Finales de l'US Open : Sabalenka et Skupski en quête de titres
Le week-end des finales bat son plein à l’US Open, et Flushing Meadows s’apprête à vivre une nouvelle journée dense, tendue, pleine d’enjeux. Avant la grande affiche du soir en simple dames, le programme débute par une finale de double messieurs où les ambitions sont très claires.
Skupski–Harrison, la paire lancée à la conquête d’un deuxième Majeur
Sur le Arthur Ashe Stadium, le premier trophée du jour se jouera en double. Neal Skupski et son partenaire américain Christian Harrison ont une idée fixe : décrocher leur deuxième titre du Grand Chelem de la saison.
Les têtes de série n°6 ont démarré leur association tambour battant en janvier, avec un titre à l’Open d’Australie seulement quelques semaines après avoir uni leurs forces. Depuis, la paire s’est installée comme un duo à prendre très au sérieux sur le circuit.
Face à eux, une équipe rompue aux grands rendez-vous : les Allemands Kevin Krawietz et Tim Puetz, déjà bien installés parmi les références de la spécialité. Un choc de styles, un choc d’expériences, programmé à midi heure locale, 17h au Royaume-Uni. Le genre de finale qui peut basculer sur un détail, un retour fulgurant, un jeu de service mal géré.
Sabalenka–Rybakina, une finale de patronnes
Le plat de résistance arrivera en soirée. Aryna Sabalenka vise un troisième titre consécutif à l’US Open. Un triplé qui la ferait basculer dans une autre dimension, sur un tournoi qu’elle domine depuis trois ans.
Mais cette fois, la donne a changé : en face, Elena Rybakina débarque avec un nouvel argument de poids, le rang de n°1 mondiale fraîchement acquis. Le sommet est là, clairement dessiné : la reine de Flushing Meadows face à la nouvelle patronne du classement.
Dans le clan Sabalenka, le message est limpide. Son préparateur de performance, Jason Stacy, a planté le décor sans détour. Pour lui, ce tournoi appartient à sa joueuse.
« C’est sa maison, et toutes les autres filles ne sont que des invitées, et il est temps pour elles de rentrer chez elles », a-t-il lancé après la qualification de la Biélorusse pour une quatrième finale d’affilée à New York.
Une phrase forte, assumée, qu’il nuance sans en atténuer la portée : Sabalenka doit « dicter le rythme », imposer son plan, refuser de « descendre au niveau » de l’adversaire. Venir faire son travail, rien d’autre.
Le décor est posé. À Rybakina, désormais n°1 mondiale, de venir contester la propriétaire des lieux sur son terrain favori.
Ben Shelton, entre polémique et vie privée sous tension
Ben Shelton vivra lui aussi une soirée majeure, avec une finale de l’US Open face à Alexander Zverev. Mais son match ne se jouera pas seulement sur le court.
Sa compagne, Trinity Rodman, attaquante de Washington Spirit, doit en effet disputer au même moment une rencontre face à Boston Legacy. Deux carrières de haut niveau, deux rendez-vous importants, une question qui flotte en arrière-plan : pourra-t-elle être là pour lui, ou le calendrier tranchera-t-il sans état d’âme ?
Shelton arrive en finale après une demi-finale électrique, marquée par un vif échange avec l’arbitre Aurelie Tourte. Le tournant : un point rejoué en faveur de Frances Tiafoe. L’Américain est monté au pied de la chaise, reprochant à l’arbitre d’avoir annoncé la reprise du point trop tard, alors que, selon Tourte, Tiafoe avait levé les mains pour signaler l’incident.
« Pourquoi n’avez-vous rien dit à ce moment-là ? Comment pouvez-vous appeler ça après ? Vous devez le dire immédiatement », a-t-il lancé, furieux. Un épisode qui en dit long sur la tension de ces derniers tours et sur le caractère bouillant du finaliste.
Zverev, la série folle et l’autodérision
De son côté, Alexander Zverev enchaîne les grands rendez-vous. L’Allemand disputera à New York sa troisième finale de Grand Chelem consécutive, une série qui confirme son installation durable au sommet du jeu.
Après sa victoire vendredi soir, il a raconté un moment presque surréaliste de son tournoi : « Après le deuxième tour, à 3 heures du matin, moi et mon équipe étions dans le vestiaire en train de rire de la façon dont je jouais mal. Ce sens de l’humour m’a aidé.
Il ajoute qu’il a « un peu » progressé depuis, « sinon » il ne serait pas en finale de l’US Open. Une façon de rappeler le chemin parcouru, sans se prendre trop au sérieux, mais avec une efficacité redoutable.
Jeux asiatiques, WTA et casse-tête pour Eala
L’actualité du jour dépasse aussi les frontières de New York. La Filipina Alex Eala se trouve face à un dilemme lourd de conséquences. Elle souhaite disputer les Jeux asiatiques au Japon, mais le calendrier la place en conflit direct avec un tournoi WTA 1000 obligatoire en Chine.
Selon les informations rapportées, Eala ne devrait pas obtenir d’exemption de la part de la WTA. Résultat probable : une perte de points au classement si elle choisit malgré tout de privilégier les Jeux.
Le cas de Janice Tjen, 36e mondiale et également originaire d’Asie du Sud-Est, éclaire la situation. L’Indonésienne a annoncé sur Instagram que la WTA avait refusé sa demande d’exemption pour les Jeux asiatiques, l’obligeant à renoncer à l’épreuve continentale. Elle a expliqué avoir dû prendre « la décision difficile » de ne pas y participer, confirmant la rigidité du règlement.
Entre les finales de New York, les choix de carrière, les calendriers impossibles et les statuts à défendre, le tennis mondial vit une journée à haute tension. Certains jouent un titre, d’autres une place au classement, d’autres encore une part de leur histoire. À la fin, les trophées trouveront preneur. Reste à savoir qui osera vraiment s’emparer de la scène.




