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Mohamed Salah s'affirme chez Trabzonspor après une défaite

Mohamed Salah encaisse le choc et s’accroche : « Trabzonspor est mon club »

La soirée avait tout du cauchemar pour lancer une nouvelle aventure. Une lourde défaite 4-0 en Ligue Europa face à Ferencvaros, une sortie prématurée dès la 64e minute, un entraîneur qui annonce sa démission devant les caméras. Et au milieu de la tempête, Mohamed Salah.

Arrivé cet été à Trabzonspor après avoir tourné la page Liverpool, l’attaquant égyptien a vécu sa première grande secousse sous ses nouvelles couleurs. Le revers en Hongrie a précipité l’élimination en Ligue Europa et relégué le club en Conference League. Un coup dur pour une équipe bâtie pour exister sur la scène européenne, un choc pour une star venue avec un discours clair : gagner.

Tekke veut partir, le club le retient

À la fin du match, Fatih Tekke ne cherche pas d’excuses. Il se présente en conférence de presse, sonne presque sa propre condamnation et annonce sa démission. « Je pense que j’ai le droit de me punir de cette manière », lâche-t-il, lucide, devant les journalistes.

La réponse de la direction tombe rapidement. Froidement, mais fermement. Le communiqué du club explique que le coach a pris cette décision « sous l’effet de l’intensité émotionnelle provoquée par la défaite » contre Ferencvaros. Le conseil d’administration refuse sa démission. Fatih Tekke reste en poste et sera sur le banc pour le prochain match de championnat face à Amedspor. Message clair : pas de fuite, pas de rupture immédiate, il faudra réparer de l’intérieur.

Salah sort du silence et se pose en leader

Dans ce climat tendu, c’est au tour de Mohamed Salah de prendre la parole. Sur les réseaux sociaux, l’attaquant de 34 ans ne se cache pas derrière le contexte ou la fatigue. Il parle de sa carrière, de ses cicatrices, de ce qui l’a construit.

« Rien dans ma carrière n’a jamais été facile », écrit-il. Les « mauvaises nuits » et les « déceptions » ? Pour lui, ce sont des moteurs, des déclencheurs. Il explique avoir appris à les transformer en motivation, en trophées. Une manière de rappeler que sa trajectoire, de Bâle à Liverpool en passant par la Roma, s’est bâtie sur des réponses fortes après les échecs.

Surtout, Salah verrouille tout débat sur son engagement. « Trabzonspor est mon club, et je fais partie de ce projet, corps et âme. La nuit dernière ne changera pas cela. » Il sait que les attentes sont immenses, il ne s’en cache pas. Il affirme « croire vraiment » que l’équipe « peut et va répondre ». Et il insiste : « “Je suis venu ici pour gagner” n’est pas juste un slogan pour moi. »

Pas de fuite en avant, pas de sous-entendu sur son avenir. Au contraire, une forme de serment public.

Une arrivée sous les projecteurs, un test déjà grandeur nature

Le contexte rend ce message encore plus fort. Salah a quitté Liverpool en fin de saison dernière après une résiliation de contrat convenue avec le club. Libre, courtisé, il a finalement choisi Trabzonspor après la Coupe du monde. Une prise de guerre majeure pour le club turc, qui l’a accueilli dans une ambiance de star planétaire.

À sa signature pour deux ans, il parlait déjà de quelque chose d’inédit dans sa carrière. Il racontait ces « derniers jours » comme une expérience qu’il n’avait « jamais vécue ». Il promettait une chose : « Je suis ici pour gagner. Je veux gagner quelque chose avec ce club parce que vous m’avez montré tellement d’amour, et je l’apprécie vraiment. »

Quelques semaines plus tard, le décor a changé. L’euphorie des premiers pas a laissé place à la dure réalité des compétitions européennes. Mais le discours, lui, ne bouge pas. Salah ne réécrit pas l’histoire, il la prolonge.

Trabzonspor bascule désormais en Conference League, avec un entraîneur maintenu malgré sa volonté de partir et une star qui choisit de s’exposer, de prendre la responsabilité du projet. La gifle reçue à Ferencvaros pose une question simple : ce vestiaire saura-t-il suivre le ton donné par son attaquant vedette, ou cette nuit restera-t-elle le symbole d’une promesse fragilisée dès les premières semaines ?