Como 1907 triomphe contre RB Leipzig en Ligue des champions
Como 1907 n’a pas simplement découvert la Ligue des champions. Le club lombard l’a prise à bras-le-corps, a regardé RB Leipzig dans les yeux… et l’a fait voler en éclats : 4-1 pour une première européenne, dans une soirée qui restera longtemps accrochée aux murs du Stadio Giuseppe Sinigaglia.
Sur le banc, Cesc Fabregas. Sur la pelouse, son idée du jeu, claire, assumée, sans complexes. Au cœur de ce plan, un chef d’orchestre : Martin Baturina.
Baturina, première trace dans l’histoire
Il a suffi d’un quart d’heure pour que Como écrive sa première ligne dans les livres de la Ligue des champions. 15e minute : Baturina se projette, se retrouve à la conclusion et ouvre le score. Un but simple dans son exécution, immense dans sa portée. Le premier but européen de l’histoire du club.
Le Croate ne s’est pas contenté de marquer. Il a dirigé. Distribué. Aimanté le ballon. Comparé depuis des mois à Luka Modric pour sa manière de se déplacer entre les lignes et de sentir les espaces, il a donné corps à ces parallèles en dominant le milieu, face à un Leipzig pourtant habitué à ces joutes.
La récompense ne s’est pas fait attendre : le Groupe des observateurs techniques de l’UEFA l’a désigné Joueur du match. Distinction logique au vu de son influence, bien plus large que ses simples statistiques.
Como accélère, Leipzig coule
Le premier coup porté, Como n’a pas levé le pied. La confiance a gonflé, la circulation de balle s’est fluidifiée, Leipzig a commencé à reculer.
La pression a fini par fissurer le bloc allemand. Sur une nouvelle inspiration de Baturina, Tasos Douvikas surgit et double la mise. Passe décisive du Croate, finition clinique de l’attaquant : 2-0, Como joue comme un habitué de la compétition, Leipzig subit comme un novice.
Au retour des vestiaires, le scénario ne change pas. Assane Diao profite d’une nouvelle séquence maîtrisée pour porter le score à 3-0. À ce moment-là, le doute a quitté le stade : Como ne se contente plus de surprendre, il impose sa loi.
Leipzig tente de réagir. Eredin Maksimovic réduit l’écart, de quoi sauver l’honneur et relancer, un instant, une rencontre qui semblait pliée. Mais ce sursaut reste sans suite.
Dans les dernières minutes, Como appuie une dernière fois là où ça fait mal. Nico Paz trouve Maximo Perrone, qui conclut en toute fin de match, à la 90e minute, pour sceller le 4-1. Un score lourd, mais fidèle à la supériorité italienne sur l’ensemble de la soirée.
Un leader calme dans la tempête
Au coup de sifflet final, l’enthousiasme déborde en tribunes. Sur la pelouse, Baturina reste, lui, d’un calme désarmant. Au micro de l’UEFA, il refuse de tirer la couverture à lui, malgré son but historique et son titre de Joueur du match.
Il parle d’« incroyable sensation » de marquer en Ligue des champions avec Como, mais renvoie immédiatement vers le collectif, vers « toute l’équipe » et l’intensité affichée. Il insiste sur un point : le groupe a préparé cette rencontre « comme n’importe quel autre match », sans se laisser submerger par l’événement.
Interrogé ensuite par CBS Sports Golazo, il mesure davantage le poids émotionnel de ce premier but du club dans la compétition. Fierté, oui. Euphorie, non. Dans son discours, une ligne de conduite revient sans cesse : rester pragmatique.
Les ambitions ? Elles existent, évidemment, mais Baturina refuse de s’enflammer. Il rappelle que la Ligue des champions impose en permanence des styles de jeu différents, des adversaires variés, et que la clé, pour Como, sera de s’adapter, match après match. Avancer « rencontre par rencontre », essayer de « gagner le plus possible » et viser une qualification pour les huitièmes sans la proclamer comme un droit.
De l’Europe à la Serie A, sans lever le pied
Cette victoire ne change pas seulement le regard posé sur Como à l’échelle continentale. Elle crée une dynamique à gérer, une vague à surfer. Le club n’a pourtant pas le temps de s’attarder sur les célébrations.
Dès lundi, Como retrouve la Serie A avec la réception de Parma au Stadio Giuseppe Sinigaglia. Autre décor, autre compétition, même exigence. Baturina le sait : ce premier succès en Ligue des champions n’a de sens que s’il sert de tremplin à l’ensemble de la saison.
Le milieu croate l’affirme : il est « très heureux et fier » de cette première victoire historique en C1, convaincu que « toute la ville » partage ce sentiment. La fête peut durer quelques heures. Mais pour un club qui vient de faire irruption sur la scène européenne de cette manière, une question s’impose déjà : jusqu’où ce Como-là peut-il aller, maintenant que tout le continent sait enfin son nom ?




