Angleterre balaye l'Irlande 3-0 en ODI : Dunkley brille avec 119 points
À Worcester, sur la pelouse de New Road balayée par un léger vent de fin d’été, l’Angleterre a refermé son été international avec une signature nette, tranchante : une victoire de 114 points et un balayage 3-0 de l’Irlande en ODI, portée par une Sophia Dunkley impériale.
Dunkley, une centaine qui trace la voie
Envoyée en éclaireuse en haut de l’ordre, Sophia Dunkley a joué comme si elle avait tout le temps du monde. 119 points sur 119 balles, un tempo parfait, ni précipité ni timoré. Elle a tenu l’ossature de l’innings, et tout s’est articulé autour d’elle.
Avec Maia Bouchier, toujours aussi sûre de ses appuis, elle pose d’abord les bases : 73 points pour le premier guichet. Bouchier repart avec 39, encore une contribution solide dans une série qu’elle a marquée de sa constance. L’Irlande, déjà sous pression, voit ensuite Jodi Grewcock prendre le relais. Elle s’installe, trouve du rythme, monte à 35… puis se fait piéger, prise et renvoyée par un retour de Cara Murray sur sa propre frappe. Occasion manquée, mais l’Angleterre avance.
Alice Capsey, elle, n’a même pas vraiment la chance de s’exprimer. En backing up, elle se retrouve run out pour 10, une sortie malheureuse plus qu’un vrai échec au bâton. Malgré ces accrocs, le tableau d’affichage continue de gonfler. L’Angleterre file vers un total record, 260-4, Dunkley en patronne, la barre des 300 clairement en ligne de mire.
C’est là que l’histoire bascule.
Une fin d’innings gâchée
Freya Kemp et Dani Gibson entrent avec l’intention claire de faire exploser la fin d’innings. Kemp trouve quelques bonnes frappes, monte à 23, semble prête à lancer le sprint final. Elle choisit la longue distance, vise long-on… et trouve les mains irlandaises. Son renvoi agit comme un déclic, mais pour le camp adverse.
Le collapsus est brutal. À partir de ce guichet, l’Angleterre perd ses six derniers wickets pour seulement 31 points. Les frappes se crispent, les simples remplaçant les limites. Dunkley, sortie dans la 36e over, laisse derrière elle un vide que ses coéquipières ne parviennent pas à combler en termes de puissance : seulement sept frontières frappées après sa sortie.
Dani Gibson reste pourtant un rayon de lumière dans ce passage terne. Elle pousse jusqu’à son meilleur score en ODI, 41 points, et tente de maintenir le rythme. Mais autour d’elle, la ligne de score se fige. Le compteur s’arrête finalement à 291, en 48,5 overs, avec sept balles inutilisées. Frustrant, oui. Insuffisant ? Pas vraiment.
Cara Murray, en face, sort de cette phase avec les honneurs. La leg-spinner irlandaise termine à 4-56, meilleure lanceuse de son camp, et surtout celle qui a transformé une possible déroute totale en score au moins attaquable sur le papier.
L’Irlande étouffée à la poursuite
Pour que ce total devienne réellement intimidant, il fallait une nouvelle démonstration au lancer. L’Angleterre ne s’est pas fait prier.
L’Irlande n’a jamais semblé dans le bon tempo. Le tableau final le raconte crûment : 177 tout pile, en 44,2 overs. Aucun batteur n’atteint un strike-rate au-dessus de 100, signe d’une poursuite constamment en retard sur le rythme imposé par le tableau d’affichage.
Amy Hunter tente bien de tenir la baraque. Ses 39 points sur 58 balles constituent le sommet de l’alignement irlandais, une résistance honnête mais isolée. Elle manque de relais, de ce partenaire capable de transformer une base en véritable poursuite. À mesure que les overs défilent, le run-rate s’envole, hors de portée. La pression, elle, redescend sur chaque frappeur irlandais qui s’avance.
Mady Villiers et Lauren Filer se partagent alors le rôle de démolisseuses. Trois wickets chacune, des lignes agressives, un rythme qui ne laisse aucune marge. L’attaque anglaise ne cherche pas à contrôler, elle cherche à terminer le travail. Et elle y parvient sans jamais vraiment être inquiétée.
Ce troisième ODI ressemble vite à ce qu’a été la série entière : un duel déséquilibré entre un collectif rodé et une équipe encore en apprentissage face à ce niveau d’intensité.
Un été refermé, un horizon déjà tracé
Avec ce succès, l’Angleterre boucle son été international sur un 3-0 sec, sans appel. Une série où la batte de Dunkley, la forme de Bouchier, les progrès de Gibson et l’impact de lanceuses comme Villiers et Filer ont dessiné les contours d’un groupe de plus en plus profond.
La suite ne viendra pas tout de suite. Le prochain rendez-vous confirmé se situe en février, au Champions Trophy. Entre-temps, un programme se dessine déjà en arrière-plan : une série multi-format face aux West Indies à l’automne, trois ODI contre le Sri Lanka en perspective, même si les dates restent encore à officialiser.
À New Road, l’Angleterre a fermé la porte sur l’été avec autorité. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si cette équipe peut dominer des séries comme celle-ci, mais jusqu’où elle peut porter cette dynamique quand le niveau montera d’un cran.




