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Tyson Fury face à l'impasse : Usyk refuse d'être le plan B

Dans la boxe, les plans tiennent rarement plus de quelques jours. Celui de Tyson Fury vient de voler en éclats. Le superfight rêvé contre Anthony Joshua a capoté, et le « Gypsy King » a tenté, en urgence, de changer de trajectoire. Cap sur Oleksandr Usyk. Ou plutôt, sur le mirage Usyk.

Le Britannique pensait avoir une porte de sortie de luxe. Un troisième combat contre l’Ukrainien, histoire de sauver une fin d’année qui s’effrite. La réponse du clan Usyk est tombée, froide et nette : non.

Usyk pense à sa sortie, pas à un service de dépannage

Oleksandr Usyk, ancien champion incontesté des lourds, appartient déjà à la catégorie des légendes vivantes. Sa carrière touche à sa fin. Il ne veut plus qu’un seul combat. Un dernier. Son « last dance », comme il l’imagine, doit ressembler à une apothéose, pas à une rustine posée à la va-vite sur le calendrier d’un autre.

Son entourage, lui, ne voit aucun intérêt à un rendez-vous bricolé à la dernière minute pour novembre 2026. Un boxeur qui s’apprête à quitter la scène ne se jette pas dans un combat de fortune, surtout après avoir déjà passé 24 rounds à dominer le même adversaire.

Tyson Fury, lui, a choisi de hausser le ton. Il s’est tourné vers Sky Sports pour lancer son appel à Usyk, un appel qui ressemble davantage à un cri de détresse qu’à une vraie négociation : il lui propose de « remettre ça » en novembre, lui demande s’il veut « se battre cette année, 2026, ou raccrocher ». La balle, dit-il, est dans le camp de l’Ukrainien.

Sur le papier, la relance est claire. Sur le ring, la réalité l’est encore plus : Usyk l’a dominé sur deux combats, 24 rounds, sans laisser la moindre zone grise. Si les affrontements avaient été serrés, Fury pourrait revendiquer une belle. Là, la supériorité affichée de l’Ukrainien enlève toute urgence sportive à un troisième acte.

Le duel avec Joshua s’effrite, la pression monte

Le cœur du problème se trouve ailleurs : Anthony Joshua. Ou plutôt, l’absence d’accord avec lui. Le choc Fury–Joshua bute sur un point qui dépasse les gants et les ceintures : le lieu.

Fury a dit oui à New York, à l’écrin mythique du Madison Square Garden. Joshua, lui, campe sur sa position : ce doit être au Royaume-Uni, à Wembley Stadium, devant son public. Deux visions, deux marchés, deux ego. Et au milieu, un homme qui compte beaucoup : Turki Alalshikh.

Le puissant investisseur saoudien, moteur de Zuffa Boxing, vise le marché américain. Pour lui, ce combat doit se tenir sur le sol des États-Unis, vitrine idéale pour étendre son influence. Tant que personne ne cède, le plus grand affrontement possible pour Fury reste une idée, pas une date.

C’est dans ce contexte que le nom d’Usyk est réapparu. Moins comme un choix sportif réfléchi que comme un moyen de sécuriser coûte que coûte un combat en novembre 2026. Le calendrier dicte la stratégie, plus que la logique sportive.

Usyk ferme la porte : Fury sans levier

Du côté d’Usyk, la situation est limpide : il n’a plus besoin de Fury. À ce stade de sa carrière, l’Ukrainien choisit, il ne subit plus. Son manager, Sergey Lapin, a répondu avec une pointe d’ironie qui en dit long sur le rapport de force actuel :

« Usyk n’est pas le plan de secours de Tyson. Si Fury a besoin d’un adversaire, il devrait aller sur la plateforme Ready to Fight. Ils peuvent l’aider à lui en trouver un digne. »

La pique est acérée. Elle touche juste. Quel levier reste-t-il réellement à Fury ? Le combat qui pourrait définir son héritage s’éloigne un peu plus chaque semaine. Joshua ne signe pas. Usyk refuse d’endosser le rôle de roue de secours. Et les sorties médiatiques du « Gypsy King » donnent l’image d’un homme qui cherche plus à ne pas rester sans date qu’à écrire le chapitre ultime de sa légende.

Le problème n’est plus seulement sportif. Il devient narratif. Pendant que l’Ukrainien prépare sa sortie choisie, Fury donne l’impression de courir après un scénario qui lui échappe.

La question est désormais brutale : si l’obstacle Joshua reste infranchissable, quel nom peut encore donner du sens à la suite de la carrière de Tyson Fury ?

On sait déjà qui ce ne sera pas : Oleksandr Usyk.