Shelton renverse Griekspoor et rallume la flamme américaine
Ben Shelton a vacillé, puis il a mordu. Bousculé d’entrée, nerveux, presque méconnaissable, l’Américain a fini par retourner la nuit du Arthur Ashe Stadium à son avantage pour dominer Tallon Griekspoor 1-6, 6-1, 7-6(3), 6-2 au premier tour de l’US Open.
Un début de match cauchemardesque, une sortie pleine d’autorité. Le contraste est saisissant, mais dit beaucoup du joueur qu’il devient.
Un premier set catastrophique
Shelton, tête de série numéro 8 et meilleure chance américaine chez les hommes, a pris la lumière comme on prend un uppercut. Crispé, débordé, il concède 14 fautes directes dans la première manche, dont deux doubles fautes, et ne garde son service qu’une seule fois. Griekspoor, lui, déroule, agressif sur chaque seconde balle, implacable en moins de trente minutes.
L’Américain ne s’en cache pas : « J’ai commencé un peu nerveux ce soir », reconnaît-il. Et cela se voit. Timing en retard, déplacement lourd, incapacité à installer l’échange. Face au Néerlandais, qui arrive à New York porté par son énorme victoire sur Alexander Zverev à Montréal, la sanction est immédiate.
Le déclic dans le deuxième set
Puis le match bascule. Brutalement.
Shelton trouve enfin la longueur, surtout sur son premier service. Sa mise en jeu se tend, sa gestuelle se libère. Les jeux défilent dans l’autre sens. L’Américain casse le rythme, agresse en retour, prend la balle plus tôt. Trois breaks, un 6-1 sec pour répondre au 1-6 initial. Même score, autre histoire.
Griekspoor, qui jusque-là dictait l’échange, commence à subir. Sa filière d’attaquant, si efficace au départ, se grippe. « Tallon ne te donne pas beaucoup de rythme, il a un style très offensif et j’ai trouvé les choses vraiment difficiles dans le premier set », explique Shelton. Désormais, c’est lui qui impose la cadence.
Le tournant du tie-break
La troisième manche se tend. Les deux hommes tiennent leurs engagements, les échanges se font plus courts, plus tranchants. Shelton domine par séquences, mais Griekspoor s’accroche. Impossible de les départager avant le jeu décisif.
Le tie-break, lui, ne laisse aucun doute. Les erreurs du Néerlandais le condamnent. Sa sixième double faute de la rencontre tombe au pire moment, offrant à Shelton un avantage qu’il ne lâchera plus. L’Américain verrouille le set, poing serré, regard fixe. Le match vient de changer de propriétaire.
Une fin de match maîtrisée
Libéré, Shelton marche sur le quatrième set. Il s’échappe 4-0, étouffe complètement Griekspoor, désormais en retard sur chaque démarrage. Le service de l’Américain claque, sa couverture de terrain s’intensifie, son langage corporel raconte un tout autre joueur que celui du premier set.
La conclusion est nette : 6-2, sans frayeur. Le public du Arthur Ashe Stadium, longtemps silencieux devant son début de match raté, se lève pour saluer le réveil de celui qui rêve de devenir le premier vainqueur américain depuis 2003.
Shelton n’a toujours pas de titre du Grand Chelem, et sa saison dans les tournois majeurs n’a pas été à la hauteur de ses ambitions. Mais il arrive à New York avec un trophée important dans la valise, celui de son titre conservé au Canadian Open. La dynamique est là, le bras aussi.
Au deuxième tour, un autre test l’attend : Hubert Hurkacz. Un serveur massif, un joueur solide, un obstacle sérieux. Pour Shelton, la question est simple désormais : ce retour enflammé n’est-il qu’un sursaut, ou bien le véritable départ de sa campagne à domicile ?




