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Arteta et Gabriel Jesus : un clash exagéré

À en croire certaines manchettes britanniques, Mikel Arteta serait en plein bras de fer avec Gabriel Jesus, son ancien attaquant, après un « départ amer » d’Arsenal. La réalité est nettement moins volcanique que le feuilleton vendu depuis quelques jours.

Les titres annoncent un manager « choqué », qui « riposte » et « frappe fort » après que le Brésilien a critiqué son traitement à Londres. On s’attend presque à des règlements de comptes en place publique, des phrases assassines, une rupture définitive. On en est loin.

Face aux questions sur les propos de Gabriel Jesus, Arteta a livré une réponse d’un calme désarmant. Pas de pique, pas de règlement de comptes, mais une mise au point posée, presque pédagogique.

« Très surpris, pour être honnête, surtout parce qu’avec Gabriel j’ai eu une discussion individuelle dans le vestiaire », explique-t-il. Il insiste sur le ton employé ce jour-là : « Les mots que nous avons utilisés l’un pour l’autre, c’était uniquement de la gratitude. »

Le technicien espagnol reconnaît la dureté du métier, ces moments où il faut annoncer de mauvaises nouvelles, des décisions que les joueurs n’attendent pas. « Quelqu’un doit être le “bad cop”. Si je dois l’être, je le serai. Et je comprends. » Pas de défense agressive, plutôt l’acceptation du rôle ingrat qui incombe au manager lorsqu’il tranche dans le vif.

Arteta déplace ensuite le débat sur ce qui compte vraiment pour lui : le temps long, la relation qui survit aux transferts et aux frustrations. Il cite l’exemple de Leandro Trossard, arrivé dans un contexte concurrentiel, mais parfaitement intégré au groupe. Puis il élargit : « Ce qui est important, c’est ce qui se passe trois mois, six mois plus tard… Jusqu’ici, avec tous les joueurs qui sont partis, la relation est restée vraiment bonne. J’espère que ce sera pareil. »

Difficile d’y voir une « attaque » ou une « réponse cinglante ». Le manager d’Arsenal parle de gratitude, de compréhension, d’espoir de garder un lien sain avec ses anciens joueurs. Loin d’un coup de gueule, c’est presque une main tendue.

Le décalage entre le contenu réel de ses propos et la violence suggérée par certains titres est frappant. Là où l’on promet un Arteta en croisade contre Gabriel Jesus, on trouve un entraîneur qui assume d’avoir été le porteur de mauvaises nouvelles, mais refuse d’entrer dans la surenchère.

Si Arsenal devait un jour perdre son vestiaire, ce ne serait pas sur ces mots-là. Et si conflit il y a, il semble surtout se jouer entre la nuance du discours et l’appétit de drame qui entoure chaque départ d’un cadre dans un club de ce calibre.