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Mondial féminin : Hongrie s'impose, Saki Hayashi blessée

La Hongrie a validé son billet pour les quarts de finale avec autorité. Un succès 84–63 face au Japon, net, sans discussion. Mais personne ne parlait vraiment du score à la sortie de l’arena. Tout tournait autour d’un nom : Saki Hayashi.

La rencontre bascule dans un silence glacé à un peu plus d’une minute de la mi-temps. Sur une action anodine au départ.

La Hongrie attaque, Dorka Juhasz s’élève pour un tir à deux points. Le shoot est contré, le Japon récupère. Rui Machida ramasse le ballon, accélère et remonte le parquet, tête levée. Sur l’aile droite, Saki Hayashi sprinte en transition, parfaitement lancée. La passe fuse, dans le bon tempo. Hayashi arme, malgré la défense serrée d’Agnes Torok, et réussit son tir à deux points. Le coup de sifflet tombe, faute de Torok, panier accordé.

Puis tout se fige.

En retombant, Hayashi s’écroule lourdement sur le bras droit. Elle ne se relève pas. Son bras semble gravement touché. Elle reste au sol, immobile, incapable de poursuivre. L’arena se tait d’un coup, comme si on avait coupé le son.

Le staff médical se précipite. Une bâche bleue est rapidement dressée pour la soustraire aux regards pendant que les soigneurs interviennent. Les applaudissements, timides d’abord, prennent le relais du silence, une ovation de soutien quand elle est finalement évacuée.

L’image est brutale. Beaucoup pensent immédiatement à une fracture. Sur les réseaux, les réactions se multiplient, entre inquiétude et effroi. Plusieurs supporters parlent d’un « bras cassé » ou d’une possible fracture ou luxation au niveau du coude, tout en reconnaissant que rien n’est confirmé. Les spéculations vont vite, les certitudes beaucoup moins.

Après la rencontre, l’entraîneur japonais Corey Gaines ne peut apporter aucune précision médicale.

« Je ne sais encore rien à son sujet », explique-t-il, relayé par l’Associated Press. Il raconte avoir vu l’action, puis constaté son absence dès le retour des joueuses des vestiaires à la mi-temps. Impossible pour lui de dire plus.

Il insiste surtout sur l’impact émotionnel pour son groupe. Voir une coéquipière s’effondrer de la sorte, en plein match couperet, laisse des traces. Gaines avoue avoir tenté de ramener ses joueuses dans la partie, de les recentrer sur le jeu, tout en sachant combien l’exercice frôle l’impossible dans un tel contexte.

Dans le vestiaire, le message est clair : se rassembler, jouer pour elle. Par l’intermédiaire d’un traducteur, la vétérane Maki Takada raconte que le coach a demandé à l’équipe de se mobiliser derrière leur coéquipière blessée. Le groupe partage cette intention. Mais le terrain, lui, ne pardonne pas. Le Japon ne parvient pas à renverser la tendance. La défaite scelle la fin de son aventure dans ce Mondial.

Le timing de ce drame sportif rend l’épisode encore plus cruel. Quelques jours plus tôt seulement, Saki Hayashi avait inscrit son nom dans les livres d’histoire du tournoi avec une performance majuscule : neuf tirs à trois points réussis lors de la victoire inaugurale face au Mali, un record sur un match dans la compétition. De l’euphorie au cauchemar, en un claquement de doigts.

Les messages de soutien affluent. Des supporters souhaitent un rétablissement « rapide et complet », espèrent la revoir sur le parquet « d’ici l’an prochain ». La communauté du basket se serre autour d’elle à distance, consciente qu’il s’agit d’une médaillée d’argent des Jeux olympiques de Tokyo 2020, d’une figure forte de cette sélection japonaise.

Sur le plan sportif, la soirée appartient à la Hongrie. Réka Lelik signe une prestation quasi parfaite : 23 points, 8 rebonds, 4 passes décisives en 27 minutes. Elle convertit 8 de ses 12 tirs, dont un impressionnant 7 sur 10 à deux points, et un sans-faute sur la ligne des lancers (6 sur 6). Aucune balle perdue, une évaluation de 32, un différentiel de +24. Une partition de patronne, dans un match à enjeu maximal.

Grâce à ce succès, la Hongrie reste en course pour le titre mondial, avec un obstacle immense au prochain virage : Team USA en quarts de finale. Les Américaines abordent ce duel en favorites nettes, fortes de quatre victoires en quatre confrontations directes face à la Hongrie selon les données de la FIBA.

Le Japon, lui, quitte le tournoi la tête lourde, entre élimination et inquiétude pour l’une de ses leaders. La question n’est plus de savoir jusqu’où cette équipe aurait pu aller. Elle est désormais simple, brutale : quand reverra-t-on Saki Hayashi, recordwoman à trois points et médaillée olympique, retrouver son tir et son sourire sur la scène internationale ?