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Inaki Williams met fin à son aventure avec le Ghana

Inaki Williams a choisi son moment. À 32 ans, l’attaquant de l’Athletic Club a annoncé la fin de sa carrière internationale avec le Ghana, refermant un chapitre aussi bref que symbolique de sa trajectoire.

Vingt-huit sélections, deux buts, mais bien plus qu’une simple ligne sur un CV.

« Le moment est venu de mettre un terme à mon aventure avec l’équipe nationale du Ghana », a-t-il déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux. Pas de fracas, pas de polémique. Une décision posée, mûrie, assumée.

Un choix de cœur, une parenthèse tardive

Né à Bilbao de parents ghanéens, Inaki Williams a longtemps semblé promis à la Roja. Il a porté le maillot de l’Espagne chez les jeunes, puis en amical avec la sélection A en 2016. La voie paraissait tracée.

Puis il a bifurqué. En 2022, il opte finalement pour le Ghana, pour ce retour aux racines qu’il évoque aujourd’hui avec une émotion palpable. Il fait ses débuts avec les Black Stars en septembre de la même année, à 30 ans passés. Tard, très tard pour une première aventure internationale de ce calibre. Mais suffisamment tôt pour vivre trois grandes compétitions en quatre ans.

Il dispute la Coupe du monde 2022, puis la Coupe d’Afrique des nations 2023, avant de revenir au Mondial 2026. Une accélération fulgurante dans une carrière déjà bien remplie en club.

Mondiaux, CAN et élimination cruelle

Avec le Ghana, Williams ne s’est jamais contenté d’un simple rôle de figurant. Il s’inscrit dans un projet, dans une identité. Il traverse les grandes scènes du football de sélections : deux Coupes du monde, une CAN.

Lors du Mondial 2026, il apparaît à deux reprises. Le parcours s’arrête en seizièmes de finale, face à la Colombie. Une sortie prématurée, frustrante, qui laisse malgré tout le sentiment d’un groupe en construction, à l’aube d’un nouveau cycle.

C’est justement au moment où ce cycle se redessine que Williams se retire. Une semaine seulement après l’officialisation du retour de Carlos Queiroz sur le banc ghanéen, chargé de préparer la CAN 2027 organisée au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, l’attaquant basque dit stop.

« Beaucoup plus que du football »

Les mots qu’il choisit pour faire ses adieux à la sélection disent l’essentiel : cette aventure l’a transformé.

Il parle d’un parcours qui lui a apporté « bien plus que du football ». D’un voyage intérieur. D’un retour « à la maison ». Porter ce maillot lui a permis, confie-t-il, de se sentir encore plus proche de ses racines, d’éprouver « l’énorme fierté » de représenter son pays d’origine et de porter ce drapeau sur sa poitrine.

Il insiste aussi sur la manière : « Je pars heureux, fier et avec la tranquillité d’esprit de savoir que j’ai tout donné à chaque fois que j’ai porté ce maillot. » Pas de regrets. Pas de demi-teinte. Juste la sensation du devoir accompli.

Deux frères, deux sélections, deux destins

L’histoire d’Inaki Williams avec le Ghana se lit aussi à travers le prisme familial. Son jeune frère, Nico Williams, lui aussi joueur de l’Athletic Club, a fait le choix inverse : celui de l’Espagne.

Nico est devenu champion du monde et champion d’Europe avec la Roja. Deux frères, un même club, deux maillots nationaux différents, deux trajectoires parallèles qui racontent la complexité des identités multiples dans le football moderne.

Inaki, lui, aura offert au Ghana son expérience, sa générosité dans l’effort, son attachement sincère. Une parenthèse internationale courte mais dense, vécue sans retenue.

Un au revoir, pas une rupture

Son message se conclut comme une promesse : « Le Ghana fera toujours partie de moi. Je continuerai à soutenir les Black Stars comme l’un des vôtres, où que je sois. »

Il quitte la scène, mais pas l’histoire. Le Ghana poursuit sa route vers la CAN 2027 avec un nouveau sélectionneur et un nouveau cycle à bâtir. Inaki Williams, lui, se recentrera sur l’Athletic Club, avec la certitude d’avoir, le temps de 28 sélections, fait bien plus que cocher une case internationale : il a renoué un lien, et laissé une empreinte qui dépasse largement le nombre de buts marqués.