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Red Bull retrouve son duo titulaire pour la suite de la saison

Red Bull récupère enfin son équipage de base. À Bakou, Isack Hadjar reprend le volant après trois Grands Prix manqués sur blessure, et tout le jeu de chaises musicales s’inverse : Liam Lawson retourne chez Racing Bulls, Yuki Tsunoda repasse en pilote de réserve. Sur le papier, la hiérarchie est rétablie. Sur la piste, la pression grimpe pour tout le monde.

Hadjar, retour attendu… et examiné

Hadjar revient dans son baquet avec une certitude et une obligation. La certitude : il a déjà montré assez cette saison pour justifier sa place. L’obligation : faire clairement mieux que le très correct intérim de Lawson.

Avant la trêve estivale, son début de saison parlait pour lui. Sur les 11 premières courses, il tournait à 6,5 points de moyenne par Grand Prix, contre 9,9 pour Max Verstappen. Concrètement, quand Verstappen terminait cinquième, Hadjar se plaçait généralement un ou deux rangs derrière. Un niveau solide pour un pilote encore en phase d’installation dans l’élite.

Pendant son absence, le décor a changé. Verstappen a haussé le ton. Sur les trois courses sans Hadjar, le Néerlandais est monté en moyenne à 12 points par épreuve, malgré son crash à Zandvoort, porté par des podiums à Monza et au Madring. Lawson, lui, a assuré l’essentiel avec 4,7 points par course. Suffisant pour garder Red Bull dans le match, pas assez pour parler de menace au sommet.

C’est là que le défi se corse pour Hadjar. Il ne s’agit plus seulement de reprendre le fil de ce qu’il faisait avant. Le pic de performance de Red Bull s’est élevé, Verstappen l’a clairement montré. Le Français doit maintenant s’accrocher à cette vague montante, voire la surfer avec lui.

Et ce n’est pas un retour en douceur qui l’attend. Un triple-header, physiquement exigeant, va tester son corps remis de blessure, sa concentration et sa capacité à retrouver immédiatement le rythme. S’il revient en dessous de son meilleur niveau, la décision de Red Bull serait sportivement discutable. S’il recolle d’emblée au tempo de Verstappen, il deviendra un élément central de la tentative de remontée au classement constructeurs.

Lawson, l’intérimaire qui a verrouillé son avenir

Liam Lawson n’avait pas besoin de ce rappel chez Red Bull pour sauver sa carrière. Sa première moitié de saison avec Racing Bulls l’avait déjà installé comme référence du peloton hors top teams, leader des pilotes en dehors du quatuor de tête au championnat.

L’arrivée tonitruante de Nikola Tsolov en Formule 2 avait un peu parasité le discours autour de lui, mais dans le garage de Racing Bulls, on parlait d’un Lawson transformé. Plus tranchant, plus structuré dans son approche, surtout après un hiver où il a apprivoisé des règlements 2026 qu’il n’apprécie pourtant pas. Son équipe d’ingénieurs, elle, saluait sa capacité à exploiter la gestion d’énergie pour faire avancer la voiture.

Red Bull lui a offert une deuxième chance au plus haut niveau. Il l’a saisie. Deux arrivées dans les points en trois courses, une adaptation rapide à une monoplace délicate, et une seule vraie galère à Monza, où une pénalité moteur l’avait condamné à partir du fond de grille. Dans ce contexte, difficile de faire mieux.

A-t-il pour autant renversé la table au point de bousculer le choix du coéquipier de Verstappen à long terme ? Non. Mais il a fait autre chose, tout aussi important pour lui : il a conforté l’idée qu’il est exactement le profil dont Racing Bulls a besoin pour consolider ses progrès et viser le sommet du milieu de grille.

Le duo Lawson–Arvid Lindblad fonctionne, porte l’équipe, et rien ne dit que Racing Bulls ait envie de toucher à ce qui marche. Dans un paddock où l’on répète souvent qu’on ne répare pas un duo qui gagne, Lawson a probablement verrouillé son siège pour une saison de plus.

Tsunoda, le joker qui ne déçoit pas

Yuki Tsunoda n’a rien révolutionné pendant son intérim. Il a simplement confirmé ce que ses quatre saisons pleines au sein de la structure B de Red Bull laissaient déjà voir : avec une bonne voiture, il marque des points. Régulièrement. Sans éclat démesuré, mais sans trou noir non plus.

Propulsé dans la Racing Bulls 2026 à Zandvoort, il se met tout de suite au niveau. À un dixième seulement de Lindblad en qualifications. À Monza, malgré une sortie dès la Q1 et un placement douteux sur la grille – au point qu’Audi tente de faire retirer le point marqué en course – il ramène justement ce point-là. À Madrid, des dégâts mettent fin à ses espoirs, mais le message est déjà passé : Tsunoda reste un remplaçant idéal. Rapide à s’adapter, capable de scorer, utile pour l’équipe.

Pas assez spectaculaire pour qu’on s’indigne de le voir sur le banc. Mais suffisamment performant pour que sa pige soit perçue comme une sortie digne, si elle devait marquer la fin de ses 114 départs en F1. Et nettement plus honorable que des mois passés à naviguer loin derrière Verstappen dans la voiture mère.

Lui-même l’a résumé simplement : il a tout donné, et n’a rien à regretter. Difficile de le contredire.

Lindblad, le rookie qui s’impose en patron

Arvid Lindblad n’avait déjà plus vraiment le profil du débutant fragile. Seul rookie du plateau cette année, il avait signé une entame de saison impressionnante. Ces trois courses post-trêve ont coché une case supplémentaire : celle du leadership.

Le duo qu’il forme avec Lawson explique en grande partie pourquoi Racing Bulls devance encore Alpine au championnat constructeurs. Mais avec Tsunoda parachuté dans l’autre voiture, l’équipe avait besoin que Lindblad prenne les commandes sportives du week-end. Il l’a fait.

À Monza, son rythme lui permet de terminer devant une Alpine qu’il n’aurait, sur le papier, jamais dû battre, malgré les déboires auto-infligés de Franco Colapinto. Au Madring, tout n’a pas été parfait, loin de là, mais il ramène tout de même deux points précieux. À Zandvoort, une pénalité sévère en course le prive d’un meilleur résultat, mais son rôle de poil à gratter a compté : il a freiné les ambitions de Pierre Gasly et offert à Tsunoda une vraie chance d’ouvrir son compteur.

Sept Q3 consécutives viennent compléter le tableau. Racing Bulls garde de l’air sur Alpine, et les performances d’un pilote de 19 ans seulement ne passent pas inaperçues dans les étages supérieurs de Red Bull. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir s’il a sa place en F1, mais si l’équilibre des forces chez Racing Bulls ne penche pas déjà en sa faveur.

Un Hadjar en forme, un Verstappen mieux armé

Max Verstappen sait parfaitement à quel point son équipier compte. Directement, parce qu’un coéquipier rapide peut l’aider à jouer des scénarios de course plus favorables. Indirectement, parce qu’un deuxième pilote dans le coup pèse sur les stratégies des rivaux.

Avec Lawson, Red Bull n’a jamais eu les deux voitures dans la même fenêtre de performance que les Mercedes, Ferrari ou McLaren, qui peuvent presque toujours compter sur leurs deux pilotes. Lawson n’a pas terminé une seule fois à moins d’une minute du vainqueur lors de ses départs pour l’équipe mère. Même avec toutes les circonstances atténuantes, Verstappen se retrouvait souvent à se battre seul au milieu des cadors. Avec, ironie du sort, sa propre sortie spectaculaire à Zandvoort comme rappel que lui aussi peut se tromper.

Si Hadjar retrouve immédiatement son meilleur niveau, tout change. Red Bull aura de nouveau deux monoplaces capables d’influencer le déroulement des courses en tête et de peser dans la lutte pour faire mieux que la quatrième place actuelle au championnat constructeurs.

Et si, en prime, le Français signe un retour éclatant après deux mois loin des grilles et trois Grands Prix manqués, il apportera un argument de plus à une autre conviction tenace de Verstappen : cette F1 2026 ne pousse peut-être pas encore les pilotes aussi loin qu’elle le devrait.