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Rinky Hijikata : Victoire surprise et quart de finale à Paris

À Paris, Rinky Hijikata est en train de transformer l’exploit isolé en véritable campagne. Deux jours après avoir fait tomber Novak Djokovic, l’Australien a signé une nouvelle victoire de poids en renversant Tomas Martin Etcheverry, tombeur d’Alex de Minaur, pour s’offrir son tout premier quart de finale en Masters 1000.

Score : 2-6, 6-3, 7-5. Mais le chiffre ne raconte pas tout.

Du trou noir au réveil brutal

Pendant 26 minutes, Hijikata a semblé payer la note classique du joueur surprise : l’euphorie retombée, le corps et la tête vidés. Le début de match est cauchemardesque. Huit premiers points perdus, un premier set expédié par le numéro 31 mondial, l’impression d’un retour brutal à la norme.

Le Sydneysider, parti des qualifications avec un classement de 83, vacille. Il se fait de nouveau breaker lors de son troisième jeu de service. Et Etcheverry, solide, impose sa cadence.

Puis le match bascule lentement.

Le deuxième set s’ouvre sur un jeu de 12 minutes, déjà crucial. Hijikata y écarte une balle de break, s’accroche, refuse de lâcher la corde. Ce sursis change l’atmosphère. Dans le quatrième jeu, cette fois, c’est lui qui frappe : break. L’Australien verrouille ensuite son avance, tient au service et arrache la manche en 43 minutes. Le court commence à y croire avec lui.

Un troisième set sous tension

La manche décisive s’installe dans une forme de bras de fer silencieux. Les services tiennent, le score file jusqu’à 5-5 sans qu’Hijikata ne se procure la moindre balle de break. La pression, elle, grimpe à chaque point.

À 1-2, l’Australien doit sauver trois balles de break. Il s’en sort au courage. Ses quatre autres jeux de service jusque-là ? Tenus blancs. Une démonstration de sérénité, mais toujours pas la moindre ouverture sur l’engagement adverse.

Elle arrive au moment où il n’a plus le droit de la manquer.

À 5-5, Hijikata se crée enfin une opportunité. Une seule. Il la convertit. Le break tombe, net, comme une délivrance. Il reste à servir pour le match.

Premier point : ace. Le ton est donné. Etcheverry recolle à 15-15, mais l’Australien enchaîne trois points d’autorité et conclut sur un smash de coup droit traversant, lâché sans retenue. Jeu, set et match. Explosion de joie.

Au micro, l’ancien top 40 Ryan Harrison résume la scène : Hijikata, d’ordinaire discret, « aussi survolté » qu’il ne l’a jamais vu. L’image colle parfaitement à la soirée.

Ascension au classement, défi du public français

Cette semaine parisienne change déjà la dimension du joueur. Qualifié pour les quarts de finale, Hijikata intègre pour la première fois le top 60 mondial. S’il gagne encore une fois, il grimpera jusqu’à la 48e place. Parti des qualifications, il a déjà battu cinq joueurs mieux classés que lui. La trajectoire est brutale, linéaire, assumée.

Son prochain obstacle porte un nom : Luca Van Assche. Le Français, 47e mondial, a lui aussi livré un combat dense pour sortir Lorenzo Musetti 7-5, 3-6, 6-4, dans un match à bascule qui a tenu le public en haleine après deux défaites tricolores.

Hijikata ne l’a jamais affronté. Il devra composer avec un adversaire neuf… et surtout avec un public chauffé à blanc. Van Assche a d’ailleurs surfé sur ce soutien : mené 3-4, 0-40 dans le troisième set, il a sauvé deux balles de break, puis enlevé 12 des 13 derniers points pour renverser l’Italien. Une séquence qui dit tout de son caractère, et de l’impact des tribunes.

Les Américains s’invitent, Alcaraz avance sans jouer

Sur le reste du tableau, la journée a confirmé la mainmise américaine. Ben Shelton et Tommy Paul ont éliminé les derniers espoirs locaux dans leur partie de tableau pour s’offrir un quart 100 % américain.

Tête de série numéro 12, Tommy Paul a contenu Quentin Halys en deux sets maîtrisés, 7-6 (7-3), 6-4. Ben Shelton, troisième tête de série, a dû lui batailler trois manches pour écarter Arthur Rinderknech : 3-6, 6-4, 7-6 (7-5), dans une ambiance électrique.

Plus haut, Carlos Alcaraz a, lui, avancé sans frapper une balle. Matteo Berrettini, 43e mondial, a renoncé avant leur duel du troisième tour, touché au bras. Le choc prévu en session nocturne a donc disparu du programme, offrant au numéro 2 mondial un billet direct pour les quarts.

L’Espagnol y retrouvera Taylor Fritz, auteur d’un succès sec 6-3, 6-4 face à Arthur Fils, nouvelle désillusion pour le camp français.

Dans l’autre quart de finale, le surprenant Nuno Borges, lucky loser portugais, croisera la route du vainqueur du duel entre Casper Ruud et Jan-Lennard Struff. Borges, repêché du tableau des qualifications, a survolé Ignacio Buse 6-0, 6-2 et s’invite lui aussi dans la peau de l’invité inattendu.

À Paris, les têtes de série avancent, les outsiders se rebellent. Reste à savoir jusqu’où Rinky Hijikata pourra prolonger cette semaine où il ne se contente plus de surprendre : il s’installe.