé de tout arrêter pour cette année. L’ancien numéro 4 mondial ne rejouera plus en 2024, rattrapé par une blessure tenace au bras qui a fini par fissurer autant son tennis que son mental. Son horizon, désormais, se fixe au tout début de l’année prochaine.

À 24 ans, le Britannique traîne depuis des mois une contusion osseuse au bras de service. Une blessure sournoise, qui ne se voit pas mais qui l’empêche de frapper librement. Résultat : seulement neuf tournois disputés depuis Wimbledon l’an dernier, une absence à l’US Open et une tournée nord-américaine douloureuse, dans tous les sens du terme.

À Montréal puis à Cincinnati, Draper est sorti dès le premier tour. Au Canada, face au Français Terence Atmane, il a terminé en larmes. Le corps ne suit plus, la tête non plus. Il a donc appuyé sur pause.

Sur ses réseaux, Draper a expliqué sa décision sans détour : il veut se « réinitialiser » et guérir pleinement pour revenir « à 100 % ». Le tennis reste, dit-il, sa « raison d’être » et sa passion, et il refuse de revenir avec des freins, physiques ou mentaux. Pas question de bricoler une demi-saison supplémentaire.

Ce choix a un prix. En stoppant maintenant, Draper ne pourra pas bénéficier d’un classement protégé à son retour. Le règlement est strict : il faut plus de six mois d’absence pour conserver son rang au moment de la coupure. Lui devrait revenir en janvier, trop tôt pour entrer dans ce cadre.

Aujourd’hui, il pointe à la 155e place mondiale. Concrètement, cela signifie que pour les Grands Chelems et les tournois ATP, il devra soit recevoir des invitations, soit passer par les qualifications. Un sacré contraste pour un joueur qui, en juin dernier, culminait à la 4e place mondiale.

Cette ascension fulgurante, Draper l’avait bâtie sur un printemps de rêve : premier titre en Masters 1000 à Indian Wells, finale à Madrid, une présence constante au sommet. Il l’a rappelé lui-même : l’été dernier, tout ce qu’il avait investi dans ce sport semblait enfin converger. Le chemin était tracé, limpide. Puis la blessure est venue tout compliquer.

Depuis, il s’est acharné à revenir au niveau qui était le sien, sans vraiment y parvenir. Il parle d’une période faite de changements, d’adversité et de douleur, qui l’a fait grandir sur bien des plans, mais qui l’a aussi épuisé. La fatigue, cette fois, n’est pas que musculaire.

Ces dernières semaines, Draper a pris le large. Vacances entre amis, coupure mentale assumée, loin du circuit, des courts et des obligations. Son entourage espère que ce recul l’aidera autant que les soins médicaux. Le plan, désormais, consiste à reprendre l’entraînement progressivement dans les prochaines semaines, tout en cherchant à identifier précisément les causes de cette blessure au bras.

Il lui faudra repartir sans filet, sans classement protégé, sans garantie de tableau principal. Mais si le bras tient et que la douleur s’efface, Draper sait qu’il retrouvera quelque chose de plus précieux qu’un numéro à côté de son nom : la liberté de frapper, d’oser, de se projeter à nouveau. Le reste, pour un joueur de son talent, suivra tôt ou tard.