Usyk refuse la trilogie avec Fury : pas de plan B
Tyson Fury a lancé un appel. Oleksandr Usyk l’a refermé aussitôt.
Alors que le feuilleton du choc 100 % britannique contre Anthony Joshua s’enlise sur un désaccord autour du lieu du combat, Fury a pris les devants sur les réseaux sociaux, lundi, en annonçant qu’il cherchait un nouvel adversaire. Sa cible ? De nouveau Oleksandr Usyk, l’homme qui l’a détrôné et qui l’a battu deux fois aux points en 2024 pour devenir champion incontesté des lourds.
Cette fois, la réponse est sèche.
« Usyk n’est pas le plan de secours de Tyson »
Dans une déclaration à Sky Sports News, le manager d’Usyk, Sergey Lapin, a coupé court à l’idée d’une trilogie improvisée.
« Usyk n’est pas le plan de secours de Tyson », a-t-il lancé, rappelant d’emblée la hiérarchie actuelle chez les lourds. Pour Lapin, si Fury a besoin d’un nom sur son affiche, ce n’est pas vers l’Ukrainien qu’il doit se tourner : « S’il a besoin d’un adversaire, il devrait aller sur la plateforme Ready to Fight. Ils peuvent l’aider à lui trouver un adversaire digne de ce nom. »
Le message est clair : pas de combat sans démarche sérieuse. « Oleksandr est toujours ouvert aux grands défis. Mais des intentions sérieuses se prouvent avec une offre concrète, pas avec des déclarations dans la presse », a encore insisté Lapin.
Fury, lui, avait tenté de jouer sur la corde sportive et personnelle dans une vidéo publiée sur Instagram. Il y interpelle directement Usyk, rappelant leurs deux duels et glissant quelques piques à Joshua au passage.
Fury pousse, Usyk regarde ailleurs
Fury a prévenu : si le combat contre Joshua continue de patiner, il ira vers ce qu’il considère comme la voie la plus naturelle. « Cela ne pourra me mener qu’à un combat avec Oleksandr Usyk », a-t-il affirmé.
Dans sa vidéo, le Britannique s’adresse à l’Ukrainien en mêlant flatterie et provocation : « Oleksandr, tu es son [Joshua] entraîneur et son sensei, et tu sais qu’il est faible mentalement… et qu’il ne combattra jamais le Gypsy King, ce que toi tu as eu le courage de faire deux fois. » Fury reconnaît même la légitimité des décisions rendues lors de leurs deux affrontements : « Tu as eu les décisions la dernière fois, fair play à toi. Bonne chance à toi, faisons-le encore. Rejouons ça en novembre. La balle est maintenant dans ton camp… veux-tu me combattre cette année, 2026, ou tu raccroches ? »
Mais pendant que Fury tente de rallumer la flamme d’une rivalité déjà réglée sur le ring, Usyk a pris une autre trajectoire.
En juin, le champion ukrainien a annoncé qu’il abandonnait les trois ceintures des lourds qu’il détenait encore, tout en précisant qu’il ne prenait pas sa retraite. À 39 ans, il n’a pas l’intention de disparaître. Son nom circule désormais autour d’un possible choc contre Deontay Wilder. Une autre affiche, une autre histoire, un autre risque.
Toujours invaincu chez les professionnels avec un bilan parfait de 25-0, Usyk a déjà laissé son empreinte sur la carrière d’Anthony Joshua en le battant deux fois, en 2021 puis en 2022. Ironie du destin, il fait aujourd’hui partie du staff de l’ancien champion britannique, intégré à son équipe d’entraînement depuis un an.
Joshua–Fury, le combat qui n’avance pas
Pendant que Fury appelle Usyk, le grand projet reste pourtant ce duel attendu depuis plus de dix ans : Fury contre Joshua.
Les deux hommes ont signé des contrats individuels pour un combat programmé en novembre. Mais un point bloque tout : le lieu. Des rumeurs évoquent New York City, symbole de la grande scène mondiale. Eddie Hearn, promoteur de Joshua, martèle que lui et son boxeur veulent que le combat ait lieu à Londres, devant leur public. Fury, lui, accuse Joshua de chercher à esquiver le rendez-vous que tout le Royaume-Uni réclame depuis une décennie.
Le temps passe, les négociations traînent, et Fury s’impatiente. « Faites-moi savoir, parce que je cherche maintenant un nouvel adversaire », conclut-il dans sa vidéo.
Pour l’instant, Usyk ne semble pas disposé à lui tendre la main une troisième fois. Il a pris le risque, il a gagné deux fois, il a laissé ses ceintures, mais pas son statut. S’il revient sur le devant de la scène, ce sera pour une nouvelle montagne à gravir, pas pour servir de roue de secours à un Gypsy King en quête de plan B.
Reste une question brûlante : qui acceptera de monter sur le ring avec Fury en novembre, si Joshua ne signe pas… et si Usyk, lui, a déjà tourné la page ?




