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Craig Bellamy reste sélectionneur du pays de Galles

Craig Bellamy a tranché. Et il l’a fait à sa manière, sans détour, sans mise en scène : il reste sélectionneur du pays de Galles.

Tout l’été, son nom a circulé à Burnley. Le club relégué de Premier League avait fait de lui sa priorité pour succéder à Scott Parker. Clause de compensation activée, feu vert de la Fédération galloise, discussions ouvertes : tout était en place pour un retour de Bellamy dans le football de clubs, deux ans seulement après avoir pris les rênes de la sélection.

Lui parle d’une approche « flatteuse ». Normal. Burnley, il connaît. Il y a vécu une période marquante comme adjoint de Vincent Kompany, participé à la montée, laissé une vraie empreinte à Turf Moor. Difficile, dans ce contexte, de ne pas au moins écouter.

Mais la décision est tombée, nette. « J’avais une décision à prendre et je l’ai prise », lâche-t-il. Pas de feuilleton, pas de bras de fer. « Ça ne s’est pas effondré. J’ai dit non, ce n’est pas pour moi. C’est tout. »

Le choix du pays avant le club

Bellamy ne cache pas qu’il a envisagé de quitter son poste, lui qui est seulement à mi-parcours d’un contrat de quatre ans. Il a pesé le pour et le contre, mesuré la tentation du quotidien en club, le rythme, le marché des transferts, l’adrénaline du samedi. Puis il a regardé autour de lui.

« J’ai pris la décision de rester parce que c’est le bon endroit pour moi », explique-t-il. Le pays de Galles, ce n’est pas seulement un banc. C’est un projet de long terme, une génération à accompagner, une Euro 2028 à domicile en ligne de mire, avec des matches prévus à Cardiff. Et, dans son raisonnement, la famille compte autant que le football : « Pour moi, ma partenaire, mes enfants, c’est ici l’endroit. On ne voyait rien d’autre capable de changer ça. »

Le technicien de 47 ans s’exprime alors qu’il dévoile sa liste de 28 joueurs pour les rencontres de Nations League A face au Portugal, au Danemark et à la Norvège. Première fois qu’il se retrouve directement confronté aux questions sur Burnley, sur cet été agité, sur la perception de sa loyauté.

Respect pour Burnley, comptes à rendre au public

S’il a accepté de parler avec Burnley, c’est aussi, dit-il, par respect pour un club qui l’a marqué. Une manière de ne pas tourner le dos à ceux avec qui il a déjà partagé un vestiaire, un staff, un projet. Mais cette ouverture a eu un prix.

Les semaines d’incertitude ont crispé une partie du public gallois. Certains anciens joueurs ont prévenu : Bellamy devra regagner une partie des supporters. Sur les réseaux, quelques voix se sont élevées, déçues de voir le sélectionneur discuter avec un club si peu de temps après avoir assuré qu’il « ne partait nulle part ».

Bellamy ne se dérobe pas, mais il ne joue pas non plus la carte du mea culpa public. « Je sais comment ça peut être perçu, reconnaît-il. Mais je n’ai qu’une seule personne à qui je dois prouver quelque chose, et c’est moi. » Phrase lourde, presque programmatique. Il assume, se sait exposé, mais refuse de se construire en fonction du bruit extérieur.

« Je suis à l’aise avec la décision que j’ai prise. J’ai toujours été engagé dans tout ce que je fais, et ça n’a pas changé. » Gagner tout le monde à sa cause ? Il ne promet rien : « Maintenant, convaincre les gens ? Je ne sais pas, c’est la vérité. »

Entre élan et frustration

Son mandat avec le pays de Galles avait démarré fort. Successeur de Rob Page en 2024, Bellamy avait signé une montée impressionnante en Ligue A de la Nations League, sans la moindre défaite. Un souffle nouveau, une identité claire, l’impression que la sélection galloise s’installait à nouveau dans le haut niveau européen.

Puis la réalité est revenue frapper. En mars, le pays de Galles échoue aux portes de la Coupe du monde 2026, battu aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine en barrages. Cruel, brutal, et forcément pointé du doigt. L’échec a déclenché des critiques : beau jeu ou pas, promotion ou pas, la sélection ne sera pas au Mondial.

Bellamy ne s’en cache pas : dans ce métier, seuls les résultats comptent. Il parle de la « volatilité » de la fonction, de ce climat où un penalty raté peut redessiner un destin. Il ne promet pas de rester jusqu’au bout de son contrat, refuse les garanties qu’aucun entraîneur sérieux ne peut donner. Il sait comment ce milieu fonctionne, il y a grandi comme joueur, il y survit désormais comme sélectionneur.

Euro 2028 en ligne de mire… mais sans promesses

Reste cette cible qui revient dans toutes les conversations : l’Euro 2028, à la maison, avec Cardiff en vitrine. C’est là que Bellamy projette son ambition. « Oh, j’adorerais », répond-il lorsqu’on lui demande s’il se voit encore en poste pour ce rendez-vous. Il ne brode pas autour. Deux ans, dans ce métier, c’est une éternité.

« Rien n’est garanti. Je ne suis pas différent, je ne suis pas plus spécial que quiconque dans ce milieu », glisse-t-il. Lucide, presque fataliste, mais déterminé. Il sait que son avenir se jouera sur le terrain, dans cette Nations League relevée face à des nations comme le Portugal, le Danemark ou la Norvège, puis dans les qualifications et la préparation de l’Euro.

Pour l’instant, Craig Bellamy a choisi son camp. Il a dit non à Burnley, oui au pays de Galles. La suite, elle se jouera entre les lignes blanches, là où les décisions d’un été se jugent vraiment.