Team USA en quart de finale contre la Hongrie à Berlin
Le réveil sonnera tôt pour les fans américains. À Berlin, en revanche, la journée commencera avec un parfum de grande occasion. Jeudi 10 septembre, à 9h30 à la Berlin Arena, l’équipe des États-Unis défie la Hongrie en quart de finale de la FIBA Women’s Basketball World Cup, avec une place dans le dernier carré en jeu et une dynastie à préserver.
Pour situer le décor : 8h30 au Royaume-Uni, 3h30 sur la côte Est, 0h30 sur la côte Ouest. Un horaire presque irréel pour le public américain, mais un rendez-vous immanquable pour un tournoi qui bascule désormais dans sa partie la plus impitoyable.
Les championnes en titre sous pression… et en contrôle
Les États-Unis arrivent en quarts avec un poids que peu d’équipes au monde peuvent comprendre : celui de l’hégémonie. Quatre titres mondiaux consécutifs, onze au total, la référence absolue de la compétition. La dernière fois, en 2022 à Sydney, elles avaient écrasé la Chine en finale (83-61). La barre est fixée très haut. Encore.
Mais la version 2026 de Team USA raconte une autre histoire, plus nuancée, presque générationnelle. A’ja Wilson et Breanna Stewart incarnent toujours le socle, la continuité, l’assurance de l’élite mondiale. Autour d’elles, une nouvelle vague arrive, sans complexe : Caitlin Clark, Paige Bueckers, Angel Reese. Toutes font leurs débuts en Coupe du monde senior, toutes attirent les regards.
Ce mélange d’expérience et de fraîcheur a transformé les Américaines en véritable aimant médiatique du tournoi. Chaque match devient un épisode à suivre, un laboratoire où l’on teste l’avenir tout en défendant le présent.
Sur la phase de groupes, les signaux ont été clairs. D’abord, la démonstration de force. Une entrée tonitruante face à la Chine, puis une large victoire contre la Tchéquie : attaque débridée, profondeur de banc, intensité défensive. Le rouleau compresseur habituel.
Puis, un rappel à l’ordre. Face à l’Italie, le décor a changé. Match accroché, adresse en berne, tension palpable. Les États-Unis s’en sortent finalement 55-52, un score presque anachronique pour une telle armada offensive, mais suffisant pour verrouiller la première place du groupe D et s’éviter le tour de qualification.
Cette frayeur pourrait bien servir de piqûre de rappel au moment d’entrer dans les matchs à élimination directe. Même pour les championnes en titre, rien n’est acquis quand la marge d’erreur se réduit à quarante minutes.
La Hongrie, l’outsider qui n’a plus peur de personne
En face, la Hongrie ne vient pas pour admirer le décor. Son quart de finale, elle est allée le chercher. Obligée de passer par un match de qualification après sa position en phase de groupes, la sélection hongroise a validé son billet pour le Top 8 sur le parquet, sous pression, en mode survie.
Ce détail compte. Quand les Américaines ont bénéficié de quelques jours supplémentaires pour préparer ce quart, la Hongrie est restée dans le rythme de la compétition, déjà en mode élimination directe. Deux trajectoires qui se croisent à Berlin, avec des dynamiques différentes.
Le portrait dressé par la FIBA est clair : la Hongrie arrive confiante, portée par Dorka Juhasz, MVP de l’EuroLeague, et Virag Takacs-Kiss. Deux intérieures qui donnent à cette équipe une vraie densité près du cercle, une présence physique qui ne s’efface pas facilement. La bataille dans la raquette s’annonce rugueuse, presque brutale par séquences.
L’enjeu dépasse le simple exploit d’un soir. La Hongrie vise une première qualification en demi-finales de Coupe du monde depuis sa campagne historique de 1998. Vingt-huit ans d’attente. Une génération entière sans ce frisson. Ce quart de finale n’est pas un bonus : c’est une opportunité rare, presque unique.
Un format sans pitié, une favorite désignée
Le format 2026 a placé les États-Unis dans la position idéale : gagner le groupe D offrait un accès direct aux quarts. Les quatre vainqueurs de groupe ont ainsi évité le couperet des matchs de qualification, réservé aux deuxièmes et troisièmes. Résultat : plus de temps pour récupérer, ajuster, préparer. Et moins de risques de faux pas prématuré.
Sur le papier, le rapport de force ne fait aucun doute. Team USA reste la grande favorite de ce quart de finale. Une victoire la propulserait en demi-finales samedi 12 septembre, avec la possibilité de se rapprocher encore d’un cinquième titre consécutif. La finale et le match pour la troisième place suivront le 13 septembre, pour clore une semaine où tout peut basculer très vite.
Mais la logique sportive ne se résume jamais à une feuille de route. La Hongrie arrive sans le poids de l’histoire, sans obligation de titre, mais avec la liberté de l’outsider qui n’a rien à perdre et tout à marquer.
Jeudi matin, à 9h30 à Berlin, 8h30 au Royaume-Uni, 3h30 sur la côte Est américaine, la question sera simple : la machine américaine poursuivra-t-elle sa marche vers un nouveau sacre, ou la Hongrie parviendra-t-elle à fissurer, ne serait-ce qu’un instant, l’armure de la plus grande puissance de l’histoire de la Coupe du monde féminine ?




