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Sri Lanka s’effondre après un départ idéal contre l’Angleterre

Pendant une demi-heure, Sri Lanka a cru tenir le match par le bon bout. 56 sans perdre le moindre wicket, la balle glissant proprement depuis la batte, le tempo parfaitement maîtrisé. Puis, en l’espace de quelques minutes, tout s’est disloqué. Quatre wickets pour 33 runs. Une manche relancée, presque renversée, par un duo anglais aussi discret qu’impitoyable : Liam Dawson et Jamie Overton.

Dawson, un over qui change tout

L’instant bascule au dernier over du powerplay. Lahiru Udara, installé, 21 runs au compteur, décide de tester immédiatement l’entrée de Liam Dawson. Mauvais pari. Il tente de le survoler plein champ, mais trouve face à lui la haute silhouette de Jamie Overton à mid-on. Prise sûre, Udara doit partir. Sri Lanka est à 56-1, un simple accroc en apparence.

La balle suivante transforme l’accroc en fracture. Kamil Mishara, qui avait ouvert mardi mais descend d’un cran aujourd’hui, affronte sa première livraison. Il pousse la balle, sans conviction, droit dans les mains du lanceur. Dawson se baisse, se saisit du ballon : c’est un c&b implacable. Mishara repart pour 0, deux wickets en deux balles, et d’un coup, le calme sri-lankais se transforme en nervosité palpable.

Sur BBC Radio 5 Sports Extra, Dawid Malan ne mâche pas ses mots : pour un gaucher, se faire piéger ainsi par un left-arm spinner, c’est une déception. Dawson, lui, ne se plaint pas. Son premier over : six balles, deux wickets, un seul run concédé. La fin du powerplay, et le début d’une autre histoire.

Overton impose sa loi

Sorti du powerplay, Sri Lanka tente de se réorganiser. 61-2, puis 70-2. Liam Dawson continue de serrer le jeu, mais c’est l’entrée de Jamie Overton qui va enfoncer le clou.

Son premier over ressemble à une mise en jambes : une wide, quelques simples, rien de spectaculaire, mais déjà un rythme cassé. Les batteurs sri-lankais, jusque-là à l’aise, se retrouvent à gratter les runs plutôt qu’à dicter le tempo. Pathum Nissanka doit même se défendre sur un full toss ralenti, une sorte de knuckle ball qui avait déjà fait des dégâts à Southampton. Un rappel discret : Overton a plus d’un tour dans son sac.

La pression finit par craquer. À 75-2, Nissanka, 37 runs, cherche à s’imposer. Son over contre Overton commence mal : cinq simples seulement sur les cinq premières balles. Le tableau d’affichage se fige, l’impatience s’installe. Il tente alors un pull, mais le timing le trahit. La balle monte, sans puissance, et trouve directement Harry Brook à mid-on. Catch de routine, wicket capital. Sri Lanka tombe à 75-3, et le doute s’installe pour de bon.

Mendis, éclair puis chute

Kamindu Mendis arrive dans un contexte tendu. Le score est à 84-3, l’Angleterre a repris la main, le public sent le tournant. Mendis, lui, répond d’abord avec audace.

Face à Adil Rashid, qui lance son premier over, il ose le reverse sweep. La balle file derrière le keeper pour quatre. Geste de confiance, presque de défi. Il enchaîne avec deux courses de deux runs plein champ, dont une arrachée en sprint pour battre le lancer vers Jos Buttler. Sri Lanka respire un peu, remonte à 84-3, croit voir un début de reconstruction.

Mais Overton revient, et la marge d’erreur se réduit à rien. Mendis vient de couper une balle large pour quatre. Il tente exactement le même coup sur une livraison similaire. Cette fois, la chance l’abandonne. Il choppe la balle dans ses propres stumps. Bowled. Mendis s’arrête à 12, Sri Lanka s’écroule à 89-4.

D’un 56-0 serein à un 89-4 fébrile, la bascule est brutale. L’attaque anglaise, longtemps contenue, a trouvé ses failles et s’y engouffre sans pitié.

Une manche à recoller

Les chiffres racontent l’essentiel : quatre wickets pour 33 runs après un départ idéal. Dawson a brisé l’élan au moment parfait, Overton a capitalisé avec une précision clinique, Brook et Overton ont assuré dans le champ, Rashid a ajouté la menace de son spin.

Sri Lanka, qui semblait installé dans un après-midi tranquille, se retrouve désormais à recoller les morceaux d’une manche fissurée de partout. La question n’est plus de savoir jusqu’où cette équipe peut monter, mais si elle parviendra seulement à se relever de ce passage à vide au moment où l’Angleterre a enfin serré l’étau.