US Open : Rybakina devient numéro 1 mondiale après avoir battu Zheng
Elena Rybakina a mis un set à se réveiller. Ensuite, elle a joué comme une future numéro 1 mondiale.
Menée d’un set, la Kazakhe de 27 ans a renversé Zheng Qinwen en quarts de finale de l’US Open, 3-6, 6-1, 6-4, mercredi, pour décrocher sa place en demi-finales… et, dans le même mouvement, le sommet du classement WTA. L’équation était simple : une qualification dans le dernier carré suffisait pour déloger Aryna Sabalenka du trône. Mission accomplie.
À partir de lundi, Elena Rybakina sera officiellement la nouvelle numéro 1 mondiale. Une première historique pour le Kazakhstan, tous sexes confondus. Elle devient la 30e joueuse de l’histoire à s’asseoir sur le fauteuil de leader du circuit.
Une remontée qui vaut un rang de numéro 1
La soirée avait pourtant mal commencé pour Rybakina. Zheng Qinwen, puissante, décomplexée, a frappé la première. Le premier set lui échappe 6-3, la Kazakhe manque de rythme, subit les échanges, laisse filer trop de points gratuits.
Puis le match bascule. Rybakina durcit son engagement, trouve plus de longueur, verrouille sa mise en jeu. Le deuxième set tourne à la démonstration : 6-1. La pression change de camp, la Chinoise recule, la future numéro 1 impose son tempo.
Le troisième acte se joue sur un fil, mais Rybakina ne tremble pas. Elle contrôle les moments clés, s’offre le break décisif et conclut 6-4. Une victoire en trois sets, une demi-finale en poche, et un statut qui bascule : le circuit WTA change de patronne.
Sabalenka détrônée après 99 semaines de règne
Avec ce résultat, le calcul est implacable : même si Aryna Sabalenka va au bout à New York, elle ne pourra pas conserver sa place de numéro 1. Son règne ininterrompu s’arrête à 99 semaines consécutives, la sixième plus longue série de l’histoire du circuit féminin. Au total, la Biélorusse aura passé 107 semaines au sommet depuis qu’elle avait pris les commandes le 21 octobre 2024.
Depuis des mois, Rybakina collait aux basques de Sabalenka. Saison après saison, tournoi après tournoi, la Kazakhe s’était installée comme l’une de ses plus sérieuses rivales. À l’US Open, elles n’étaient que trois à pouvoir lui ravir la première place : Rybakina, Jessica Pegula et Coco Gauff. Pour les deux Américaines, la marche était plus haute : il leur fallait le titre et espérer une élimination précoce de la Kazakhe, avant les demi-finales. Rybakina a fermé la porte.
Gauff au rendez-vous, duel de reines en vue
En demi-finale, la nouvelle numéro 1 affrontera une ancienne reine de New York : Coco Gauff, sacrée à l’US Open l’an passé. L’Américaine a dû frôler la sortie pour y parvenir. Menée par la jeune Mirra Andreeva, 19 ans, championne de Roland-Garros, Gauff a sauvé deux balles de match avant de renverser la situation : 2-6, 7-6 (9/7), 6-2.
À la fin, Gauff ne s’y trompe pas : « Elena est la nouvelle numéro une mondiale. Ça va être un match difficile. Ce sont pour ces moments-là qu’on joue. » Le ton est donné. Une joueuse qui vient de conquérir le sommet, une autre qui défend son territoire à domicile : l’affiche a des allures de choc de générations et de statuts.
« Juste un numéro »… mais un tournant
Rybakina, elle, refuse de se laisser enivrer par le symbole. Numéro 1 ou pas, le discours reste le même. Pour elle, le classement ne doit pas devenir une obsession.
« C’est juste un numéro pour l’instant. Mon objectif est de gagner les tournois auxquels je participe », insiste la Kazakhe, lucide sur la volatilité de la hiérarchie. « C’est une réussite incroyable, mais on sait à quelle vitesse tout peut changer au classement en tennis. »
Son palmarès, lui, ne trompe pas : Wimbledon 2022, l’Open d’Australie cette année. À New York, elle chasse un troisième titre du Grand Chelem, qui donnerait une autre dimension à cette accession au rang de numéro 1.
Vers un nouveau chapitre Rybakina–Sabalenka ?
En toile de fond, une autre histoire se dessine. Si Rybakina et Sabalenka gagnent leurs demi-finales, l’US Open offrira une finale aux allures de revanche élargie. Les deux femmes s’étaient déjà croisées en finale de l’Open d’Australie cette saison, avec une victoire de Rybakina en trois sets.
Sabalenka devra pour cela écarter Jessica Pegula dans l’autre demi-finale. L’Américaine, portée par son public, a longtemps espéré pouvoir elle aussi grimper sur le trône mondial. New York ne lui offrira pas ce privilège, mais elle peut encore empêcher Sabalenka de se présenter en finale.
Rybakina, elle, n’a plus besoin de calculs. Le sommet est acquis, les chiffres sont gravés. Reste la partie la plus exigeante : prouver, raquette en main, qu’elle n’est pas seulement la nouvelle numéro 1, mais bien la joueuse à battre sur la plus grande scène du monde.




