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Hamilton et Leclerc apaisent la tension après Monza

Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont tranché. Après la tension de Monza, les deux pilotes Ferrari assurent avoir vidé leur sac et refermé le dossier.

Monza, cicatrice ouverte… vite refermée

Le décor : le premier chicane de Monza, dimanche dernier. Leclerc ferme la porte un peu trop brutalement, Hamilton est poussé dans les graviers, la Ferrari numéro 16 finit dans le mur deux tours plus tard. Hamilton remonte jusqu’à une modeste sixième place, furieux contre le scénario, frustré par le résultat.

Ce n’était pas un incident isolé. Déjà à Zandvoort, les ondes radio avaient crépité : Leclerc avait résisté à une consigne lui demandant de laisser passer Hamilton. Deux courses, deux frictions, et une question qui s’imposait : la cohabitation chez Ferrari commençait‑elle à déraper ?

Hamilton assure que non. Et surtout, que le sujet a été traité sans détour.

« Il n’y a pas eu de fuite, pas de malaise, on s’est assis face à face, juste lui et moi, et on en a parlé », explique le septuple champion du monde. Discussion directe, sans témoin, sans caméra. « On a été ouverts, honnêtes, et on a réglé ça. On peut passer à autre chose. Pour moi, ça montre sa maturité. »

Leclerc tient le même discours. Le Monégasque ne cherche pas à maquiller son erreur. « C’est clair qu’on ne veut jamais voir une voiture de la même équipe dans l’herbe », concède‑t‑il. Il a revu les images, assumé son excès d’attaque au deuxième virage, et l’a dit à Hamilton.

« Je sais que je suis allé trop loin dans le virage 2 et je l’ai dit à Lewis. C’est très clair maintenant sur ce qu’on doit faire, ou éviter, pour la suite », ajoute‑t‑il, sans entrer dans les détails de leur échange. L’essentiel, pour lui, tient en une ligne : la relation entre les deux hommes n’est pas abîmée. « Ça n’a pas affecté la bonne relation qu’on a, et ça ne changera rien pour la suite. »

Ferrari, la pression de Monza et le tumulte extérieur

Leclerc sait aussi où il a commis son erreur… et où il l’a commise. « On pilote pour Ferrari, et s’il y a bien une course où on ne veut pas que ça arrive, c’est à Monza », souffle‑t‑il. À domicile, le moindre contact entre voitures rouges devient un scandale national. « Quand ça arrive à notre course à domicile, ça crée un énorme bazar à l’extérieur. »

Le pilote pointe aussi du doigt le prisme médiatique. D’autres équipages se sont accrochés ou chauffés en course, mais l’attention s’est concentrée sur la paire Ferrari. « Il y a eu de la friction entre d’autres coéquipiers, et au final on ne parle que de Lewis et moi, ce que je ne trouve pas tout à fait juste. Mais ça ne veut pas dire qu’on a tout fait parfaitement. »

Hamilton, lui, élargit le propos. Pour lui, l’enjeu dépasse l’incident de Monza : c’est toute la mécanique interne de Ferrari qui doit gagner en fluidité. Les trois derniers week‑ends ont été marqués par des qualifications ratées ou mal exploitées, des occasions manquées.

« Il faut qu’on s’assure d’exécuter correctement pour obtenir le meilleur résultat pour l’équipe », insiste‑t‑il. Le message est clair : moins de lutte fratricide, plus de jeu collectif. « Au lieu de travailler l’un contre l’autre et finir quatrième et cinquième, peut‑être qu’en travaillant ensemble on peut aller chercher un podium et plus de points. »

Hamilton sait pourtant que Ferrari ne se transforme pas en un claquement de doigts. « C’est un processus à long terme. On ne va pas tout changer ce week‑end. Il y a énormément de pièces en mouvement, beaucoup de gens, une culture qui est là depuis très longtemps, et déplacer de gros blocs, ce n’est pas simple. »

Madring, le nouveau piège espagnol

Tout ce petit monde débarque maintenant en Espagne, mais pas à Barcelone. Le championnat découvre le Madring, un hybride entre circuit urbain et tracé permanent, construit sur le complexe Ifema, à deux pas de l’aéroport de la capitale.

Hamilton ne mâche pas ses mots : « C’est un circuit extrêmement exigeant. Parmi tous les nouveaux tracés où je suis allé, celui‑ci, avec peut‑être l’Arabie saoudite, fait partie des plus difficiles pour prendre la voiture en main et trouver les bonnes trajectoires. »

Chez Mercedes, George Russell partage le constat, avec une pointe d’alerte. « C’est un circuit fou, je dirais. Probablement l’un des plus risqués du calendrier », lâche le Britannique. Les virages rapides, façon Jeddah, bordés de murs proches, ne laissent aucune marge. D’autres portions enchaînent haute vitesse et freinages en appui, parfait terrain pour un blocage de roue… et un aller simple vers le mur.

« Ça va être très difficile pour nous, les pilotes. La course sera compliquée pour dépasser, ce n’est clairement pas un tracé facile », prévient Russell.

Russell à la poursuite d’un Antonelli intouchable

Au classement, Russell regarde déjà Kimi Antonelli s’éloigner. L’Italien sort d’une victoire monumentale à Monza, arrachée depuis la 19e place sur la grille. Le Britannique accuse 66 points de retard sur son coéquipier, à l’heure d’aborder les neuf ou dix dernières manches d’une saison dont le calendrier de fin d’année reste encore flou.

Russell ne se cache pas : ses chances de titre s’amenuisent. « J’aurais clairement besoin d’un peu de réussite et de bonnes performances », reconnaît‑il. Il ne se cherche pas d’excuses. « Ce n’est pas vraiment quelque chose à quoi je pense, parce qu’il performe mieux que moi, donc il mérite de mener le championnat. »

Il reste des courses, mais Antonelli n’a pas encore connu de vrai week‑end noir. « Il est exceptionnel en ce moment, mes propres performances sont meilleures, mais si je veux gagner ce championnat, j’aurai besoin d’un peu de chance. Ce n’est pas ma priorité. Ma priorité, c’est de rouler plus vite et de trouver plus de performance. »

En face, Antonelli refuse lui aussi de se laisser happer par le classement. « Je ne veux pas penser au championnat », assure l’Italien. Monza, pour lui, n’était pas une course de gestion, mais une course d’attaque. « Monza a prouvé que je ne pilotais pas en pensant au championnat. Je pilotais pour gagner, pour faire de mon mieux. C’est cet état d’esprit que je veux garder. »

Il parle de ce dimanche italien comme du « meilleur jour de [sa] vie jusqu’ici », un souvenir qu’il gardera « pour toujours ». Mais dès le lendemain, retour au sol… par le karting. Une journée avec Mercedes, casque bas, pneus étroits, pour se souvenir d’où tout est parti. « Aller karting le lundi m’a aidé à revenir sur terre, à me rappeler tout le chemin parcouru. »

La pression ? Il ne la fuit pas. « J’essaie de l’embrasser autant que possible. De la voir comme quelque chose de positif, comme une opportunité. C’est ce qui m’aide à rester calme dans les situations difficiles. »

Ferrari cherche l’équilibre entre ses deux champions, Mercedes gère une hiérarchie qui se dessine. Le Madring, avec ses murs proches et ses pièges à haute vitesse, ne pardonnera ni les erreurs de pilotage, ni les failles de gestion. À ce stade de la saison, certains règleront des comptes, d’autres prendront le large. Qui osera encore lever le pied ?