Tableau de performances Premier League : Leeds et Brighton brillent
Bienvenue dans la quatrième semaine de notre tableau de performances de Premier League, ce classement qui s’entête à encenser un club qui n’a toujours pas gagné le moindre match cette saison.
Rappel utile : il ne s’agit pas du classement officiel, celui qui ne jure que par les points. Ici, chaque journée repart de zéro. On juge uniquement le match du week-end, les 20 équipes remises en ligne de départ, et on les classe de 1 à 20 selon ce qu’elles ont réellement produit sur le terrain.
Dix rencontres regardées intégralement, carnet sur les genoux, du vendredi au lundi s’il le faut. On note tout, des courses sans ballon jusqu’au nombre de fois où Brian Brobbey transforme un défenseur central en plot de musculation.
Cette quatrième journée a livré plusieurs prestations monstrueuses de numéro 9, une pluie de cartons rouges qui n’a pas toujours servi l’équipe en supériorité numérique, et un but venu d’ailleurs signé par un défenseur central de 34 ans qui, en théorie, n’a plus l’âge de tenter ce genre de folie.
Voici, club par club, l’instantané de la semaine.
1. Leeds United (semaine dernière : 3e)
Leeds United 4-1 Newcastle United
« Mes garçons ont été brillants. »
Daniel Farke pouvait bomber le torse à Elland Road. La fierté dominait, même si le but encaissé à la 90e minute a laissé un léger goût d’inachevé.
Leeds a étouffé Newcastle. Surtout en première période, une vague blanche qui ne cessait de revenir. Jayden Bogle était partout, jusque devant la ligne de but de Dominic Calvert-Lewin, qu’il a contré… avant de découvrir qu’on lui créditait le but. Newcastle, groggy, n’attendait qu’une chose : la mi-temps.
Devant, Calvert-Lewin a livré une masterclass. Il a martyrisé Sven Botman et Malick Thiaw, dans les airs comme dans les duels. Un but, une passe décisive : le strict minimum au vu de sa domination. Noah Okafor, faux ailier gauche, vrai créateur, a lui aussi trouvé la faille.
Au cœur du jeu, le trio Anton Stach – Ethan Ampadu – Ao Tanaka a marché sur Newcastle, sans jamais le laisser respirer.
« Une performance de très haut niveau », a résumé Farke. Difficile de le contredire.
2. Brighton (semaine dernière : 17e)
Coventry City 0-5 Brighton
Deux mots : Lewis Dunk.
Un candidat précoce au but de la saison. Le capitaine de Brighton a scellé une victoire écrasante avec une frappe relâchée, presque nonchalante, des 30 mètres, pleine lucarne. Un geste de joueur qui sait qu’il peut se le permettre.
Et dire que Fabian Hürzeler doit composer sans trois de ses armes offensives majeures. Yankuba Minteh, Kaoru Mitoma et Georginio Rutter n’ont cumulé qu’une apparition en Premier League cette saison. Malgré ça, Brighton reste l’attaque la plus prolifique du championnat, plus de trois buts par match.
À Coventry, ce fut clinique. Malick Yalcouye a profité d’une défense apathique pour briller un peu plus encore, mystère total quand on se souvient de son faible temps de jeu à Swansea en Championship. Charalampos Kostoulas a inscrit un bijou après un enchaînement technique de haute volée, Dunk a ajouté son missile, et au milieu, Pascal Gross et Yasin Ayari, également buteurs, se sont parfaitement complétés.
Brighton joue, marque et punit. Sans forcer.
3. Nottingham Forest (semaine dernière : 13e)
Aston Villa 1-2 Nottingham Forest
« Ce n’est pas seulement la victoire. La performance, surtout en deuxième mi-temps, a été incroyable à regarder. » Oliver Glasner n’a pas survendu son équipe.
Au retour des vestiaires, Forest a pris le contrôle total. Premier sur tous les seconds ballons, agressif, sûr de lui. On se demande encore ce que Glasner a dit à la pause.
Liam Delap, homme du match, a frappé dans la minute suivant la reprise, une lourde frappe lointaine. Il a ensuite trouvé le petit filet extérieur de la tête et vu un autre but refusé. Inarrêtable.
À ses côtés, Xaver Schlager a encore rayonné avec James McAtee. L’Autrichien a multiplié les renversements de jeu et frôlé le but sur un centre de Daniel Muñoz.
Muñoz, justement, a vécu un après-midi rêvé sur le côté droit. L’expulsion d’Ian Maatsen, blessé après un contact avec McAtee (un jaune qui aurait pu être plus sévère), a laissé Villa à 10 pour les 14 dernières minutes. Le but victorieux est logiquement venu de ce côté, avec un geste subtil de Morgan Gibbs-White pour mettre tout le monde dans le vent.
Et oui, Neco Williams, on t’a vu : ce contrôle venu du ciel n’est pas passé inaperçu.
4. Manchester City (semaine dernière : 7e)
Manchester United 0-1 Manchester City
Oubliez le chaos du VAR. Regardez seulement la manière.
Réduits à 10 dès la 23e minute après le rouge direct de Phil Foden pour un geste d’humeur sur Bruno Fernandes, les joueurs d’Enzo Maresca ont transformé un cauchemar en avantage tactique.
« Ils adorent les transitions et l’espace dans le dos. À 10, on a reculé, on les a attendus, et on n’a concédé ni transition ni profondeur », a expliqué Maresca. Plan exécuté à la lettre.
Choix fort à la pause : sortir Rayan Cherki, pourtant le plus créatif, pour densifier le travail sans ballon. Iliman Ndiaye a pris le relais et a parfaitement incarné ce rôle de porteur de balle capable de remonter le bloc et de faire souffler son équipe.
« Quand il est entré, il m’a rappelé Neymar par moments. Il a été incroyable », a lancé Erling Haaland au sujet de Ndiaye.
Elliot Anderson, lui, a encore labouré chaque mètre carré du terrain. Une habitude, désormais, dans ce City-là.
5. Arsenal (semaine dernière : 1er)
Sunderland 0-2 Arsenal
Victoire moche. Mais victoire quand même.
À Sunderland, on a rarement vu le tourbillon offensif qui avait balayé Chelsea la semaine précédente. Ce n’est pas un reproche. C’est plutôt un hommage à la résistance locale et à la capacité d’Arsenal à gagner un match rugueux, sur un terrain où beaucoup vont souffrir.
Les champions ont mis les mains dans le cambouis. Mikel Arteta a une équipe qui ne rechigne pas à se salir le maillot. Au contraire, elle semble prendre plaisir à relever ce genre de défi.
Même les nouveaux s’y mettent. Bousculé à Villa Park par Matty Cash, Christos Tzolis a répondu autrement à Sunderland : décision contre lui, il a traversé la moitié du terrain pour tacler glissé, symbole d’un état d’esprit.
Derrière, David Raya, meilleur gardien de Premier League en ce moment, a encore pesé lourd : un arrêt décisif sur penalty qui a immédiatement précédé l’ouverture du score.
Entré en jeu, Bruno Guimarães a ensuite changé le match d’une frappe lointaine splendide après avoir remplacé Myles Lewis-Skelly.
Sunderland n’a jamais lâché. Arsenal n’a plus ce genre de failles mentales. Ces effondrements appartiennent au passé.
6. Hull City (semaine dernière : 16e)
Chelsea 2-2 Hull City
Le plus frappant à Stamford Bridge ? Voir Hull, promu annoncé en victime expiatoire, chercher à gagner le match en fin de partie plutôt que de protéger un point précieux.
L’équipe de Sergej Jakirović aurait même pu repartir avec les trois points si Mohamed-Ali Cho avait mieux conclu un centre parfait de Ryan Giles. Encore lui. Toujours lui.
Relégué d’office par beaucoup avant même le coup d’envoi de la saison, Hull a pourtant signé le troisième meilleur départ de l’histoire des promus en Premier League : huit points en quatre journées.
Sans ballon, on connaît la partition : 5-4-1 compact, bloc bas, couloirs fermés. Mais Hull ne se contente pas de subir. Avec le ballon, Mohamed Belloumi apporte une touche de créativité et de malice qui fait mal. Il a inscrit un doublé contre Chelsea et confirme un début de saison remarquable.
Pour mesurer la mentalité de ce groupe, il suffit de revoir Regan Slater, à la 92e minute, chiper le ballon à Valentin Barco. À Hull, personne ne s’arrête de courir.
7. Fulham (semaine dernière : 20e)
Liverpool 0-0 Fulham
Voilà enfin un Fulham digne de ce nom, Alvaro Arbeloa.
Après un début de saison pénible, sous les critiques, y compris celles de leur propre entraîneur, ce nul à Anfield est bien plus qu’un point ramené. C’est un match référence.
Sans Joachim Andersen, remplacé par David Affengruber pour sa première en Premier League, et avec Alex Iwobi positionné plus haut à gauche, Fulham a semblé métamorphosé, avec et sans ballon. Liverpool n’a presque rien créé.
Iwobi, souvent à l’intérieur du jeu, a multiplié les combinaisons avec Antonee Robinson dans ce rôle « d’ailier intérieur dans le demi-espace » décrit par Arbeloa. Devant, Josh King a fait du Josh King : appels en profondeur, crochet qui envoie Dominik Szoboszlai au sol, et une activité qui donne l’impression que les supporters de Fulham doivent en profiter tant qu’il est là.
Il n’a manqué qu’un but. Il aurait dû venir sans l’intervention héroïque de Jeremy Jacquet, qui a dégagé sur sa ligne une tentative de Gonzalo Garcia.
8. Bournemouth (semaine dernière : 5e)
Bournemouth 2-2 Brentford
Marco Rose l’a dit : « J’ai aimé la façon dont on a attaqué. Même après l’égalisation, j’avais le sentiment qu’on pouvait gagner. »
Bournemouth donne envie de s’attacher. Chaque semaine, le contenu est séduisant, chaque semaine, le résultat déçoit. Quand on regarde les 90 minutes plutôt que le score brut, l’impression est toujours la même : cette équipe joue bien.
Une séquence, dans le dernier quart d’heure, résume tout : départ dans leur propre camp, une combinaison Ryan Christie – Alex Scott – Tyler Adams – Marcus Tavernier, football fluide, lignes cassées. Et au bout, une frappe ratée de Rayan. Tout est là : la qualité jusqu’aux 20 derniers mètres, puis le geste manqué.
Antonio Silva, Rayan (plus tôt dans le match) et Scott ont tous gâché des occasions nettes, alors qu’Evanilson, lui, a fait souffrir Brentford par son jeu dos au but et ses appels. Silva l’a trouvé plusieurs fois sur de longues passes millimétrées.
« Un client compliqué », a reconnu Keith Andrews, coach de Brentford.
Problème récurrent : Bournemouth a encore laissé filer un avantage. Quatrième match de suite. Les erreurs individuelles coûtent cher.
9. Ipswich Town (semaine dernière : 19e)
Crystal Palace 2-3 Ipswich Town
Match étrange. Gary O’Neil estime que son Ipswich mérite la victoire. Les chiffres lui donnent raison : plus de tirs, plus de frappes cadrées, plus de touches dans la surface adverse, un xG au moins deux fois supérieur à celui de Palace.
Et pourtant, à 11 contre 10 après le rouge d’Axel Disasi en première période, Ipswich a souffert. Longtemps. À 2-2, Anan Khalaili, seul au second poteau, a eu le but de la victoire pour Palace au bout du pied. Il a tout raté.
O’Neil a aussi rappelé les occasions manquées juste après la pause. À juste titre. Mais il a surtout mis en lumière la performance de Leif Davis. Le latéral gauche est l’un des hommes forts de ce début de saison. Contre Palace, il a offert un centre somptueux pour le premier but, marqué le deuxième, puis provoqué le troisième avec une tête sur la barre, reprise derrière.
Pas mal, pour un défenseur.
10. Sunderland (semaine dernière : 2e)
Sunderland 0-2 Arsenal
Vous cherchez un cours magistral de jeu dos au but ?
Bienvenue au fan-club de Brian Brobbey.
Les chiffres viennent d’un carnet, pas d’Opta. 94e minute : Nordi Mukiele trouve Brobbey dans les pieds. Pour la neuvième fois du match, l’attaquant de Sunderland se cale dans le dos d’Ezri Konsa, le bloque, protège le ballon, et le remet proprement à un coéquipier. Brobbey a été presque injouable.
Sunderland a joué sur ses forces : verticalité, intensité, duels. Dès les premières secondes, Granit Xhaka chipe le ballon à Myles Lewis-Skelly. Moins de deux minutes de jeu, Brobbey presse et renverse Konsa. Message envoyé à Arsenal : ce sera un combat.
Le match s’est joué sur deux instants. Un penalty d’Enzo Le Fée repoussé par David Raya. Puis, dans la foulée, le bijou de Bruno Guimarães pour Arsenal.
Le contenu, lui, donne envie d’en voir plus de cette équipe de Sunderland.
11. Chelsea (semaine dernière : 8e)
Chelsea 2-2 Hull City
Encaisser des buts, c’est devenu une seconde nature à Chelsea. Vingt matchs de Premier League sans clean sheet. Hull est simplement le dernier à en profiter.
L’équipe de Xabi Alonso est déroutante. Capable de combiner avec brio, comme sur le premier but où Cole Palmer, Joao Pedro et Morgan Rogers ont déchiré la défense en sept minutes. Puis de se saborder derrière comme une défense de dessin animé.
Sur l’égalisation de Hull, un principe de base est bafoué : « Ne laisse pas le ballon rebondir. » Chelsea l’a laissé rebondir deux fois. Malo Gusto, Jorrel Hato et Wesley Fofana sont tous impliqués.
« Si tu es tendre, si tu n’es pas prêt, tu es puni. Et on a été punis », a lâché Alonso.
Au-delà des erreurs individuelles, la structure défensive pose problème. Chelsea est trop ouvert en transition, et le vide laissé au milieu par l’absence de Moises Caicedo saute aux yeux.
Le spectacle, lui, est garanti. Dans les cinq dernières minutes, Palmer, Rogers, Joao Pedro, Estevão et Danny Welbeck poussaient pour la victoire d’un côté, pendant que Hull pressait à outrance un Valentin Barco dépassé de l’autre.
12. Everton (semaine dernière : 9e)
Tottenham Hotspur 0-0 Everton
Point gagné ou occasion manquée ?
David Moyes a reconnu que Spurs avait failli balayer Everton dans le premier quart d’heure. Mais il a aussi rappelé une réalité : « Le gardien n’a pas eu grand-chose à faire. »
Jordan Pickford a eu deux vrais arrêts à effectuer. Un tir sans puissance de Matheus Fernandes juste après la pause. Puis une parade en toute fin de match pour effacer sa propre erreur de relance.
Everton a parfois plié, jamais rompu. Jarrad Branthwaite a multiplié les interventions décisives, deux contres notamment sur Fernandes et Sandro Tonali. Devant lui, James Garner a gratté des ballons, coupé des lignes de passe, et s’est projeté quand il le pouvait.
C’est lui qui initie la meilleure action offensive des Toffees, en combinant avec Kiernan Dewsbury-Hall avant de servir Brennan Johnson. Dewsbury-Hall a aussi eu une belle opportunité après une passe suicidaire d’Antonin Kinsky, ce fameux « ballon le plus dangereux du football » joué au mauvais moment, comme Alisson l’avait fait contre Fulham.
Everton n’a pourtant pas assez tenté pour emporter le match. Fallait-il montrer plus d’ambition face à une équipe de Spurs en plein doute ?
13. Tottenham Hotspur (semaine dernière : 14e)
Tottenham Hotspur 0-0 Everton
Copier-coller.
Quinze premières minutes prometteuses. Du rythme, des courses, de l’envie.
Mais même dans ce bon passage, Tottenham n’a jamais semblé vraiment menaçant. À la 6e minute, Savio lance Matheus Fernandes. Il doit frapper. Il choisit de rouler le pied sur le ballon. Occasion envolée.
Cette équipe transpire le manque de confiance. Après le quart d’heure initial, tout s’est ralenti. Sécurité maximale. Passes latérales. Jeu sans prise de risque.
Une séquence illustre la frustration. 38e minute : Micky van de Ven récupère le ballon au milieu. Tonali joue sur Fernandes à six mètres. Fernandes lui remet. Tonali rejoue à Rodrigo Bentancur, collé à Fernandes. Bentancur redonne à Tonali. Personne ne avance, personne n’ose. Le public s’agace. Roberto De Zerbi aussi.
Cinq minutes avant la fin, Mohammed Kudus et Lucas Bergvall se rendent une passe inutile qui énerve autant le banc que les tribunes.
Bilan offensif : deux tirs cadrés. L’un accueilli par des applaudissements ironiques.
14. Brentford (semaine dernière : 18e)
Bournemouth 2-2 Brentford
Ce n’était pas le Brentford conquérant qui avait écrasé Spurs lors de la première journée et dominé Leeds une mi-temps entière à Elland Road.
Kevin Schade, auteur d’un doublé, a reconnu que son équipe était « chanceuse » de repartir avec un point.
Ses deux buts ont été les seuls tirs cadrés de Brentford. L’un offert sur un plateau par une relance ratée de Djordje Petrovic. Le reste du temps, pas de rythme, peu d’idées, même en menant au score. Brentford a surtout profité de l’inefficacité chronique de Bournemouth.
Mamadou Sangaré a participé à la récupération qui amène le premier but, en chipant le ballon à Adrien Truffert, mais il n’a pas retrouvé le niveau des deux premières journées.
L’inquiétude majeure porte ailleurs : Igor Thiago. Toujours aucun but en Premier League, peu d’impact à Bournemouth. Pour l’instant, la menace offensive de Brentford se résume presque à Schade.
15. Liverpool (semaine dernière : 4e)
Liverpool 0-0 Fulham
« C’est le genre de match que tu dois parfois gagner sur un coup de pied arrêté ou un éclair de tes attaquants », a reconnu Andoni Iraola.
Liverpool a eu quelques coups de pied arrêtés, dont une tête de Victor Muñoz bien repoussée par Bernd Leno, et une demi-occasion pour Alexander Isak dans les dernières secondes. L’éclair, lui, n’est jamais venu.
Bradley Barcola manque encore de rythme. Florian Wirtz a traversé le match sans poids réel, malgré un joli coup du foulard pour lancer Barcola en seconde période. Le centre en retrait n’a trouvé personne. Toute l’après-midi résumée en une action : de bonnes intentions, zéro tranchant.
Après deux succès consécutifs contre Ipswich et Atletico Madrid, Liverpool est apparu émoussé, sans idées, sans énergie.
Fulham, sur le papier, n’était pas un ogre. Mais Liverpool n’a ni accéléré, ni haussé le niveau technique pour le faire craquer.
16. Aston Villa (semaine dernière : 15e)
Aston Villa 1-2 Nottingham Forest
« Vu notre prestation, on ne méritait pas mieux. »
Unai Emery a pesté contre le tacle de James McAtee sur Ian Maatsen, qu’il aurait voulu voir sanctionné d’un rouge. Mais sur le résultat, il n’a rien contesté. « En deuxième mi-temps, on a été très, très pauvres. »
Forest a tiré 22 fois, Villa seulement 7. Emery a tout tenté pour inverser la tendance, brûlant ses cinq changements avant la 63e minute. Mauvais calcul : quand Maatsen a dû sortir blessé, Villa a fini à 10.
Au milieu, c’était le chaos. Dès la première minute de la seconde période, Ross Barkley et Boubacar Kamara ont perdu des ballons dangereux dans leur camp. Sur celui de Kamara, Delap a ouvert le score et donné à Forest ce point d’ancrage offensif qui a tant manqué à Villa.
Nicolas Jackson, censé tenir ce rôle, a quitté la pelouse à la pause, menacé par un second jaune. Tammy Abraham, entré à sa place, est passé complètement à côté.
La journée s’est conclue par une image cruelle : Johan Manzambi, pour sa première touche de balle sous le maillot de Villa, envoyant une volée directement en touche.
17. Manchester United (semaine dernière : 10e)
Manchester United 0-1 Manchester City
Rappel nécessaire : ce classement juge la performance, pas le score. On met donc de côté la décision catastrophique du VAR sur le but d’Erling Haaland.
Sur le terrain, United a été très faible. Paradoxalement, le rouge de Phil Foden a sans doute été la pire nouvelle possible pour l’équipe de Michael Carrick. Face à un City à 10, United a joué lentement, sans imagination, sans angle de passe.
Les deux plus grosses alertes sont venues de loin, avec Marcus Rashford et Kobbie Mainoo trouvant le poteau. Il a fallu attendre la 70e minute pour voir le premier tir cadré des Red Devils après l’expulsion de Foden.
Des cadres ont sombré. Bruno Fernandes, méconnaissable. Les choix de Carrick interrogent : comment Benjamin Sesko, vrai avant-centre, n’est-il pas entré plus tôt contre une défense à 10 ?
Une journée qui rappelle l’écart de qualité entre les deux effectifs. Et le ridicule d’un VAR incapable d’apporter de la justice.
18. Crystal Palace (semaine dernière : 11e)
Crystal Palace 2-3 Ipswich Town
« On doit empêcher les centres et être plus agressifs dans la surface. »
Pierre Sage a visé juste. Une fois encore, Palace a livré un match chaotique, et cette fois, la pièce est retombée du mauvais côté.
La semaine précédente, Palace avait déjà flirté avec la correction contre Fulham. Ipswich n’a pas pardonné.
Le rouge d’Axel Disasi en première période complique évidemment la tâche. Mais son tacle inconsidéré sur Jack Clarke n’explique pas tout. Les lacunes défensives sont structurelles.
Comment Emersonn peut-il placer une tête totalement libre entre Disasi, occupé à lever le bras pour réclamer un hors-jeu, et Honest Ahanor, perdu entre deux zones, alors que Palace aligne trois centraux ? Pourquoi Daichi Kamada recule-t-il sans intervenir lorsque Tyrick Mitchell se retrouve en 2 contre 1 avant le deuxième but ? Qui Anan Khalaili et Chris Richards marquent-ils vraiment sur le centre suivant ? Pourquoi Will Hughes ou Ahanor ne coupent-ils pas le centre de Julio Enciso sur le troisième ? Et comment Khalaili laisse-t-il encore Leif Davis gagner un duel aérien dans la foulée ?
Et cette question, surtout : comment Khalaili a-t-il pu manquer cette occasion en or à 2-2 ?
Les interrogations s’accumulent. Les réponses, elles, se font attendre.
19. Coventry City (semaine dernière : 6e)
Coventry City 0-5 Brighton
« On a fait de bonnes choses, mais ensuite le match est devenu très difficile pour nous. »
Frank Lampard n’a pas menti. Coventry a eu quelques séquences intéressantes. Trop brèves. Beaucoup trop brèves.
Le match était plié à la 53e minute. Taiwo Awoniyi venait de voir rouge, peu après un deuxième but offert à Brighton sur une erreur grossière : Aurele Amenda devait absolument devancer Malick Yalcouye sur ce ballon.
Cette équipe de Coventry est fragile, naïve même, derrière. On l’avait déjà vu contre Hull City. Brighton l’a simplement mis à nu. Sur le penalty du 3-0, Charalampos Kostoulas devance Bobby Thomas d’un rien. Ce « rien » symbolise tout : Brighton a été un cran au-dessus dans tous les domaines.
Coventry s’est tout de même procuré des occasions, surtout autour de la demi-heure. Bart Verbruggen a été solide, mais c’est surtout le manque de conviction dans le dernier geste qui inquiète. Le thème commence à devenir récurrent.
20. Newcastle United (semaine dernière : 12e)
Leeds United 4-1 Newcastle United
Alan Shearer a résumé la première période sur X : « un show de m**** absolu de la part du Toon ». À la mi-temps, Newcastle était déjà mené 3-0. Le quatrième but de Leeds n’a pas tardé.
Pendant une heure, Newcastle a été méconnaissable. Dominic Calvert-Lewin a roulé sur la charnière Sven Botman – Malick Thiaw. Au milieu, la sortie de Nico Gonzalez sur commotion à la 19e minute a tout déséquilibré. Sean Steur, 18 ans, a rejoint Lewis Miley, 20 ans, dans l’axe. Mission impossible face au trio Stach – Ampadu – Tanaka.
Pire encore, la passe ratée de Steur amène le deuxième but de Leeds, officiellement attribué à Jayden Bogle mais né d’un duel aérien monstrueux de Calvert-Lewin, dominant Botman et Thiaw d’une détente incroyable.
Submergé au cœur du jeu, Newcastle a été faible derrière et inoffensif devant. Il a fallu un grand ménage sur le banc pour voir un semblant de réaction : six des sept tirs des Magpies sont venus en deuxième mi-temps.
Trop tard. Le mal était déjà fait. Et le tableau de performances, lui, ne pardonne rien.




