Xabi Alonso sur Estevao : « C’est un processus »
Xabi Alonso a choisi ses mots, mais pas ses responsabilités. Interrogé sur le faible temps de jeu d’Estevao Willian depuis le début de saison avec Chelsea, l’entraîneur espagnol a assumé ses choix tout en rappelant que la porte n’était pas fermée pour le prodige brésilien.
Le jeune attaquant, revenu d’une blessure aux ischio-jambiers qui lui a coûté une Coupe du monde avec le Brésil, n’a disputé que six matches de Premier League, pour à peine 7 % des minutes possibles. Un contraste saisissant avec les éclairs de la saison passée, marquée par un rôle décisif face au Barcelona en Champions League.
C’est un processus
Face aux questions insistantes sur la gestion d’Estevao, Alonso n’a pas esquivé.
« Bien sûr, il va jouer, la saison est longue, il y aura des moments pour tout le monde », a-t-il assuré, rappelant qu’on n’en est qu’aux premières semaines de l’exercice. Pour lui, l’histoire ne fait que commencer.
Le technicien parle d’un « processus ». Pour l’équipe. Pour le joueur. Pour lui-même. Estevao revient d’une blessure lourde, vit sa première saison complète depuis ce coup d’arrêt et doit encore s’adapter au rythme, aux exigences, au système. Alonso insiste : le problème ne vient ni de l’attitude, ni de l’envie.
« Ce n’est pas une question d’attitude, c’est le contexte des matches », martèle-t-il. Début de saison, nécessité de résultats immédiats, concurrence forte : le décor est posé. Le message, lui, est clair. Estevao devra patienter, mais il fait partie du plan.
Pas question, donc, de le voir partir en prêt dès janvier. Alonso a coupé court : « Non, non, non, aucune discussion à ce sujet. »
Un vestiaire sous tension, mais concerné
Le coach espagnol sait que chaque joueur veut être sur la pelouse. Il le répète, mais ne se cache pas derrière cette évidence : c’est lui qui tranche.
« À cause de mes décisions, je dois prendre la responsabilité de ça », assume-t-il. À Estevao comme aux autres, il demande de rester prêts. À tout moment, un match peut basculer sur un remplaçant. Il cite au passage Valentin Barco, Marco Palestra ou encore Danny Welbeck, autant de joueurs peu utilisés mais toujours impliqués à l’entraînement.
Alonso parle, explique, échange avec son jeune attaquant. Il veut l’embarquer mentalement, le préparer à être disponible « pour demain », dès que la fenêtre s’ouvrira. La confiance est là, répétée, presque martelée : « Il sera important. »
Coup dur derrière, éclaircie sur les côtés
Pendant qu’Estevao attend son heure, d’autres dossiers s’imposent à Alonso. Et ils sont moins réjouissants.
Maxence Lacroix s’est blessé lors de la défaite en Carabao Cup contre Liverpool. Verdict : plusieurs semaines d’absence, au moins jusqu’à la trêve internationale. Un coup dur pour la charnière, déjà sollicitée.
Moises Caicedo, lui, est apte. « Aucun problème, il est OK pour demain », a confirmé Alonso, rassurant sur l’état physique de son milieu.
Dans les buts, un léger espoir : il existe « une chance » de revoir Emi Martinez avant la trêve, après sa blessure à la tête. Jorrel Hato, en revanche, reste indisponible et rejoint Joao Pedro à l’infirmerie.
Une bonne nouvelle tout de même : Pep Chavarria est de retour dans le groupe. Le latéral espagnol offre une option supplémentaire dans une période où chaque ressource compte.
Entre gestion des corps et maturation des talents, Alonso marche sur un fil. Estevao, lui, attend toujours son véritable lancement de saison. La question n’est plus de savoir s’il jouera, mais à quel moment il fera enfin exploser la hiérarchie.




