Test de Lord’s : Angleterre s’impose face au Pakistan
Au terme d’une semaine où le bruit venu de l’extérieur a parfois couvert le son des balles sur la batte, Babar Azam a choisi la ligne claire. Interrogé par la BBC Test Match Special après la fin du Test de Lord’s, le capitaine pakistanais a fermement assuré n’avoir eu vent d’aucune menace pesant sur la poursuite de la rencontre.
« No, no, no. I haven't heard that thing », a-t-il répondu, avant de couper court, relancé sur une éventuelle connaissance de ces discussions : « No. »
L’échange, mené par l’ancien capitaine anglais Michael Atherton, a été diffusé pendant l’intervalle déjeuner du premier jour. Dix-huit minutes d’entretien, en plein cœur de la controverse, mais sans conséquence sur le déroulement du match : le Pakistan est revenu sur le terrain à l’heure, et le Test a suivi son cours.
Un vestiaire tenu à distance de la politique
La version de Babar rejoint celle du sélectionneur Sarfaraz Ahmed. Lui aussi a expliqué que ni le staff ni les joueurs n’avaient été informés d’une quelconque menace sur la tenue de la rencontre.
En arrière-plan, la ligne officielle du PCB, désormais dirigé par Mohsin Naqvi, s’est durcie : les joueurs ont reçu pour consigne de ne pas faire de commentaires politiques durant la tournée au Royaume‑Uni. Une directive directement liée à la tempête provoquée par le dossier Imran Khan dans le pays.
C’est pourtant bien le nom de l’ancien Premier ministre qui s’est invité au cœur de la polémique du premier jour. L’interview de Babar réalisée par Atherton s’attardait sur les inquiétudes exprimées par les fils d’Imran Khan concernant le traitement, la santé et les conditions de détention de leur père. Le PCB aurait tenté de bloquer la diffusion, créant une tension inhabituelle autour d’un Test déjà très attendu à Lord’s.
La pression médiatique montait. Sur la pelouse, les joueurs ont serré les rangs.
L’Angleterre s’impose, le Pakistan s’effondre
Cette agitation n’a pas détourné l’Angleterre de sa mission. Une fois le bruit retombé, le tableau d’affichage a parlé : victoire de 194 runs, série bouclée, et une supériorité nette sur cinq jours.
L’Angleterre avait fixé au Pakistan un objectif massif de 389. Trop haut, beaucoup trop haut pour une équipe privée de son ouvreur Imam-ul-Haq, blessé au mollet dès le premier jour et incapable de revenir au bâton. Sans son ancre en haut de l’ordre, la poursuite pakistanaise a rapidement pris l’eau.
Un homme, pourtant, a tenu la baraque. Saud Shakeel s’est accroché, a résisté, a gratté chaque run comme s’il valait double. Il échoue à trois longueurs d’un century qui aurait changé le ton de sa sortie, mais pas l’issue du match. Ses partenaires, eux, tombent les uns après les autres, et la carte de score se referme à 194.
La marge est cinglante. Le résultat, implacable : 2-0 pour l’Angleterre dans cette série de trois Tests, et une avance désormais irréversible.
Une série enfin décrochée, un dernier rendez-vous à venir
Au-delà de la simple victoire à Lord’s, ce succès met fin à une longue attente pour l’Angleterre : il s’agit de sa première série de Tests remportée depuis décembre 2024. Un soulagement, presque une libération, dans un format où la régularité lui échappait.
Pour le Pakistan, l’histoire est tout autre. L’équipe quitte Lord’s avec une défaite lourde, un vestiaire marqué par les blessures, et un environnement extérieur chargé de politique qu’elle tente de tenir à distance. Le discours officiel est clair : le terrain d’un côté, le tumulte national de l’autre.
Reste un dernier acte. Les deux équipes se retrouveront à Birmingham, à Edgbaston, pour le troisième et dernier Test, à partir du 9 septembre.
Série pliée, mais pas saison terminée : l’Angleterre cherchera à enfoncer le clou. Le Pakistan, lui, devra décider s’il subit la fin de tournée… ou s’il transforme ce match sans enjeu en point de départ.




