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Le pays de Galles en League A : défis et renouveau sous Bellamy

Le pays de Galles remonte dans l’élite de la Nations League avec une certitude : rien ne lui sera offert. Erling Haaland d’un côté, Cristiano Ronaldo de l’autre, des déplacements brûlants et, pour couronner le tout, une défense décimée. Dans ce décor-là, Craig Bellamy a choisi de faire confiance à la jeunesse et de retoucher en profondeur son staff.

Ashford, le pari offensif de Bellamy

Le sélectionneur gallois a ouvert la porte pour la première fois à Cian Ashford, jeune attaquant de Cardiff City, récompensé de son début de saison convaincant en Championship. À 21 ans, il débarque directement dans le grand bain de la League A, au milieu d’options offensives où figure aussi le jeune de Liverpool Lewis Koumas.

Ce choix n’est pas un simple clin d’œil à l’avenir. Il répond à une réalité brutale : Cardiff est amputé de plusieurs éléments offensifs. Isaak Davies et Rubin Colwill sont blessés et indisponibles. Kai Andrews, lui, reste à la porte malgré un début de prêt remarqué à Oxford United, le club d’Aaron Ramsey, où il évolue sous contrat avec Coventry City.

En attaque, Bellamy rappelle également Mark Harris et Liam Cullen, et redonne sa chance à Wes Burns. L’ailier, désormais à Leicester City, compte 10 sélections mais n’a plus porté le maillot national depuis 2024. Une ligne offensive recomposée, donc, pour un retour au très haut niveau.

Une défense privée de son patron

Le gros nuage est derrière. Et il s’appelle Joe Rodon. Le défenseur central, titulaire indiscutable, manque à l’appel, victime d’une blessure aux ischio-jambiers. Pour affronter Haaland, pour défier Ronaldo, le pays de Galles devra se passer de son homme de base.

Son partenaire habituel Dylan Lawlor est lui aussi absent. Toujours pas apparu cette saison à cause d’un problème au genou, il ne figure pas dans ce groupe de 28. Même constat pour un autre défenseur de Cardiff, Ronan Kpakio, également forfait.

Bellamy récupère toutefois une pièce importante : Ben Cabango, le robuste défenseur de Swansea City, fait son retour après avoir manqué les amicaux de juin contre le Ghana et la Roumanie. Un renfort bienvenu au milieu de ce casse-tête défensif.

Ben Davies, le capitaine revient au front

Au milieu de cette instabilité, un repère : Ben Davies. Le capitaine conserve sa place. Il avait été convoqué pour les rencontres estivales sans jouer, encore en phase de retour après une grave blessure à la cheville subie avec Tottenham en janvier.

Désormais, le défenseur de 33 ans a retrouvé le terrain avec Spurs et peut viser sa première apparition internationale depuis octobre 2025, soir de sa 100e sélection. Son expérience, dans un groupe qui va affronter trois nations mieux classées, devient presque une nécessité plus qu’un luxe.

Un groupe en reconstruction, sur le terrain comme sur le banc

Les matches à venir marquent aussi un tournant en coulisses. Bellamy a flirté avec un départ cet été, après des discussions avec Burnley, en Championship. Il est resté, mais son entourage a changé.

Son adjoint Piet Cremers a choisi de partir en Belgique. James Rowberry, autre assistant, se consacre désormais à son rôle d’entraîneur adjoint à Stoke City. Deux départs lourds pour un staff qui avait accompagné les premiers pas de Bellamy à la tête de la sélection.

À leur place, le sélectionneur s’appuie sur deux figures bien connues du football gallois : l’ancien capitaine Ashley Williams et l’ex-entraîneur de Swansea City Alan Sheehan rejoignent le staff. Des profils forts, habitués à la pression, pour l’accompagner dans ce qui s’annonce comme une séquence délicate.

Portugal, Danemark, Norvège : le mur de la League A

Le calendrier ne laisse aucun temps d’adaptation. Le pays de Galles, 38e au classement FIFA – son plus mauvais rang depuis août 2014 – remonte en League A avec un enchaînement brutal.

Le 24 septembre, les Gallois ouvrent cette fenêtre internationale élargie au Portugal, champion en titre de la Nations League. Les Portugais n’ont pas encore dévoilé leur liste, mais Cristiano Ronaldo est attendu pour ces premiers matches sous les ordres de Jorge Jesus, son ancien coach en Saudi Pro League. Un début face à un monstre du plateau.

Ensuite, direction Copenhague pour défier le Danemark, 21e mondial. Puis retour à Cardiff pour accueillir la Norvège, quart-de-finaliste du dernier Mondial, le 1er octobre. Enfin, nouvelle confrontation avec les Danois, le 4 octobre, cette fois au pays de Galles. Quatre matches, trois adversaires mieux classés, zéro marge.

Une sélection en quête de repère et de résultats

Les chiffres sont froids, mais ils disent tout. Le pays de Galles reste sur quatre rencontres sans victoire. Ses derniers matches officiels remontent au traumatisme de mars : une élimination aux tirs au but contre la Bosnie-Herzégovine en barrages, synonyme de Mondial manqué.

Depuis le succès 2-1 face à la Croatie en octobre 2023, aucune victoire contre une équipe du top 20 mondial. Sous Bellamy, le pays de Galles n’a pas encore battu un adversaire mieux classé. Cette Nations League lui offre quatre occasions, mais aussi autant de risques de se faire bousculer.

Bellamy a choisi d’affronter la tempête avec un mélange de cadres revenus de blessure, de jeunes ambitieux et d’un staff renouvelé. Le décor est planté : une équipe en transition, des géants en face, et une élite européenne qui ne pardonne rien.

Reste une question, simple et tranchante : ce pays de Galles-là va-t-il subir la League A, ou y laisser enfin son empreinte ?