Aryna Sabalenka domine sur le court et refuse les mondanités
Aryna Sabalenka n’a laissé que des miettes sur le court. Et encore moins en conférence de presse.
Sur Arthur Ashe Stadium, la double tenante du titre a balayé la qualifiée russe Polina Iatcenko 6-1, 6-1 en seulement 53 minutes, un match à sens unique qui confirme son emprise sur Flushing Meadows. Mais ce n’est pas son tennis qui a enflammé la soirée. C’est l’échange tendu avec un journaliste, venu l’interroger une nouvelle fois sur ses activités hors du court avant le tournoi.
La numéro 1 mondiale, déjà questionnée dans le même registre après son premier tour, a coupé court. Visiblement lassée de voir ses apparitions avec des marques et sur les réseaux sociaux assimilées à des soirées et à un manque de préparation, elle a répliqué sèchement.
« Vous êtes une blague », a-t-elle lâché, lorsque le journaliste a évoqué « les fêtes, le fun ».
Sabalenka a immédiatement rectifié le tir : pourquoi suggérer qu’elle aurait privilégié les mondanités à l’entraînement simplement parce qu’elle publie des contenus avec ses sponsors ? Elle ne laisse pas finir la question, s’agace : « Vous avez littéralement dit ça. Question suivante. »
Le reporter tente de se rattraper, précise qu’il ne sous-entend pas qu’elle « s’amuse à ces fêtes », qu’il parle seulement du nombre d’événements et d’apparitions. Sabalenka clôt le sujet d’un « OK. On passe à autre chose. » L’ambiance est glaciale.
Nouvelle tentative quelques instants plus tard : on lui demande si, maintenant que le tournoi a démarré, elle se sent « plus sérieuse et combative ». La réponse claque, ironique : « Ah oui, je n’étais pas sérieuse avant. Question suivante. Réfléchissez avant de dire des choses. »
Sur le court, en revanche, aucun doute sur son sérieux. Sabalenka vise un troisième titre consécutif à New York, performance qui la placerait aux côtés de Serena Williams et Chris Evert. Elle reste sur 16 victoires d’affilée à Flushing Meadows et affrontera vendredi l’Ouzbèke Kamilla Rakhimova pour tenter de porter la série à 17. Les questions sur son implication, elle préfère manifestement les laisser à d’autres.
Carlos Alcaraz accélère, Ignacio Buse écrit l’histoire familiale
Chez les hommes, Carlos Alcaraz continue de reprendre de la vitesse. De retour d’une longue absence liée au poignet, le tenant du titre a d’abord été surpris par Jaime Faria, qui lui a pris le premier set 6-4. Puis la machine s’est mise en route.
Huit jeux d’affilée, un 6-0 sec, et le Portugais a commencé à reculer. Alcaraz s’impose finalement 4-6, 6-0, 6-3, 6-2, signe d’un match qu’il a totalement retourné après son entame hésitante. Il enchaîne ainsi une 16e victoire consécutive en Grand Chelem. Il a expliqué avoir simplement cherché à rester calme, convaincu que « les bonnes choses allaient revenir ». Sa confiance, elle, ne semble jamais vraiment être partie.
Plus loin sur le site, l’histoire a pris un ton plus intime avec Ignacio Buse. Le Péruvien, tête de série n°32, a remporté son premier match à l’US Open au terme d’un marathon de cinq sets face à l’Américain Marcos Giron : 3-6, 6-3, 6-3, 6-7(6), 6-1, après 3h48 de lutte sur le Court 6.
Il conclut sur une volée de revers, déclenchant les cris de son équipe et de ses supporters. Ce succès a une résonance particulière : il prolonge la trace laissée par son grand-père, dernier membre de la famille à avoir gagné un match à l’US Open… en 1958. Buse a parlé d’une « bataille mentale », expliquant avoir cherché à retrouver son calme dans le cinquième set. Un moment « très spécial », dit-il. Les tribunes ont compris pourquoi.
Tsitsipas s’accroche, Tiafoe entretient le rêve américain
Stefanos Tsitsipas, lui, a dû s’employer. Opposé au Sud-Africain Lloyd Harris, le Grec a perdu un premier set serré au tie-break (7-6, 7-1), avant de renverser la rencontre : 6-3, 7-6(7-4), 6-4. Sans briller constamment, mais avec suffisamment de nerf dans les moments clés. Après avoir éliminé le 10e tête de série Arthur Fils au premier tour, il enchaîne et retrouvera au prochain tour le Tchèque Jiri Lehecka, 18e tête de série. Un vrai test de solidité pour mesurer jusqu’où peut le porter ce regain de forme new-yorkais.
Frances Tiafoe, lui, porte une autre forme de pression : celle d’un pays en attente. L’Américain, 11e tête de série, a dominé le qualifié japonais Rei Sakamoto 6-3, 7-6(7-2), 7-5. Match propre, sérieux, sans excès de frayeur, qui lui permet de rester en course dans un tableau où les États-Unis n’ont plus connu de champion masculin à domicile depuis 23 ans.
Sabalenka qui grogne mais déroule, Alcaraz qui accélère, Buse qui ressuscite une mémoire familiale, Tiafoe qui garde vivant le rêve américain : la quinzaine ne fait que commencer, et déjà, Flushing Meadows ressemble à un théâtre où chacun joue bien plus qu’un simple deuxième tour.




