logo

Pocognoli bouscule l’Écosse : McBurnie et des nouveaux visages

Sebastien Pocognoli n’a pas attendu pour marquer son territoire. Pour sa première liste à la tête de l’équipe d’Écosse, le nouveau sélectionneur signe une rupture nette avec le cycle précédent, entre retours inattendus, paris assumés et quelques absents de poids.

Le nom qui frappe d’abord, c’est celui d’Oli McBurnie. Cinq ans après sa dernière convocation, l’attaquant de Hull City, 30 ans, retrouve le maillot national. Seize sélections, aucun but dans le jeu, mais un tir au but crucial lors de la séance qui avait envoyé l’Écosse à l’Euro 2020. Une histoire inachevée, presque mise de côté, que Pocognoli choisit de rouvrir.

Une première vague sous Pocognoli

Autour de ce retour, la liste respire la nouveauté. Le sélectionneur appelle pour la première fois Luis Binks, Colby Donovan, Jon McCracken, Josh McPake et Stephen Welsh. Cinq joueurs encore sans la moindre cape, cinq profils qui racontent la volonté de rajeunir, d’oser, de casser les habitudes.

Comme attendu, Luke Graham (Stoke City) et Robbie Ure (Sevilla) reçoivent eux aussi leur première convocation en A. Deux dossiers surveillés de près depuis des mois, deux joueurs qui arrivent au bon moment, portés par leur dynamique en club.

Derrière cette vague, quelques visages connus refont surface : Scott Bain, Kieron Bowie, Josh Doig, Lennon Miller et James Wilson sont rappelés. En revanche, Che Adams manque à l’appel, alors que des informations en provenance de Torino évoquent une blessure. Une absence qui ouvre la porte à d’autres attaquants.

McBurnie, l’histoire relancée

McBurnie avait disparu du paysage international depuis 2021. Longtemps critiqué pour son manque d’efficacité en sélection, il n’a jamais trouvé la faille sous le maillot écossais, malgré ses 16 apparitions. Mais son passé dans les équipes de jeunes et son rôle dans la qualification pour l’Euro 2020 ont laissé une trace.

Pocognoli, lui, choisit de regarder ce que l’attaquant peut encore apporter plutôt que ce qu’il n’a pas réussi à faire. À 30 ans, McBurnie n’est plus un pari d’avenir, c’est un pari de caractère. Une décision qui en dit long sur le besoin d’expérience dans un secteur offensif en recomposition.

Binks, Donovan et la défense en mutation

À 25 ans, Luis Binks, défenseur de Brondby, incarne parfaitement le profil hybride que recherche ce nouveau staff. Passé par les sélections de jeunes de l’Angleterre et de l’Écosse, il rejoint enfin le groupe A. Un choix qui verrouille un joueur encore éligible à plusieurs nations, et qui s’inscrit dans une logique de projection à moyen terme.

À droite, Colby Donovan, 20 ans, s’est imposé cette saison à Celtic en profitant de la blessure de l’international canadien Alistair Johnston. Sa montée en puissance n’est pas passée inaperçue. Déjà vu en U19 et U21, il franchit la marche suivante avec une vitesse qui illustre la nouvelle hiérarchie en train de se dessiner.

Luke Graham, lui, arrive avec un autre récit. Révélation avec Dundee, élu joueur des joueurs et jeune joueur de l’année au club, il avait déjà goûté à l’atmosphère du groupe A lors du stage de préparation au Mondial en mai. Remplaçant non utilisé contre Curaçao, il s’était arrêté aux portes de ses premières minutes. Le voilà de retour, cette fois porté par un début de saison solide avec Stoke City, invaincu depuis quatre rencontres, où Graham n’a pas manqué une minute.

Les gardiens, la continuité dans le changement

Dans les buts, Scott Bain revient. Quatre sélections au compteur, le gardien de Falkirk avait déjà été convoqué par Steve Clarke. À ses côtés, Jon McCracken, aujourd’hui à Bradford City, prolonge lui aussi un lien entamé sous l’ère précédente. Pocognoli ne balaye pas tout : il s’appuie sur une base connue tout en ouvrant la porte à une concurrence plus vive.

Hearts récompensé, mais pas au complet

Au Heart of Midlothian, on s’attendait à voir plusieurs joueurs récompensés. Le coach du club, Wouter Vrancken, l’avait laissé entendre, confiant. Il ne s’est pas trompé. Josh McPake, ailier en forme, et James Wilson, déjà auteur de deux sélections, sont retenus pour leurs prestations convaincantes en ce début de saison. Un signal fort envoyé au club de Tynecastle.

Mais tout le monde n’embarque pas. Calvin Miller, autre ailier des Hearts, reste à quai. Une décision qui rappelle la dureté de ce niveau : un bon début de saison ne garantit pas tout, surtout dans une sélection en plein remodelage.

Bowie, Doig, Miller, Welsh : les nouvelles pistes

La ligne défensive pourrait voir un autre nouveau visage entrer en scène : Stephen Welsh, défenseur de Swansea City, a l’occasion de décrocher sa première cape. Un profil de plus dans une concurrence déjà dense, mais Pocognoli semble décidé à tester un large éventail d’options.

Plus haut sur le terrain, Kieron Bowie (Sassuolo), Josh Doig (latéral gauche) et Lennon Miller (Udinese) sont eux aussi de la partie. Des trajectoires qui s’écrivent en Serie A et en Serie A italienne pour certains, dans un environnement exigeant, et qui renforcent le sentiment d’une sélection plus cosmopolite, plus ouverte.

Ure, l’attaquant à verrouiller

Le cas Robbie Ure est sans doute l’un des plus stratégiques de cette liste. Formé aux Rangers, l’attaquant a affolé les compteurs avec Sirius en Suède : 20 buts et 3 passes décisives en 20 matchs, une série qui a propulsé le club en tête du championnat et attiré les regards de toute l’Europe. Résultat : un transfert estival à Sevilla, estimé à 5,5 millions de livres.

À 22 ans, Ure n’a pas encore marqué en Liga. Mais son profil intéresse au-delà de l’Écosse. Éligible pour l’Ukraine, il représente un dossier sensible. Pocognoli ne cache pas son intention : l’intégrer vite, l’ancrer dans le projet, éviter qu’il ne file sous un autre drapeau.

Une attaque recomposée sans Adams

Les présences de Bowie, McBurnie, Ure et Wilson prennent un relief particulier avec les informations entourant Che Adams. L’attaquant de Torino serait blessé, et son absence ouvre un vide que Pocognoli tente de combler par la diversité des profils : puissance de McBurnie, mobilité de Bowie, instinct de buteur d’Ure, polyvalence de Wilson.

Cette première liste ne ressemble pas à un simple ajustement. Elle a des allures de coup de balai. Des cadres mis de côté, des jeunes promus, des binationaux sécurisés, des retours inattendus : l’Écosse entre dans une nouvelle ère.

Reste une question, simple et brutale : ce grand ménage se traduira-t-il sur le terrain par un vrai bond en avant, ou par une douloureuse période de rodage ?