Roberto De Zerbi et les choix tactiques avant Newcastle
Roberto De Zerbi a des décisions de riches à prendre. Et un vestiaire plein de dynamite offensive à gérer avant la réception de Newcastle.
L’ailier égyptien, resté sur le banc lors du succès renversant 2-1 contre Bournemouth le week‑end dernier, va bien. Pas de pépin physique, aucune alerte particulière à signaler. Le débat n’est pas médical, il est tactique : le technicien italien doit trancher. Faut‑il le lancer d’entrée à la place de Richarlison ou de Dominic Solanke, ou le garder comme arme de luxe pour la dernière demi‑heure ?
Savio, transfert XXL, pression immédiate
Dans ce casse‑tête offensif, un autre nom s’impose déjà : Savio. Le Brésilien, recruté à City pour un montant pouvant grimper jusqu’à 85 millions de livres, n’a pas perdu de temps pour annoncer la couleur. Pour sa première apparition à Londres, en Carabao Cup, il a signé un but et une passe décisive contre Charlton. Entrée fracassante, message clair : il veut sa place, tout de suite.
De Zerbi l’a entendu. Savio est désormais en lice pour une première titularisation pleine et entière. Le coach ne cache pas qu’il le voit déjà comme une option crédible dès le coup d’envoi. L’enthousiasme est réel, mais le calendrier est dense, les exigences du championnat impitoyables. Faut‑il surfer sur la vague ou protéger le joueur dans ses premières semaines ? Là encore, la ligne de crête est fine.
Van de Ven, Porro, Kudus : la ligne de fond s’anime
Derrière, le décor bouge aussi. Micky van de Ven et Pedro Porro ont retrouvé le terrain contre Charlton, avec quelques minutes en sortie de banc pour lancer leur saison. Assez pour revenir dans la conversation au moment de composer le onze face à Newcastle.
De Zerbi l’a confirmé : les deux hommes sont désormais en lice pour débuter. Mais le cas Van de Ven reste particulier. Le défenseur néerlandais traîne un historique chargé de blessures musculaires depuis son arrivée. Le staff avance donc avec prudence. Le joueur est « prêt à jouer », assure l’entraîneur, mais la tentation de le ménager demeure forte, surtout au moment d’attaquer une séquence déjà décisive.
Mohammed Kudus, lui, pousse pour accrocher au moins une place sur le banc. Encore un profil offensif capable de changer le rythme d’un match en quelques touches de balle. Encore un dilemme pour De Zerbi, qui voit sa marge de manœuvre grandir, mais sait aussi que chaque choix laissera un talent de côté.
Udogie, Robertson, Marmoush : des retours qui comptent
Le technicien italien a aussi salué le retour progressif de Destiny Udogie, élément clé de son animation. Le latéral a disputé 60 minutes, exactement comme prévu par le staff. Une « bonne nouvelle » pour De Zerbi, qui le place au cœur de son projet de jeu. Robertson suit une trajectoire comparable, avec la même idée : remettre des pièces maîtresses sur le terrain sans brûler les étapes.
Dans le secteur offensif, Marmoush entre également dans le calcul. L’Égyptien est « disponible pour jouer », y compris dès le début du match selon son entraîneur. Une phrase lourde de sens, qui en dit long sur la concurrence interne et sur la volonté de maintenir une pression constante sur les titulaires annoncés.
Maddison, le cas à part
Reste un dossier géré avec une attention presque chirurgicale : James Maddison. À 29 ans, le meneur de jeu sort d’une période morcelée, faite de coups d’éclat et d’interruptions forcées. Interrogé sur la patience nécessaire du public, De Zerbi a été clair : le club suit un plan précis pour le ramener au plus haut niveau, sans le précipiter.
L’objectif n’est pas de le revoir vite, mais de le revoir longtemps. Enchaîner les matches, retrouver le rythme, redevenir le métronome attendu. Tout l’enjeu est là.
Entre la tentation d’aligner toutes ses armes offensives et l’obligation de protéger des organismes fragiles, De Zerbi avance sur un fil. Newcastle arrive, le calendrier s’alourdit, la saison ne pardonnera pas les faux pas. La vraie question, désormais : jusqu’où peut‑il pousser ce groupe sans casser la machine ?




