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Hommage à Messi : À la 10e minute, le football argentin s'arrête

Ce week-end, le football argentin va faire quelque chose de rare : arrêter le temps. À la 10e minute de tous les matches de championnat, les arbitres siffleront. Pas pour une faute. Pour un hommage. Soixante secondes d’applaudissements, dédiées à Lionel Messi, qui a tiré un trait sur sa carrière internationale.

Le symbole est évident. Le numéro 10 s’éteint en sélection, le jeu s’arrête à la 10e minute. Une nation entière va poser le pied sur le ballon pour dire merci.

Un adieu au maillot albiceleste

À 39 ans, Messi a officiellement annoncé lundi qu’il ne porterait plus le maillot de l’Argentine. Sa dernière apparition avec la sélection restera cette finale de Coupe du monde 2026 perdue contre l’Espagne en juillet. Une sortie cruelle, à l’opposé de la nuit de Doha en 2022, quand il avait soulevé la Coupe du monde et achevé une quête de près de vingt ans.

La fédération a choisi des mots simples, mais lourds de sens : à la 10e minute, dans tous les matches, le jeu sera interrompu pour “une minute générale d’applaudissements” en hommage à sa carrière en sélection. Un geste coordonné, à l’échelle de tout un championnat, pour celui qui a redéfini le plafond du football argentin.

Messi, c’est 207 sélections, un record national. C’est aussi 125 buts avec l’Argentine, un autre record. Il avait déjà dit stop une première fois en 2016, après la défaite contre le Chili en finale de Copa América, marquée par son tir au but manqué. Quatrième finale perdue en neuf ans, et un pays qui doutait. Lui aussi. Il avait quitté la sélection, avant de revenir sur sa décision.

Cette fois, la page se tourne pour de bon.

De la douleur intime à la décision finale

L’annonce de sa retraite internationale s’inscrit dans un contexte personnel lourd. En août, Messi avait reconnu réfléchir à son avenir après la mort de son père, Jorge, disparu à 68 ans après une longue maladie. Quand il a officialisé sa décision d’arrêter avec l’Argentine, il a expliqué que ce drame l’avait rendu “encore plus convaincu qu’avant” qu’il faisait le bon choix.

Le poids des années, le deuil, la Coupe du monde enfin gagnée, puis une dernière finale mondiale disputée : le cycle est complet. L’Argentine perd son capitaine, mais pas son icône.

Un héritage hors normes

Les chiffres donnent le vertige. Huit Ballon d’Or. Une Coupe du monde. Deux Copa América. Un total de 21 buts en Coupe du monde, qui le place deuxième meilleur buteur de l’histoire du tournoi, juste derrière Kylian Mbappé et ses 22 réalisations. Sur l’ensemble des matches internationaux, seul Cristiano Ronaldo a marqué plus que lui, avec 146 buts contre les 125 de Messi.

Tout a commencé en 2005, un soir d’août, lors d’un amical contre la Hongrie. Entré à la 63e minute, ce jeune gaucher frêle, formé loin de chez lui à La Masia du FC Barcelona, découvrait enfin le maillot de l’Albiceleste. Il n’aura pourtant jamais joué en club dans son pays natal. Sa carrière de club s’est construite en Europe, puis aux États-Unis. L’Argentine, lui, l’a surtout vécue en hymnes, en finales, en larmes et en trophées.

L’Argentine se recueille, Messi continue

Pendant que les tribunes du championnat argentin se lèveront pour applaudir, Messi, lui, n’a pas encore rangé ses crampons. Il poursuit sa carrière en Major League Soccer avec Inter Miami, où son contrat court jusqu’à la fin de la saison 2028.

La sélection, c’est fini. Le club, non. L’homme qui n’a jamais joué en Primera División argentine va pourtant recevoir l’un des plus grands hommages de son championnat. À domicile, enfin, même sans porter le maillot d’un club local.

La 10e minute ne changera pas le score des matches. Elle changera autre chose : la manière dont un pays dira adieu à son plus grand numéro 10. Et la question reste ouverte : comment l’Argentine écrira-t-elle la suite sans lui sur la scène internationale, maintenant que la légende a tiré le rideau ?