Fernandes fait trembler Old Trafford après une victoire éclatante
La grande rentrée européenne de United avait tout pour virer à la fête totale. Un Old Trafford illuminé, une victoire nette, un public rassasié par un 4-0 sans discussion face aux Azerbaïdjanais de Sabah FK. Et pourtant, en quittant le stade, les conversations ne tournaient déjà plus autour des buts, mais autour d’une démarche hésitante. Celle de Fernandes.
Le capitaine, buteur lui aussi dans ce large succès, a été aperçu à la sortie de l’enceinte, accompagné du staff médical, marchant avec une gêne évidente. Des supporters ont filmé la scène, le Portugais saluant les fans tout en semblant ménager une de ses jambes. Les images ont rapidement tourné sur les réseaux, refroidissant l’euphorie d’une soirée que le club espérait fondatrice.
Sur le terrain, pourtant, United avait enfin ressemblé à une équipe sûre de sa force. Tranchants, précis, impitoyables devant le but. Matheus Cunha, Benjamin Sesko, Lisandro Martinez et Fernandes ont tous trouvé la faille, donnant au tableau d’affichage des allures de démonstration. Quatre buts, aucun encaissé, et un message clair envoyé à l’Europe : United est de retour sur la grande scène et n’a pas l’intention d’y faire de la figuration.
Michael Carrick, lui, a refusé de se laisser happer par l’angoisse ambiante autour de son capitaine. Après la rencontre, l’entraîneur a martelé son credo : progression constante, exigence permanente. « On cherche toujours à faire plus. Au niveau des résultats, ce n’est pas le début qu’on voulait. On voulait plus de points en championnat mais, dans les performances, il y a beaucoup de choses qu’on attendait et dont on est contents. Et il y a certainement des choses à améliorer. Je pense qu’un clean sheet ce soir était important pour nous », a-t-il expliqué.
La solidité défensive, justement, a constitué l’autre grande satisfaction de la soirée. La ligne arrière, souvent critiquée ces derniers mois, a tenu bon, compacte, disciplinée, bien protégée par un bloc plus cohérent. Carrick insiste : ce n’est pas qu’une question d’individus, mais de structure, de projet de jeu qui évolue.
« Il y a certainement des choses à améliorer, vous savez. Je pense qu’un clean sheet ce soir était important pour nous. Collectivement, on a fait beaucoup de bonnes choses, et c’est pour ça qu’on est plutôt excités par ce que la saison peut nous apporter, sans se laisser emporter de match en match. On veut progresser au fil de la saison, on veut continuer à pousser », a-t-il poursuivi, comme pour rappeler que ce 4-0 n’est qu’une étape.
Carrick assume d’ailleurs un virage tactique. Un United un peu différent de celui de la saison passée, plus varié, plus adaptable, avec de nouveaux repères à assimiler. « Il y a des choses légèrement différentes dans l’équipe maintenant qu’on n’avait probablement pas la saison dernière, dans le bon sens, qu’on essaie de faire ressortir chez les joueurs. Et ils le montrent de belle manière, donc c’est vraiment encourageant pour moi. »
Ce discours tranche avec le début poussif en championnat. Quatre points seulement sur les trois premières journées, une dynamique encore fragile, et un derby qui se profile comme un tournant. Le décor est planté : Old Trafford, rivalité locale, enjeu comptable majeur. La marge d’erreur se réduit déjà.
Dans ce contexte, l’état de Fernandes devient capital. Un élément rassurant tout de même : le meneur de jeu a disputé l’intégralité des 90 minutes face à Sabah, sans afficher de gêne apparente pendant la rencontre. La douleur n’a semblé se manifester qu’après le coup de sifflet final, laissant espérer un simple coup, une alerte plus qu’un réel problème de longue durée.
Si le capitaine devait manquer le derby, le plan de jeu changerait de dimension. La création offensive reposerait alors davantage sur Kobbie Mainoo et Youri Tielemans, tous deux très à l’aise en Ligue des champions lors de cette victoire européenne. Les deux milieux ont montré qu’ils pouvaient dicter le tempo, casser des lignes, offrir des solutions entre les lignes. Mais assumer le rôle de patron dans un derby, sous la pression et le bruit, reste un autre métier.
United sort donc de cette soirée avec un double sentiment. La confiance d’une équipe qui vient de se rappeler à elle-même ce qu’elle peut produire quand tout s’emboîte. Et l’angoisse discrète, mais bien réelle, de voir son capitaine fragilisé au moment où la saison commence à se tendre.
Le prochain coup de sifflet à Old Trafford dira si ce 4-0 n’était que le début d’un vrai redressement… ou le prélude à un nouveau casse-tête sans son maître à jouer.




