Rybakina brise la dynastie de Sabalenka à l'US Open
À Flushing Meadows, la série s’arrête. Aryna Sabalenka, en quête d’un troisième sacre consécutif à l’US Open, a cédé sous les frappes d’Elena Rybakina, victorieuse 6-4, 5-7, 6-2 au terme d’une finale tendue, parfois brutale, souvent magnifique.
Rybakina brise la dynastie
Sur le papier, c’était l’affiche rêvée : les deux meilleures joueuses du monde face à face sur l’énorme scène de New York. Sur le court, le choc a tenu ses promesses. Rybakina a pris le contrôle du premier set, plus précise, plus tranchante dans les moments clés, laissant Sabalenka courir derrière le score.
La Biélorusse a vacillé, multipliant les fautes directes, incapable par séquences de trouver la réplique rapide pour enrayer la montée en puissance de son adversaire. Les signes d’agacement se sont accumulés. Les regards vers son clan, les gestes d’humeur, le langage corporel d’une championne qui sent le match lui glisser entre les doigts.
Et pourtant, Sabalenka a refusé de lâcher. Dos au mur, elle a arraché le deuxième set 7-5, dans un sursaut de grande joueuse, relançant brutalement la finale et ses propres espoirs de triplé. Le stade s’est embrasé, le combat semblait basculer.
Le dernier set, la marque des grandes
La réaction de Rybakina a été implacable. Là où d’autres auraient douté, la Kazakhe a haussé le ton. Plus agressive en retour, chirurgicale au service, elle a étouffé Sabalenka dans la manche décisive. Le score, 6-2, dit la domination, mais pas forcément la tension de chaque échange, ni la pression qui montait à chaque point.
La délivrance est venue sur un ace, plein centre. Un service gagnant pour conclure, un chèque de 7,6 millions de dollars australiens en poche, et surtout un troisième titre du Grand Chelem dans la carrière de Rybakina, après Wimbledon 2022 et l’Open d’Australie plus tôt cette année. Il ne lui manque plus que Roland-Garros pour compléter le tableau.
Elle s’est tournée vers son équipe, bras levés, sourire incrédule. Pendant ce temps, de l’autre côté du filet, la frustration de Sabalenka a explosé.
La colère de Sabalenka, puis l’étreinte
En se dirigeant vers le filet, Sabalenka a soudain projeté sa raquette à travers le court. Le choc a suffi à la briser. Un geste violent, symbole d’une soirée où ses émotions l’ont parfois débordée. Elle a ensuite ramassé l’arme fracturée de son combat perdu, avant de venir étreindre Rybakina au filet.
Depuis le bord du court, l’ancien champion australien Todd Woodbridge n’a pas mâché ses mots à la télévision. Pour lui, ce geste disait tout de l’état intérieur de la Biélorusse. Il a pointé du doigt cette difficulté persistante à maîtriser ses émotions dans les grands rendez-vous, rappelant qu’« il n’est jamais facile de perdre », mais que « les grands champions ne se comportent pas vraiment comme ça ». Il a aussi souligné que Sabalenka avait laissé transparaître trop tôt, dès le deuxième set, qu’elle « sentait la chaleur », offrant à son adversaire un avantage psychologique.
Sur la chaise, au moment de la remise des trophées, Sabalenka a tenté de reprendre le contrôle. Les larmes n’étaient jamais loin. Micro en main, elle a remercié le public, salué le tournoi, avoué sa déception, tout en rendant hommage à l’année d’Elena Rybakina. Elle a glissé qu’elle aurait aimé « un peu mieux jouer », avant de se projeter déjà vers « l’année prochaine ».
Rybakina, la douleur et New York
La nouvelle reine de New York, elle, a confié sa surprise. Elle a expliqué qu’elle n’attendait « rien de tel » en arrivant à ce tournoi, rappelant qu’elle gérait un problème au tendon d’Achille. Pourtant, tout s’est aligné pour elle au fil des jours, jusqu’à cette finale remportée face à la tenante du titre.
Elle a salué Sabalenka, « grande championne » qui l’a poussée « dans ses retranchements », puis s’est laissée gagner par l’émotion en évoquant son lien grandissant avec New York. Elle a parlé d’une atmosphère « incroyable », presque irréelle, d’une ville dont elle tombe « de plus en plus amoureuse ».
Une histoire de blessures, de doutes, de puissance et de sang-froid. Une finale de poids lourds qui consacre une joueuse désormais installée tout en haut, et qui laisse l’autre avec une raquette brisée et un objectif reporté.
La saison de grands rendez-vous continue pourtant. Et pendant que Sabalenka rumine cette nuit new-yorkaise, Elena Rybakina, elle, avance, avec un seul Grand Chelem manquant à son palmarès. La question plane déjà : jusqu’où ira-t-elle avant que la terre battue de Paris ne lui cède, elle aussi ?




