LaLiga : Séville–Barça sous tension avec Martínez Munuera
Le choc au sommet entre Sevilla et Barcelona, samedi au Ramón Sánchez Pizjuán, avait déjà tout pour électriser la septième journée de LaLiga. La désignation de l’arbitre vient d’y ajouter une couche explosive : la Fédération espagnole a confié la rencontre au Valencien Juan Martínez Munuera, sans doute l’arbitre le plus contesté de l’histoire récente du Barça.
Le comité technique des arbitres a officialisé les désignations : Martínez Munuera sera au sifflet, avec Raúl Martín González en charge du VAR. Sur le papier, un duo comme un autre. Dans la mémoire des Barcelonais, un rappel immédiat d’une longue série de décisions qui ont laissé des cicatrices.
Un passif qui pèse lourd
Depuis plus de dix ans, Martínez Munuera croise régulièrement la route de Barcelona. Plus de trente matches arbitrés depuis 2013, dont deux finales : la Copa del Rey 2021, remportée 4-0 face à Athletic Bilbao, et la Supercoupe d’Espagne 2024, perdue 4-1 contre Real Madrid. Une présence constante… et rarement neutre dans le débat public catalan.
La saison 2025-2026 a encore épaissi le dossier. Le Valencien a dirigé trois rencontres du Barça : une victoire 3-0 contre Athletic Bilbao, le terrible 4-0 encaissé face à Atlético Madrid en Copa del Rey, puis le spectaculaire 5-2 infligé à Sevilla le 15 mars 2026. C’était sa dernière apparition avec les Andalous comme adversaires. Samedi, il retrouvera à la fois le Barça de Hansi Flick et le Pizjuán. Le décor est planté.
La nuit de la Copa à Madrid, point de rupture
Le point de bascule le plus récent remonte à la demi-finale aller de Copa del Rey, en février dernier, entre Atlético Madrid et Barcelona au Wanda Metropolitano. Martínez Munuera était alors au centre. La soirée a tourné au cauchemar pour les Catalans.
D’abord ce tacle violent de l’Argentin Giuliano Simeone sur Alejandro Baldé. Beaucoup voyaient un rouge évident. L’arbitre a sorti le jaune. Dans la salle vidéo, Pablo González Fuertes n’a pas corrigé la décision. Pas d’appel, pas d’expulsion. La colère a immédiatement gagné le banc de Hansi Flick, et le club a envisagé de déposer une réclamation officielle.
Puis est venu l’épisode le plus déroutant : un but du jeune défenseur Pau Cubarsí, annulé pour hors-jeu après une interminable révision d’environ sept minutes. La raison ? Une panne du système de hors-jeu semi-automatique, qui a obligé l’équipe VAR à tracer les lignes manuellement. Le comité d’arbitrage a reconnu l’incident par la suite. Sur le moment, pour le Barça, c’était un symbole de plus d’un soir à sens unique.
Au tableau d’affichage, le verdict a été brutal : défaite 4-0 au Wanda Metropolitano. Au retour, Barcelona a réagi avec un succès 3-0, trop court pour renverser la qualification. Martínez Munuera était encore là, cette fois comme arbitre VAR. Impossible pour les Catalans d’oublier ce doublé de désignations dans une élimination aussi lourde.
Le “Alhamdulillah” qui a embrasé le Clásico
L’épisode le plus célèbre, celui qui a véritablement installé le nom de Martínez Munuera au cœur des polémiques blaugrana, remonte pourtant au Clásico de mai 2025. Il n’était pas sur la pelouse, mais dans la salle VAR.
Dans le temps additionnel, Fermín López pense offrir un but crucial à Barcelona. La joie dure quelques instants. Le but est finalement refusé pour une main, après intervention de la vidéo. Jusque-là, un scénario déjà vu. Ce qui a tout changé, ce sont les enregistrements audio de la salle VAR.
Pendant la révision, on entend une voix lancer « Loué soit Dieu ». Selon le quotidien catalan Sport, cette voix serait celle de Martínez Munuera, alertant l’arbitre principal Alejandro Hernández Hernández de l’infraction de main. La Fédération et le comité d’arbitrage ont interprété cette phrase comme un simple soupir de soulagement, heureux d’avoir repéré la faute avant la validation du but. L’explication n’a pas calmé la tempête côté catalan.
Dans l’entourage du Barça, cet instant est devenu un symbole. Un fragment audio, quelques mots, et toute une relation déjà fragile entre le club et l’arbitre s’est retrouvée à nu.
Un nouveau test brûlant au Pizjuán
Samedi, au Ramón Sánchez Pizjuán, Martínez Munuera dirigera son premier match du Barça de la saison 2026-2027. Pas n’importe lequel : un duel au sommet, dans un stade bouillant, face à un Sevilla qui connaît lui aussi très bien le Valencien après ce 5-2 encaissé en mars dernier.
Chaque coup de sifflet sera scruté, chaque appel au VAR décortiqué. Le passé ne s’efface pas, il accompagne l’arbitre sur la pelouse. Pour certains, c’est l’occasion de tourner la page. Pour d’autres, la peur d’un nouvel épisode à ajouter au dossier.
Une chose est sûre : avec Juan Martínez Munuera au centre, ce Séville–Barça ne manquera ni de tension, ni de débats. Reste à savoir si cette fois, on parlera surtout de football. Ou encore d’arbitrage.




