Harry Kane brise la disette et marque son 150e but avec le Bayern
Harry Kane a remis les pendules à l’heure. Deux matches sans marquer en Bundesliga avaient suffi à relancer les vieux refrains sur une « disette » inhabituelle pour un buteur de son calibre. À Elversberg, il a répondu comme il sait le faire : par un but décisif, lourd de sens, et un nouveau cap historique franchi.
La fausse crise, puis l’éclair
Un 5-1 contre Stuttgart, un 0-0 frustrant face à Schalke, et pas la moindre trace de Kane sur la feuille des buteurs en championnat. Pour beaucoup, c’était déjà assez pour parler de panne. Pour lui, ce n’était qu’une parenthèse.
Sur la pelouse d’un promu accrocheur, Bayern a longtemps buté sur un Elversberg compact, discipliné, sûr de sa force. Quand Maurice Krattenmacher a enroulé une frappe somptueuse depuis l’entrée de la surface pour égaliser et menacer de priver le Rekordmeister de deux points, l’Allianz Arena a retenu son souffle à distance. Le scénario sentait le piège à plein nez.
La réponse est venue du joueur que tout le monde scrutait. Un appel, un contrôle, un geste chirurgical. Kane a signé le 2-1 avec une froideur clinique, comme si ces deux matches sans but n’avaient jamais existé. Frappe sèche, imparable, conclusion implacable : son 150e but en 153 rencontres officielles avec le club bavarois. Des chiffres qui parlent plus fort que n’importe quel débat.
Un tueur devant le but, un métronome dans le discours
À l’extérieur, on dissèque, on s’inquiète, on commente. Kane, lui, ne bouge pas d’un millimètre. À 33 ans, le capitaine de l’Angleterre connaît trop bien la musique pour se laisser happer par le bruit ambiant.
« C’est le football. Parfois, il faut attendre un peu plus longtemps que prévu. Mais c’était bien de marquer aujourd’hui et d’aider l’équipe à gagner. C’étaient trois points importants. Ce n’est pas facile de jouer ici. Elversberg est une bonne équipe, donc on est contents de la victoire »,
a-t-il rappelé, fidèle à son registre : lucide, posé, focalisé sur le collectif.
Il a aussi insisté sur la force de l’effectif bavarois, au complet et affûté dans une période chargée : « On parle beaucoup de notre effectif. En ce moment, on est tous en forme et en bonne santé, et ça a un gros impact. On a beaucoup de matches en peu de temps. Avec notre style et notre intensité, c’est important d’avoir des joueurs frais. Peu importe qui commence ou qui entre en jeu, tout le monde doit être prêt à donner 110 %. »
Un discours de leader, sans esbroufe, à l’image de son jeu.
Admiration dans son camp… et chez l’adversaire
Dans le vestiaire bavarois, on ne s’étonne plus, on savoure. Aleksandar Pavlovic, passeur décisif sur le but de la victoire, a souligné la précision de l’attaquant : « Harry l’a parfaitement placée. Il aime ce petit mouvement, il le fait souvent. Il l’a exécuté brillamment, pour être honnête. Je suis content d’avoir pu lui donner ce ballon et qu’on ramène les trois points à la maison. »
Le compliment le plus parlant est peut-être venu de l’autre banc. L’entraîneur d’Elversberg, Vincent Wagner, a lui aussi rendu hommage à ce sens du but qui fait la différence au très haut niveau. Devant la facilité apparente avec laquelle l’ancien de Tottenham fait basculer un match, il n’a pu que constater ce qui sépare Kane de la plupart des autres attaquants de la planète : cette impression que tout est simple, évident, répété à l’infini.
Quand un buteur force le respect jusque chez l’adversaire, c’est rarement un hasard.
Cap sur la centaine en Bundesliga
Avec ce but, la narration autour de Kane change brutalement de ton. On ne parle plus de « sécheresse », mais de records. Encore. Toujours.
Le Ballon d’Or est dans les conversations, mais la prochaine étape est beaucoup plus concrète : la barre symbolique des 100 buts en Bundesliga. Kane en est à 99. Le prochain file dans le but, et il rejoint un cercle très fermé de joueurs passés à trois chiffres dans l’élite allemande.
Le calendrier ne lui laisse aucun répit : vendredi soir, Bayern se déplace sur la pelouse de Union Berlin. Une victoire permettrait aux Bavarois de reprendre provisoirement la tête du classement devant Augsburg, Borussia Dortmund et Freiburg. Un but de Kane, lui, écrirait une nouvelle ligne dans une carrière déjà saturée de statistiques hors normes.
La prétendue crise a duré deux matches. Le prochain chapitre, lui, pourrait bien se compter en centaines.




