Rajkot : India U-19 s'impose contre Australia U-19 sous la pluie
La journée avait commencé sous un rideau de pluie, lourde, tenace, comme si le ciel de Rajkot voulait étouffer le premier choc entre India U-19 et Australia U-19 au Niranjan Shah Stadium. Les bâches sont restées longtemps sur le carré central, les arbitres ont multiplié les inspections, le public a attendu, les parents venus d’Australie ont scruté les nuages. Le couperet était clair : si la rencontre ne débutait pas avant 13h47, elle serait annulée.
Elle a fini par démarrer. Raccourcie, transformée en T20, mais vivante. Et l’Inde junior en a profité pour signer une prestation offensive solide, portée par une série de jeunes noms qu’on risque de retenir très vite.
De la pluie au PowerPlay : Sehwag donne le ton
Quand le match se lance enfin, Aaryavir Sehwag et le capitaine Lakshya Raichandani ouvrent pour India U-19. La première over de Kasey Barton est prudente, trois balles mortes, la tension d’un début sous pression. Puis, soudain, la phrase qui résonne comme un clin d’œil à une autre époque : Sehwag se met en marche avec un quatre. Cette fois, c’est Aaryavir, pas Virender, mais la nostalgie est immédiate.
L’Inde prend vite le contrôle du PowerPlay. À 2 overs, le tableau affiche déjà 20/0, les deux ouvreurs ont chacun trouvé la limite. Sehwag, surtout, accélère : 16 runs sur 14 balles, trois fours, et une sensation nette – l’attaque indienne ne compte pas subir. Après 4 overs, le score grimpe à 31/0. La pluie a retardé le spectacle, mais les batteurs ne comptent pas perdre une minute de plus.
Raichandani tombe, l’Australie se réveille
La première secousse arrive au neuvième over. Eli Brain – qui deviendra Eli Brian sur certaines feuilles de score, mais dont les lignes de stats, elles, ne laissent aucune place au doute – fait tomber le capitaine. Lakshya Raichandani s’en va pour 15 runs sur 15 balles, deux fours, pris dans les cordes alors qu’il cherchait à relancer le tempo. India 65/2 en 9 overs, l’Australie tient enfin un point d’appui.
Le coup de massue suivant arrive presque aussitôt. Will Byrom enlève Kushagra Ojha, pris après 16 runs sur 14 balles. Deux wickets rapprochés, 74/3 en 10 overs : la dynamique bascule. Dans ces rencontres de jeunes, c’est souvent là que les innings s’effondrent. Mais ce groupe indien va répondre autrement.
Rajput, puis le duo Dravid–Chauhan rallument la mèche
Arjun Rajput entre et refuse d’attendre. Un quatre pour se lancer, puis un six sur Eli Brian : 11 runs arrachés à l’over, India repart à l’attaque. L’espoir est de courte durée. Spencer Green le piège LBW pour 15 runs sur 8 balles, un six, un quatre, et un rôle de catalyseur déjà terminé. À 89/4 après 12 overs, l’Inde flirte avec la zone dangereuse.
C’est là qu’Anvay Dravid et Yashbardhan Chauhan prennent le relais. Le nom Dravid, sur un maillot indien, impose toujours un certain poids. Anvay, lui, choisit une autre méthode que la patience légendaire de son illustre homonyme : il frappe.
À 13 overs, il claque son premier four, 11 runs ajoutés face à Byrom. Le tempo change. L’over suivant, Spencer Green est malmené : premier ballon, Yashbardhan Chauhan envoie un six, puis un simple. Dravid s’avance, décroche lui aussi un six, son premier de la journée. La pression se transforme en déferlante : Chauhan termine l’over par deux fours supplémentaires. 22 runs pris en une seule séquence. L’Inde passe brutalement de sous contrôle à menaçante.
À 14 overs, le compteur affiche 122/4. À 15, Dravid ajoute un nouveau maximum, cette fois contre Eli Brian. Les Australiens, qui venaient de revenir dans le match, voient l’initiative leur échapper à nouveau.
Dravid frappe fort, Chauhan achève
La montée en puissance d’Anvay Dravid est nette. Il compile 38 runs sur seulement 18 balles, trois six, deux fours, un rythme de frappe qui change la physionomie de l’innings. Son départ, bowled par Brain à 159/5 après 18 overs, ressemble presque à un soulagement pour l’Australie. Mais le mal est fait : l’Inde a désormais une base solide pour viser un total imposant dans ce format raccourci.
Yashbardhan Chauhan, lui, reste jusqu’au bout ou presque. Il incarne la fin de manche idéale : 54 runs sur 34 balles, cinq fours, deux six, une gestion lucide des derniers overs. À 17 overs, il ajoute encore une boundary face à Kasey Barton. À la dernière over, il tombe finalement, mais seulement après avoir ancré l’Inde au-delà des 180.
Le dernier over rapporte 8 runs, l’Inde boucle ses 20 overs sur 182/6. Compte tenu de la journée tronquée, de l’humidité, de la pression d’un premier match de série U19 face à Australia U-19, la performance offensive prend du relief.
Une journée longue, un message clair
Cette rencontre aura longtemps ressemblé à un match fantôme. À 8h22, la pluie tombe dru, le toss est repoussé. À 10h37, les arbitres constatent une zone détrempée près du cercle des 30 yards, le ciel s’assombrit encore. Le cut-off de 13h47 flotte comme une menace. Les joueurs restent à l’intérieur, les staffs scrutent les prévisions, les familles patientent.
Dans les travées, l’histoire de Neel Patel donne un visage à cette confrontation. Son père, Puneet, ancien joueur de Gujarat College et d’ONGC, parti à Sydney à 22 ans, est là, fier, ému, pour voir son fils défendre les couleurs d’Australia U-19 sur ce qui reste, à ses yeux, un terrain « à domicile ». Il espère simplement « qu’il y ait du jeu aujourd’hui ». Il y en aura. Et pas qu’un peu.
Quand le ciel finit par céder, ce sont les batteurs indiens qui prennent le relais pour chasser la grisaille. Sehwag pour le clin d’œil, Rajput pour l’étincelle, Dravid pour la frappe, Chauhan pour la finition : India U-19 signe une carte à 182/6 qui pose immédiatement le ton de cette série.
Reste désormais à voir comment Australia U-19 répondra à cette première déclaration d’intention. Sur une surface encore marquée par l’humidité et sous un ciel capricieux, ce total deviendra-t-il un socle pour l’Inde ou le point de départ d’une chasse mémorable côté australien ?




