Rishabh Pant et Sanjiv Goenka : une relation qui perdure
Le transfert a été acté, les chiffres ont circulé, les maillots ont changé de couleur. Pourtant, entre Sanjiv Goenka et Rishabh Pant, l’histoire ne s’est pas arrêtée au moment où le wicketkeeper a quitté Lucknow Super Giants pour retrouver Delhi Capitals.
Invité du podcast de Shubhankar Mishra, le propriétaire de LSG a levé le voile sur une relation qui dépasse le simple cadre d’un tableau de transferts. Interrogé sur sa « dernière » conversation avec Pant avant son retour à Delhi, Goenka a immédiatement rectifié : ce n’était pas une fin.
« Notre dernière conversation ne portait pas seulement sur le trade. Nous avons continué à nous parler après », a-t-il confié. Pas de rupture sèche, pas de froideur. Au contraire, presque un rendez-vous pris pour la suite. « Bonne chance à lui et tous mes vœux. Nous prévoyons de dîner un de ces jours », a ajouté le patron de LSG.
Un pari record, deux saisons sans playoffs
Le contexte, lui, est brutal. Pant avait rejoint Lucknow lors de la méga-auction 2025 pour la somme vertigineuse de 27 crores de roupies, devenant alors le joueur le plus cher de l’histoire de l’IPL. Un symbole fort, presque un manifeste : LSG misait son présent et son futur sur l’exubérant gaucher.
La franchise lui avait immédiatement confié le brassard après le départ de KL Rahul. Nouveau club, nouvelle ère, nouveau capitaine. Mais le scénario rêvé n’a jamais vraiment pris forme. Sur le terrain, LSG n’a pas réussi à accrocher les playoffs, ni lors de la première saison de Pant à la tête de l’équipe, ni lors de la seconde.
La pression s’est installée. Les regards se sont faits plus lourds. Le contraste entre l’investissement record et les résultats collectifs a alimenté les débats autour du projet Lucknow. Pant, lui, est resté scruté en permanence, chaque décision de capitaine, chaque manche, chaque expression captée par les caméras décortiquée.
Avant même la fin de la saison 2026, le capitaine a été déchargé de ses fonctions, selon les informations, à sa propre demande. Une étape charnière. Peu après, la suite logique est tombée : un retour à Delhi Capitals, son ancienne maison, dans le cadre d’un trade majeur.
Un trade fort, mais une relation apaisée
Le deal est lourd de sens. Pant est envoyé à Delhi pour 15 crores de roupies. En retour, Lucknow récupère Kuldeep Yadav, le spinner indien, dans une opération valorisée à 13,5 crores. Sur le marché, c’est une redistribution de cartes majeure. Dans les coulisses, ce sont des liens humains à gérer.
Goenka, lui, insiste : la décision sportive n’a pas effacé le respect. Pas de ressentiment public, pas de mots durs. Le propriétaire parle d’un joueur auquel il continue de souhaiter le meilleur, avec la perspective d’un dîner à venir. Le message est clair : LSG a tourné une page sportive, pas une page personnelle.
Pour Pant, ce retour à Delhi ouvre un nouveau chapitre de son histoire en IPL. Le décor change à nouveau, mais la stature du joueur, elle, reste intacte dans le paysage du cricket indien.
Pant, toujours plus haut avec l’Inde
Car pendant que son avenir en franchise se redessine, Pant continue d’empiler les références en Test avec l’Inde. À 28 ans, il vient de disputer la série au Sri Lanka, avec une victoire à Galle et un match nul à Colombo, où les locaux ont résisté après le follow-on imposé par l’Inde.
Au milieu de cette série, une nouvelle marque a basculé en sa faveur. Pant a dépassé MS Dhoni pour devenir le meilleur run-scorer indien en Tests à l’extérieur ou sur terrain neutre en tant que wicketkeeper désigné. Il totalise désormais 2 534 runs dans ces conditions, à une moyenne supérieure à 41, devançant les 2 496 runs de Dhoni.
Derrière ce duo, le classement raconte aussi une partie de l’histoire du poste en Inde : Farokh Engineer (1 209 runs), Syed Kirmani (1 109) et Kiran More (901) complètent le top 5. Pant, lui, s’est déjà détaché, comme pour mieux marquer son époque.
Il grimpe aussi sur une autre échelle prestigieuse : celle des sixes en Test cricket. Il a dépassé Adam Gilchrist et s’est hissé au troisième rang des plus gros frappeurs de six dans le format. Une statistique qui illustre à la fois son audace et sa constance dans un format où la prise de risque se paie souvent au prix fort.
Une séparation sans fracture
Le contraste est frappant : un joueur dont la valeur sportive et symbolique ne cesse de grimper en sélection, mais dont l’aventure en franchise vient de connaître un virage abrupt. LSG a investi lourd, n’a pas obtenu la régularité espérée, et a finalement décidé de réorienter son projet en misant sur Kuldeep Yadav.
Pourtant, à écouter Sanjiv Goenka, la décision n’a pas laissé de cicatrice visible entre les deux hommes. La franchise a choisi de se séparer de son capitaine, mais le propriétaire continue de parler d’un lien vivant, d’échanges réguliers, d’un dîner à venir. Une manière de rappeler que, derrière les chiffres des auctions et la froideur des trades, il reste des relations qui dépassent la feuille de match.
Pant, lui, repart à Delhi avec un nouveau défi et un statut renforcé par ses exploits en Test. LSG, de son côté, se reconstruit autour d’un noyau différent. La question, désormais, n’est plus de savoir pourquoi les chemins se sont séparés, mais jusqu’où ils iront, chacun de leur côté.




