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Team USA : un cinq majeur à réinventer pour le Mondial

À Berlin, Team USA attaque le Mondial avec un cinq majeur à réinventer

Dans moins de 24 heures, le rideau se lève sur la Coupe du monde féminine FIBA 2026 à Berlin. Pour Team USA, le compte à rebours ne concerne plus seulement le premier engagement face à la Chine vendredi (8h15 ET), mais aussi une question simple et brutale : qui portera le poids d’une quête historique, un cinquième titre mondial consécutif, sans A'ja Wilson ni Kelsey Plum ?

Kara Lawson doit recomposer. Pas retoucher. Recomposer.

La sélection américaine débarque en Allemagne avec un groupe riche, mais privé de deux de ses cadres offensifs. L’absence de Wilson, colonne vertébrale des dernières campagnes, et de Plum, dynamite de backcourt, oblige la coach à revoir entièrement ses hiérarchies et ses rotations. L’idée est claire : laisser les joueuses dans leurs zones de confort, respecter les postes naturels, et bâtir un cinq aussi équilibré que menaçant.

Au milieu de ce chantier, l’excitation reste intacte. Caitlin Clark l’a résumé sans détour dans un entretien avec la FIBA : jouer une Coupe du monde, c’est déjà à part. Le niveau aussi. Pour la meneuse, ce tournoi peut parfois se révéler plus relevé encore que les Jeux olympiques, tant le réservoir de talent international s’élargit et se durcit année après année. Gagner n’a jamais été aussi compliqué. C’est précisément ce qui donne du relief à ce Mondial.

Chelsea Gray, le cerveau pour encadrer la jeunesse

Sur la ligne arrière, tous les regards se tournent vers Chelsea Gray. Lawson devrait logiquement lui confier les clés du jeu en début de match. Son vécu pèse lourd dans un groupe de meneuses et arrières qui, pour la plupart, découvrent le très haut niveau FIBA avec l’équipe A.

Reste une inconnue : le volume. Combien de minutes pour Gray, et quelle dose de responsabilités dans l’organisation ? Lors du tournoi de qualification en mars, elle avait été utilisée avec parcimonie, le staff testant de nombreuses combinaisons. Cinq matchs, 5,6 points et 4,8 passes de moyenne, une production mesurée mais fidèle à son profil de métronome plus que de scoreuse.

Son rôle, cette fois, sera moins de briller que de stabiliser. Installer un tempo, rassurer, diriger. Et préparer le terrain à la relève.

Jackie Young, l’arme à deux tranchants du backcourt

À ses côtés, la logique mène vers Jackie Young au poste d’arrière. Elle n’a encore jamais disputé de Coupe du monde, mais son CV avec Team USA et son impact des deux côtés du terrain la placent tout en haut de la liste.

Young, c’est la garantie d’une joueuse complète : scoreuse à trois niveaux, facilitatrice, défenseuse acharnée. À Paris avec la sélection 2024, elle tournait à 9,5 points, 2,3 rebonds, 2,3 passes, tout en partageant le meilleur total d’interceptions de l’équipe (1,5 par match). Ce genre de profil sécurise un cinq majeur. Elle peut défendre la meilleure extérieure adverse, initier le jeu secondaire, punir derrière l’arc ou attaquer le cercle.

Dans un tournoi où chaque possession compte, cette polyvalence vaut presque autant qu’un tir de plus à 3 points.

Napheesa Collier, l’ailière… par nécessité et par talent

Sur l’aile, Kara Lawson devrait demander à Napheesa Collier de s’écarter légèrement de ses habitudes. L’habituelle power forward de Minnesota va sans doute glisser au poste 3, sans que cela ne trahisse son identité de joueuse.

Collier n’a jamais joué de Coupe du monde avec la sélection senior, mais elle connaît déjà la pression de l’or olympique : Tokyo 2020, Paris 2024, deux campagnes bouclées avec une médaille autour du cou. En France, elle compilait 6,7 points, 6,5 rebonds et 1,3 passe, apportant présence au rebond, mobilité défensive et sérieux dans les petits détails.

Au Mondial, on lui demandera plus : défendre sur des ailières rapides, aider à l’intérieur, attaquer les mismatches. Un rôle hybride, à son image.

Breanna Stewart, la référence et le socle

S’il y a une certitude dans ce cinq, elle s’appelle Breanna Stewart. Trois Coupes du monde, trois médailles d’or. Une référence absolue sur la scène FIBA.

Lawson devrait l’installer au poste 4, tout en sachant qu’elle pourra la faire glisser au poste 5 dans les moments chauds. Stewart, c’est la joueuse qui ancre la défense, ferme la raquette, protège le cercle, mais aussi celle qui lance les attaques, sert ses coéquipières, étire le jeu.

Lors du Mondial 2022, elle tournait à 12,8 points, 6,6 rebonds, 3,0 passes, 1,3 interception et 1,4 contre, assez pour intégrer le All-Star Five du tournoi. À Berlin, elle devra encore une fois être partout : au scoring, au rebond, à la création, au leadership vocal. Sans Wilson, son influence devient encore plus centrale.

Aliyah Boston, la tour de contrôle au centre

Avec A'ja Wilson blessée, le poste de pivot s’ouvre à Aliyah Boston. Une opportunité, mais surtout une responsabilité.

Lawson devrait lui confier la raquette d’entrée de jeu. L’objectif : capitaliser sur sa défense individuelle, sa lecture des un-contre-un au poste, sa mobilité pour couvrir les aides et sanctionner les défenses adverses près du cercle. Boston n’était pas sur la liste pour le tournoi de qualification au Mondial 2026, ayant renoncé avant la compétition. En revanche, elle avait participé au tournoi de qualification olympique 2024, avec 5,0 points, 5,5 rebonds, 1,0 interception et 1,0 contre en près de 23 minutes.

Son impact ne se mesure pas qu’aux chiffres. Sa capacité à fermer l’axe, à imposer un contact physique constant et à sécuriser le rebond peut changer le visage d’un match. Dans une équipe qui perd Wilson, elle devient la première ligne de résistance dans la peinture.

Un banc jeune, brillant, et au centre de toutes les curiosités

Derrière ce cinq majeur, une autre histoire se dessine : celle d’un banc qui pourrait, certains soirs, faire basculer des rencontres.

Caitlin Clark devrait entrer en première rotation derrière Chelsea Gray. Ses minutes, elles, ne devraient pas manquer. MVP du tournoi de qualification pour la Coupe du monde en mars, elle avait signé 11,6 points et 6,4 passes de moyenne. Vision de jeu, tir longue distance, capacité à changer le rythme en quelques possessions : Clark apporte une dimension explosive à la mène que peu d’équipes au monde peuvent aligner en sortie de banc.

À ses côtés, Paige Bueckers devrait couvrir le poste de Jackie Young. Là encore, une guard capable de défendre, de créer, de scorer. Son profil s’imbrique parfaitement avec celui de Young, offrant à Lawson la possibilité de maintenir une pression constante sur les lignes arrière adverses.

Sur les ailes, Kahleah Copper devrait se présenter comme première option derrière Napheesa Collier. Un duo qui promet un enchaînement sans baisse d’intensité : Copper apporte vitesse, agressivité vers le cercle, énergie défensive. Un vrai coup de fouet dès qu’elle se lève du banc.

À l’intérieur, deux noms à suivre de près : Kiki Iriafen et Angel Reese. La première devrait entrer en relais de Breanna Stewart, la seconde en soutien d’Aliyah Boston, avec une marge de manœuvre pour évoluer aussi au poste de pivot. Atlanta l’a déjà utilisée dans ce rôle cette saison, contrainte par les blessures. Sa capacité à encaisser le choc au centre, à se battre au rebond et à multiplier les possessions pourrait devenir un atout majeur dans un tournoi où chaque rebond offensif pèse lourd.

Une rotation encore floue, une ambition intacte

La grande inconnue, à la veille du coup d’envoi, reste la répartition des minutes. Combien de temps Chelsea Gray passera-t-elle sur le parquet avant de laisser les commandes à Caitlin Clark ? Comment Lawson équilibrera-t-elle les responsabilités offensives entre Stewart, Young, Collier et Boston ? Quelle sera la place exacte d’Iriafen et Reese dans les matchs à enjeu ?

Les réponses viendront vite. La Chine, premier adversaire, ne laissera aucun temps d’adaptation. Pour Team USA, ce Mondial commence avec un cinq majeur réajusté, un banc chargé de talent et un objectif qui ne change jamais : l’or, rien d’autre.

La question n’est plus de savoir si cette équipe a le potentiel. Elle est de savoir comment, et à quelle vitesse, ce puzzle va s’assembler sous la pression d’un monde qui, lui, a clairement rattrapé son retard.