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US Open : Lois Boisson éliminée après un match marathon

À New York, la nuit a été plus longue que prévu pour Lois Boisson. Et elle s’est terminée dans un fracas de carbone brisé.

La Française de 23 ans a quitté le court du US Open au premier tour, battue par Emma Navarro au terme d’un marathon étalé sur deux jours, conclu sur le score de 7-6, 6-7, 6-3. Un match commencé dimanche, stoppé par la pluie, puis relancé lundi dans une atmosphère lourde, presque électrique.

Sur le plan comptable, Navarro s’en sort avec la qualification. Sur le plan émotionnel, c’est l’explosion de Boisson qui reste en tête. Au moment où l’Américaine, 25 ans, lève les bras vers le ciel pour savourer sa victoire, les caméras accrochent l’arrière-plan : la Française abat rageusement sa raquette sur le ciment new-yorkais. Un geste sec, instinctif, qui tranche avec la joie contenue de son adversaire.

Les deux joueuses viennent pourtant de se serrer la main au filet, dans le rituel classique de fin de match. Quelques secondes plus tard, deux scènes cohabitent sur le même court : la célébration d’un côté, la frustration à nu de l’autre. Image crue d’un premier tour de Grand Chelem où la ligne entre l’exploit et la désillusion tient parfois à un tie-break, à une reprise après interruption, à une nuit de pluie.

Car tout a basculé avec l’orage. Dimanche, la rencontre s’interrompt alors qu’elle a déjà pris de la hauteur. Lundi, les deux femmes reviennent sur le court avec ce paradoxe propre au tennis : reprendre une bataille déjà entamée, mais avec l’obligation de se remettre mentalement à zéro.

« C’était vraiment difficile de s’arrêter au moment du match où on en était », a reconnu Emma Navarro après coup. « J’avais l’impression d’avoir travaillé vraiment dur pour arriver à ce point-là, et tout à coup, on te dit qu’on va revenir demain et qu’on repart toutes les deux à zéro. C’est vraiment unique, parce que tu as le sentiment que tu devrais te sentir devant, mais en fait, pas vraiment. »

Cette sensation de faux départ permanent a traversé toute la rencontre. Un premier set arraché au tie-break. Un deuxième renversé par Boisson, qui s’offre à son tour le jeu décisif et relance tout. Puis ce troisième acte, plus lourd dans les jambes, plus dur dans la tête, où Navarro finit par prendre le dessus, 6-3, en serrant le jeu dans les moments clés.

Pour Boisson, la sortie est brutale. Une poignée de main, un geste de rage, puis le tunnel. Pour Navarro, la suite s’ouvre sur un tableau encore long, dans un tournoi qui court jusqu’au 13 septembre, avec une finale dames programmée le 12 et la finale messieurs le lendemain.

La quinzaine ne fait que commencer, les tribunes vont continuer à se remplir, les visages connus à défiler. Mais déjà, ce premier tour laisse une trace : à Flushing Meadows, la ligne blanche ne sépare pas seulement les carrés de service. Elle sépare, parfois en un seul point, celles qui brisent leur raquette et celles qui lèvent les bras vers le ciel.