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Report du championnat national de boxe pour cadets et juniors

Le grand rendez-vous national du noble art sud-africain pour les plus jeunes ne se fera pas en septembre. Prévu à Kimberley à la fin du mois, le championnat national de boxe pour cadets et juniors a été repoussé aux 7–10 décembre, laissant un goût amer chez de nombreux entraîneurs et boxeurs âgés de 13 à 16 ans.

Une organisation en retard, un calendrier brisé

À la tête de la South African National Boxing Organisation, Sanabo, Siya Mkwalo n’a pas cherché à se dérober. Le report, a-t-il expliqué, découle d’un comité local d’organisation mis en place trop tard et de garanties incomplètes de la part des autorités provinciales et locales. Sans cadre solide, impossible de lancer un tournoi national.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des entraîneurs ont fait savoir qu’ils avaient déjà réservé transports et hébergements. Les jeunes boxeurs, eux, avaient calé leur préparation sur les dates de septembre, avec des semaines d’entraînement ciblé, de mise au poids, de sacrifices. Tout est à revoir.

Décaler à décembre complique tout. Beaucoup de participants seront plongés dans leurs examens finaux. D’autres, notamment venus du Western Cape, avaient déjà prévu de se rendre en Eastern Cape pour des visites familiales à cette période. Le sport se retrouve en collision frontale avec la vie scolaire et personnelle.

Mkwalo a reconnu que cette colère était légitime. La fédération, assure-t-il, a étudié d’autres scénarios pour maintenir les dates initiales. Aucun n’a tenu. Le tournoi glisse donc vers l’hiver austral, avec le risque de perdre des talents en route.

Sanabo sous pression, l’ombre des Jeux olympiques

Ce report ne tombe pas dans le vide. Il s’inscrit dans un contexte plus large où la boxe sud-africaine cherche à se reconstruire, alors que la sélection senior s’est vidée de ses cadres, partis chez les professionnels.

Selon TimesLIVE, Sanabo compte organiser en novembre un forum national virtuel pour ouvrir les dossiers qui fâchent et tenter de redresser la barre. Parmi les pistes envisagées : impliquer des boxeurs professionnels dans le processus de qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Une idée forte, presque un aveu : sans l’apport de ces pugilistes aguerris, le pays peine à exister sur la scène mondiale.

Le calendrier olympique, lui, ne va pas attendre. Les qualifications doivent débuter l’an prochain, d’abord par les tournois continentaux, puis par les championnats du monde. Les tournois de qualification mondiaux sont, eux, programmés pour 2028. Un long chemin, mais qui exige de la clarté dès maintenant.

La réalité est brutale : l’Afrique du Sud n’a plus aligné de boxeurs aux Jeux depuis Londres 2012. Avant Rio 2016, la South African Sports Confederation and Olympic Committee avait refusé de valider la qualification continentale. Avant Tokyo 2020, Sanabo n’a pas envoyé d’équipe aux éliminatoires africains. Pour Paris 2024, personne n’a décroché son billet.

Derrière la décision de repousser un championnat de cadets et de juniors se cache donc bien plus qu’un simple ajustement de calendrier. C’est toute une filière qui vacille, entre problèmes de gouvernance, manque de garanties institutionnelles et horizon olympique brouillé.

Reste une question, lourde : ces jeunes boxeurs, privés de leur rendez-vous de septembre et bousculés en décembre, seront-ils encore là, motivés et disponibles, quand sonnera enfin l’heure de Los Angeles 2028 ?