Elena Rybakina, reine des Grands Chelems avec deux échecs
Elena Rybakina termine 2026 comme une patronne. Trois titres du Grand Chelem en poche, un bilan de 17 victoires pour seulement deux défaites en majeurs, et une impression de puissance tranquille qui écrase presque tout sur son passage. Presque.
Car son année, dominée par un sacre à l’Australian Open puis un triomphe à l’US Open, reste traversée par deux failles très précises, deux noms qui ressortent au milieu de ce quasi-monopole : Yuliia Starodubtseva et Elise Mertens.
Roland-Garros, la faille sur terre battue
La terre battue reste le terrain le plus fragile de Rybakina, même lorsqu’elle arrive lancée. Cette saison, elle débarque à Roland-Garros avec des certitudes : un titre à Stuttgart, son cinquième sur ocre, et un quart de finale à l’Italian Open. Le jeu est en place, les repères aussi.
Le premier tour confirme cette impression. Veronika Erjavec est balayée 6-2, 6-2. Service autoritaire, balles frappées tôt, aucune alerte. On se dit alors que la Kazakhe a peut-être enfin trouvé la clé sur cette surface.
Puis survient Yuliia Starodubtseva.
Classée 55e mondiale, jamais au-delà du deuxième tour en Grand Chelem, l’Ukrainienne n’a rien du épouvantail annoncé. Sur le papier, le déséquilibre est total. Sur le court, c’est une autre histoire. Rybakina prend le premier set 6-3, mais la rencontre bascule. Starodubtseva se lâche, frappe plus fort, plus long, impose un rythme qui dérègle la tête de série. Elle emporte le deuxième set 6-1, puis s’accroche jusqu’au tie-break décisif du troisième. 7-6(4). Choc.
C’est la défaite la plus précoce de Rybakina en Grand Chelem depuis l’US Open 2024, où elle avait dû se retirer sur blessure au dos. Cette fois, pas d’excuse physique. Juste une adversaire qui saisit sa chance et une favorite qui laisse filer un match qu’elle semblait tenir.
Pour Starodubtseva, ce succès marque un tournant. Après une série noire de six défaites consécutives et une chute hors du top 70, ce coup d’éclat à Paris relance sa trajectoire.
Wimbledon, la surprise Mertens
La deuxième alerte de l’année tombe là où on l’attend le moins : sur gazon. Rybakina, ancienne championne à Wimbledon, figure systématiquement parmi les grandes favorites sur cette surface taillée pour son jeu. Sa puissance au service, sa capacité à prendre la balle tôt, tout crie “candidate au titre”.
Mais le tournoi londonien lui échappe plus tôt que prévu. En troisième manche, elle croise la route d’Elise Mertens, 25e tête de série. Le face-à-face semble limpide : Rybakina a remporté sept de leurs huit précédents duels. L’historique plaide pour une nouvelle victoire de la Kazakhe.
Le court raconte l’inverse.
Mertens s’accroche dans un premier set tendu, arrache le tie-break 7-6(4), puis prend totalement le contrôle. Rybakina se dérègle, la Belge déroule. 6-1 dans la deuxième manche, et Wimbledon perd l’une de ses grandes prétendantes dans un résultat qui surprend tout le monde, à commencer par la principale intéressée.
Deux défaites, deux contextes différents, mais un même constat : même au sommet, Rybakina reste prenable sur un jour sans.
New York, la revanche et la confirmation
La réponse arrive à l’US Open. Là, Rybakina referme les débats.
À New York, elle décroche le troisième Grand Chelem de sa carrière, le deuxième de la saison après Melbourne. Sur sa route, un visage familier : Yuliia Starodubtseva, de nouveau, cette fois au troisième tour. L’Ukrainienne a entre-temps retrouvé de l’élan, signant le deuxième troisième tour de sa carrière en Grand Chelem et assurant sa future entrée dans le top 50, avec un nouveau meilleur classement à la 43e place mondiale.
Mais la dynamique n’est plus la même. Rybakina ne laisse pas passer l’occasion de remettre les choses au clair. Elle s’impose 7-6(6), 6-3, dans un match accroché mais maîtrisé, et efface symboliquement la cicatrice de Paris. La joueuse qui l’avait sortie dès le deuxième tour à Roland-Garros devient une étape sur sa route vers le titre à Flushing Meadows.
Au bout de cette quinzaine américaine, la Kazakhe boucle une saison de Grands Chelems à 17 victoires pour seulement deux revers. Son meilleur bilan en carrière sur une année complète dans les majeurs.
Deux noms auront réussi là où tant d’autres ont échoué : Yuliia Starodubtseva à Roland-Garros, Elise Mertens à Wimbledon. La question est désormais simple : en 2027, qui osera encore croire qu’Elena Rybakina est prenable sur la grande scène des Grands Chelems ?




