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Abhishek brille avec un récital de 82 points contre l'Afghanistan

Abhishek n’a pas seulement lancé la poursuite. Il l’a pliée.

Son premier coup gagnant, un somptueux inside-out pour six au-dessus des couvertures face à Fazalhaq Farooqi, a donné le ton. Autoritaire, propre, sans une once d’hésitation. Le dernier était du même acabit, au terme d’une charge de 32 balles qui a laissé le résultat sans mystère. Les 156 points de l’Afghanistan, sur un terrain favorable aux batteurs à Delhi, n’avaient déjà rien d’une montagne. Sous la batte d’Abhishek, ce total a pris des allures de simple exercice.

Une prise de pouvoir brutale

Il a vraiment pris les commandes après la perte de son partenaire d’ouverture au début du troisième over. À partir de là, plus de retenue. Azmatullah Omarzai a été la première véritable victime : un loft puissant, profond dans les tribunes de long-off, puis un tir court puni sans ménagement, traversant la clôture côté square leg dans le même over. L’intention était claire. L’exécution, implacable.

Farooqi, déjà touché, a encaissé le plus gros orage dans un cinquième over à 26 points. Abhishek s’est avancé sur une balle plus lente, courte, et l’a déposée pour six côté leg. Sur la suivante, il a aplati sa batte pour trouver les cordes côté off. Impossible de le contenir. Impossible même de le surprendre.

Le rythme ne s’est jamais vraiment relâché. L’attaque afghane, privée de variation tranchante, n’a trouvé ni longueur ni vitesse capables de le coincer. Un gaucher en pleine confiance sur un terrain docile : la combinaison était fatale.

Les spinners à leur tour pris pour cible

Quand le nouveau capitaine Ibrahim Zadran a enfin appelé les spinners, le mal était déjà profond. Et la mémoire musculaire d’Abhishek a fait le reste. Mohammad Nabi a terminé le Powerplay sous le feu, concédant deux fours consécutifs pour boucler la phase à 82/1. Abhishek, lui, en était déjà à 41 sur seulement 15 balles, la moitié des points de l’équipe dans le temps d’un échauffement.

Rashid Khan, référence mondiale, n’a pas eu droit à plus de ménagement. Accueilli par un nouvel inside-out splendide au-dessus des couvertures, il a vite compris que le gaucher ne comptait pas changer de registre. Deux belles balles de Noor Ahmad ont, elles, obtenu un rare privilège : une défense en avant, presque anachronique en T20. Une parenthèse de technique classique au milieu d’un carnage.

Le cinquantième point est tombé discrètement, sur un simple glissé côté leg face à Rashid. Puis le mode attaque s’est rallumé instantanément. Un pas de côté, un grand geste au-dessus de midwicket pour six, puis un coup sec vers deep cover pour transformer l’over du spinner le plus expérimenté d’Afghanistan en passage à 15 points. Même les meilleurs n’avaient plus de réponse.

Un éventail complet, des chiffres qui claquent

Plus le match avançait, moins l’Afghanistan disposait d’options. Noor Ahmad a fini, lui aussi, dans la liste des victimes. Une balle courte catapultée au-dessus de deep midwicket, puis une plus pleine envoyée très haut au-dessus de deep extra cover, pour un six de 83 mètres qui a mis en lumière toute la palette d’Abhishek.

Au terme de son récital, le tableau était brutal : 82 points, sept six, sept fours. Et un jalon statistique majeur, atteint à toute allure : deuxième joueur le plus rapide à 6000 runs en T20. Sa quatorzième cinquantaine en moins de 25 balles constitue un record absolu, loin devant les neuf de Suryakumar Yadav. Des chiffres qui, pour une fois, suivent le récit sans l’exagérer.

Ce n’était pas une frénésie aveugle. Abhishek a méthodiquement démonté chaque plan afghan. D’abord la vitesse, puis le spin, avec par moments juste assez de retenue pour rappeler que tout cela relevait du calcul, pas de l’instinct brut. Contre le pace, il a pris 28 points sur 9 balles, à un taux stratosphérique de 311,1. Contre le spin, 54 sur 23 livrées, à 234,78, face à ce qui constitue pourtant le cœur de l’attaque afghane.

Il a lu les longueurs tôt, utilisé ses appuis pour avancer ou se dégager, et sanctionné tout ce qui s’éloignait un peu trop du plan idéal. Sa marque de fabrique : une agressivité sans peur, mais rarement sans logique.

Une réponse sous pression

Cette manche valait plus qu’un simple carton dans une série bilatérale. Abhishek arrivait face à l’Afghanistan avec du poids sur les épaules. Sa mauvaise passe récente était d’autant plus visible que l’Inde dispose d’un luxe rare : Sanju Samson, expérimenté, et Vaibhav Sooryavanshi, intrépide, poussent tous deux pour une place en haut de l’ordre.

Son T20 World Cup à domicile, plus tôt dans l’année, avait démarré par trois ducks consécutifs avant qu’il ne retrouve ses marques dans la deuxième moitié de la défense du titre. Depuis, les runs s’étaient faits rares. Sur ses six dernières manches en T20I, seulement deux scores à deux chiffres, avec un pic à 16. Dans les dix T20I précédents de ce cycle de Coupe du monde, 191 points seulement. De quoi ouvrir le débat, dans n’importe quelle autre équipe.

L’Inde, elle, a choisi la patience. Le staff a maintenu sa confiance, convaincu que le plafond d’Abhishek valait d’attendre la fin du trou d’air. Et malgré la concurrence féroce pour les deux places d’ouvreur, sa place dans le XI n’a jamais semblé aussi solide qu’au soir de cette démonstration.

Depuis le balcon, Chakaravarthy, qui a souvent subi la loi d’Abhishek sur le circuit domestique, ne pouvait qu’acquiescer. « J’ai personnellement lancé contre eux, je sais à quel point c’est difficile. J’ai de la peine pour leurs spinners », a-t-il lâché. Difficile de mieux résumer ce que venait de vivre l’Afghanistan.

Une chose est sûre : si Abhishek transforme cette soirée en nouveau point de départ, la bataille pour le haut de l’ordre en T20 risque de ne plus être une bataille du tout.