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Martin O’Neill évoque l’état du vestiaire et les enjeux de dimanche

À la veille d’un dimanche déjà lourd d’enjeux, Martin O’Neill – serein, mais lucide – a déroulé l’état des lieux d’un vestiaire qui avance en tête du championnat tout en cherchant encore sa meilleure version.

Un groupe presque au complet, avec une absence particulière

« On est bien, on pense », glisse l’entraîneur, avant de préciser qu’Auston Trusty manquera le rendez-vous, reparti chez lui pour une cérémonie en hommage à son père. Une absence compréhensible, gérée sans drame dans un groupe qui sait qu’il devra, quoi qu’il arrive, répondre présent dimanche.

Car le contexte est clair : des points ont été laissés en route récemment, et la réaction est attendue. O’Neill ne dramatise pas, mais ne se cache pas non plus : l’objectif reste immuable, gagner, et « essayer de récupérer » ce qui a été perdu.

McGregor, Carter-Vickers et le débat sur le front offensif

Les propos de Callum McGregor après le dernier match ont animé les discussions. Le capitaine a mis en lumière un malaise tactique : un trio offensif composé de trois avant-centres de métier, alignés sur les côtés, ne lui semble pas tenable sur la durée.

O’Neill ne se braque pas. Au contraire, il assume pleinement le diagnostic.

Il rappelle ce qu’il a déjà répété en conférence de presse : Callum Osmand est « essentiellement un avant-centre », un joueur qui, dans un monde idéal, évoluerait aux côtés d’un attaquant puissant plutôt que seul en pointe. Même constat pour Camilo Duran, lui aussi buteur de formation. Deux joueurs qui apprennent encore à se connaître, dans un système qui cherche son équilibre.

« Je suis totalement d’accord avec Callum », lâche-t-il, sans détour. Pas de conflit de générations, pas de fracture dans le vestiaire, mais une réalité tactique posée sur la table.

La question devient alors simple : est-ce un problème de profils, ou de réglages ? « On va régler ça », répond O’Neill. Le bilan national lui donne, pour l’instant, un peu de marge : son équipe est en tête, quatre points d’avance, et une impression générale de solidité malgré les ajustements en cours.

Des solutions dans l’effectif… et du temps

Derrière les titulaires, la concurrence piaffe. Jordan Lotomba attend encore sa première vraie chance. Le jeune Joel van den Berg vient tout juste de reprendre l’entraînement avec le groupe. O’Neill prévient : d’ici Noël, tout le monde ou presque aura foulé la pelouse. Ce sera ensuite le moment de figer les rôles, de fixer les postes, autant que possible.

Les joueurs hors de position ? Rien de nouveau, rappelle-t-il. Personne ne s’en plaignait quand le « jeune Osmand » était entré contre Benfica et avait « mis le feu » au match.

L’absence de vrais ailiers, un vrai frein

Une chose, pourtant, complique le tableau : le manque d’ailiers de métier. Jota n’est pas encore à 100 %, Yang est blessé. Les options naturelles sur les côtés sont rares.

O’Neill se raccroche à ce qu’il a vu récemment : l’entrée d’Hassan, repositionné à droite, a changé le visage offensif de l’équipe en seconde période. « Son meilleur poste, c’est ailier droit, en rentrant vers l’intérieur », explique-t-il. Il salue sa prestation, ses dribbles, ses centres, sa capacité à provoquer et à faire reculer la défense adverse.

Le retour de Yang, attendu à l’entraînement lundi, pourrait offrir un vrai bol d’air. Il était en grande forme avant sa blessure, et son retour ouvre une fenêtre intéressante juste avant la trêve internationale.

Leader du championnat, mais encore en construction

Après un premier tour de championnat, le constat est posé sans excès : « On a fait le boulot. » L’équipe mène le championnat, quatre points devant. Rien de décisif, insiste O’Neill, rappelant qu’il a déjà remonté des écarts plus importants la saison passée.

Sur la scène européenne, il manque encore « un résultat ou deux », ce qui ne l’empêche pas de se dire « vraiment satisfait » du comportement de son groupe dans son ensemble.

Pour la suite ? Il vise tout simplement la même cadence. Reproduire ce premier tour lui semblerait « improbable », mais c’est bien là l’ambition.

Sept points d’avance en ligne de mire… mais Falkirk d’abord

Dimanche, l’occasion est belle : la marge pourrait grimper à sept points. Sur le papier, le tableau est flatteur. Dans la salle de presse, O’Neill refuse d’entrer dans ce calcul.

Il ramène tout à l’essentiel : Falkirk. Une équipe qui a mal démarré mais qui, aujourd’hui, « vole » sur sa dynamique actuelle. Match piégeux, avertit-il, mais match abordable. « On a une chance d’essayer de gagner le match, et c’est ce qu’on va tenter de faire. »

Quand on lui parle encore de l’avance au classement, il sourit, un brin piqué : il arrive souvent « plutôt positif » devant les médias, et ressort parfois avec l’impression inverse. « On va bien », martèle-t-il. Beaucoup de joueurs n’ont pas fait la préparation avec le groupe, plusieurs sont arrivés tard. L’équipe, dit-il, est encore en train de se construire. « Pour l’instant, on s’accroche. »

Le huis clos en Coupe et la question des supporters adverses

La décision est tombée : le match de Scottish Cup à domicile se jouera à huis clos. O’Neill s’aligne sur la position du club, transmise par Iain, sans en rajouter.

Reste la question plus large, presque philosophique, des grands rendez-vous sans supporters adverses. On parle ici de l’un des duels les plus chargés d’histoire du football britannique. Pour O’Neill, le constat est clair : ce sont les fans des deux camps qui donnent à cette affiche sa dimension unique.

La tendance actuelle va pourtant vers des stades sans parcage visiteur. « Ça a l’air d’être la voie prise », concède-t-il, tout en rappelant qu’il n’a « jamais pensé » que ce soit une bonne chose. Pour lui, l’atmosphère de ces chocs perd quelque chose de fondamental sans le contre-champ des supporters adverses.

Le souvenir des invasions de terrain

O’Neill glisse un dernier clin d’œil, plus acide : il évoque l’invasion de terrain à Fleetwood, récemment décrite comme un « moment iconique ». Difficile de ne pas y voir un écho à la fin de saison dernière, quand une scène similaire l’avait visiblement marqué.

Est-ce que cela l’irrite encore ? « Non », répond-il. Mais il rappelle ce qu’il avait déjà dit : dans sa vie, il verra d’autres invasions de terrain, qui seront jugées d’une tout autre manière.

Un entraîneur en tête du championnat, un plan de jeu encore en chantier, des cadres qui s’expriment, un calendrier qui s’alourdit, un choc contre Falkirk qui peut déjà peser lourd. La saison, elle, ne fait que s’installer.