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Ferrari en crise à Monza : Montoya appelle à l'action

Le temple de la vitesse s’est transformé en tribunal pour Ferrari. À domicile, devant les tifosi, la Scuderia a vécu un après-midi cauchemardesque, ponctué par un accrochage interne dès le premier tour et conclu par un appel clair à la reprise en main venu de Juan Pablo Montoya.

Un départ qui dégénère

Dès l’extinction des feux, la tension a explosé. Lewis Hamilton plonge à l’intérieur de Charles Leclerc au premier virage, puis tente de contourner la Ferrari numéro 16 par l’extérieur au deuxième. Leclerc garde sa trajectoire, Hamilton finit dans les graviers.

Le septuple champion retombe au dixième rang. Monza retient son souffle. La course de Ferrari, elle, commence déjà à s’effriter.

Le pire arrive une boucle plus tard. Sous la pression de Oscar Piastri, Leclerc élargit en sortie de Parabolica, grimpe sur le vibreur, perd le contrôle et va s’écraser dans les barrières. Terminé, rideau, devant les tribunes rouges. Hamilton, lui, remontera jusqu’à la sixième place, mais le mal est fait : Ferrari sort de son Grand Prix national avec un zéro pointé et un vestiaire à recoller.

Montoya réclame l’intervention de la haute direction

Devant les caméras de F1 TV, Hamilton, troisième du championnat, parle d’un résultat « difficile à avaler ». Sur le plateau, Juan Pablo Montoya ne s’attarde pas sur la forme. Il vise directement le fond du problème chez Ferrari.

Pour l’ancien pilote, l’heure n’est plus aux demi-mesures. Selon lui, Fred Vasseur ne peut pas gérer seul cette situation. Il appelle à une réunion au sommet, à Maranello, avec la direction au-dessus du team principal et les deux pilotes face à face, avant le Grand Prix d’Espagne à Madrid.

Montoya rappelle une phrase clé de Leclerc, qui a expliqué avoir « couru contre Lewis comme contre n’importe qui ». L’analyse du Colombien est tranchante : ce raisonnement ne tient pas en interne. Pour lui, un pilote doit traiter son équipier différemment, avec une marge de respect supplémentaire pour protéger l’intérêt du team.

En clair : Ferrari doit fixer des limites, des règles, une hiérarchie ou au moins un cadre. Sans cela, le risque de revoir ce type d’incident en pleine lutte pour des points cruciaux reste énorme.

Classement en berne, pression maximale

Sportivement, le coup est rude. Avec ce résultat, Hamilton se retrouve à dix points de George Russell, deuxième du championnat, et à 76 longueurs du leader Kimi Antonelli, auteur d’un numéro majuscule à Monza avec une victoire arrachée depuis la 19e place sur la grille.

Leclerc, lui, glisse au cinquième rang avec 155 points, déjà relégué à 112 unités d’Antonelli. À ce stade de la saison, ce n’est plus un simple retard, c’est un gouffre.

Pendant que Mercedes s’offre un doublé et que Antonelli s’affirme comme l’homme fort du moment, Ferrari se débat avec ses propres démons. La voiture existe, la vitesse aussi par séquences, mais la coordination et la gestion interne vacillent au pire moment.

La semaine qui mène à Madrid s’annonce décisive. Maranello acceptera-t-il de poser un cadre strict entre Hamilton et Leclerc, au risque de froisser des ego, ou laissera-t-il la situation dériver encore un peu ?

La réponse dira beaucoup de ce que Ferrari veut être dans ce championnat : un prétendant organisé… ou un géant trop souvent victime de lui-même.