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Alfie Hewett et Gordon Reid triomphent à New York

Alfie Hewett et Gordon Reid, rois de New York encore une fois. Sixième titre en double messieurs fauteuil au US Open, arraché au bout d’un match qui a longtemps ressemblé à une sortie de route plutôt qu’à une promenade de santé.

Face aux champions de Wimbledon 2025, Martin de la Puente et Ruben Spaargaren, le duo britannique a frôlé la casse. Score final : 2-6, 6-3, 10-7. Mais derrière ces chiffres, un trou d’air inquiétant. Après un départ idéal, 2-0 en leur faveur, Hewett et Reid ont encaissé sept jeux de suite. Un gouffre. Leur quête d’un troisième titre du Grand Chelem en double cette saison vacillait sérieusement.

Le tournant arrive alors qu’ils sont menés d’un set et d’un break. Là, la paire numéro 1 mondiale se réveille. Le service se stabilise, les volées retrouvent leur tranchant, la communication redevient fluide. Ils enchaînent quatre jeux d’affilée, arrachent le deuxième set 6-3 et remettent la pression sur De la Puente et Spaargaren.

Le super tie-break se joue au mental. Dans sa seconde moitié, Hewett et Reid imposent enfin leur loi. Plus agressifs, plus justes dans les zones, ils verrouillent les points importants et bouclent l’affaire 10-7. Un sixième sacre à New York, un 26e titre du Grand Chelem en double pour Hewett, tous remportés aux côtés du même homme : Gordon Reid. Une association qui dure, qui gagne, qui marque une ère.

Pour Reid, ce trophée pèse encore plus lourd dans les chiffres : septième couronne en double au US Open, 30e titre majeur dans la discipline. Treize ans qu’ils partagent le même côté du filet, la même ambition, la même exigence. Et, à les entendre, l’histoire est loin d’être terminée.

L’instant a une saveur particulière cette année. Le tennis fauteuil fête ses 50 ans, et la scène new-yorkaise offre une vitrine idéale. Tribunes pleines, ambiance dense, matchs serrés : c’est exactement le genre de décor que recherchent Hewett et Reid, eux qui aiment se mesurer à la pression, aux attentes, au bruit.

La journée de Hewett ne s’est pas arrêtée là. En simple, il s’est ouvert la porte d’une nouvelle finale au US Open, la huitième en neuf participations. Un chiffre qui dit tout de sa domination à Flushing Meadows. Opposé à Gustavo Fernandez, finaliste en 2025, le Britannique a démarré en trombe : 6-0, 3-0. Un score sans appel, interrompu seulement par l’abandon de l’Argentin, contraint de renoncer.

Dimanche, la dernière marche aura un visage bien connu : celui de Tokito Oda, tête de série numéro 1. Un choc annoncé, génération contre génération, pour le titre en simple messieurs fauteuil.

En juniors, la relève britannique s’est invitée à la fête. Matthew Knoesen est devenu le troisième joueur du Royaume-Uni depuis 2022 à s’adjuger le titre en simple garçons fauteuil au US Open. Une victoire nette, 6-0, 6-2, face à l’Australien Sonny Renison, qui ne laisse aucun doute sur la hiérarchie du jour.

La confiance engrangée ne s’est pas évaporée. Quelques heures plus tard, Knoesen revient sur le court, cette fois associé au Japonais Hirofumi Inoue. Le duo survole la finale du double garçons, balayant Will Barton et l’Italien Lorenzo Politano 6-1, 6-0. Une démonstration, presque une signature : la nouvelle vague arrive avec fracas.

Entre l’expérience triomphante de Hewett et Reid et l’éclosion de Knoesen, le message est clair : le tennis fauteuil britannique ne se contente plus d’exister au plus haut niveau, il s’y installe durablement. Reste une question, désormais : jusqu’où cette génération peut-elle pousser les frontières de son propre succès ?