Maarten Paes : Un Gardien Mûr pour Garuda
Au fil des années, les allers-retours entre l’Eredivisie et la MLS ont façonné chez Maarten Paes un gardien différent. Plus mûr. Plus froid dans ses décisions, plus clair dans ses priorités. À ce stade de sa carrière, il ne se place plus au centre du tableau. Le collectif passe d’abord, pour le club comme pour la sélection.
Dans un entretien accordé à la FIFA, le portier résume cette évolution en une phrase simple, presque fataliste : tout ce qui lui est arrivé a eu un sens, un rôle dans sa construction. Il insiste sur ce chemin parcouru, sur cette maturité acquise à force de voyages, de remises en question, de matches gagnés et perdus.
Aujourd’hui, son discours ne tourne plus autour de son statut ou de son image. Il parle de vestiaire, de groupe, de mission commune. Son ego, dit-il, n’a plus la même place. Il veut se rendre utile, partout, tout le temps. Contribuer au maximum, quitte à rester dans l’ombre si le résultat est au rendez-vous. Son objectif est limpide : gagner. Avec la sélection nationale comme avec son club, sans distinction.
Une compétition régionale comme levier
Pour Paes, le tournoi soutenu par la FIFA représente bien plus qu’un simple rendez-vous au calendrier. Il y voit un accélérateur. Un outil pour tirer vers le haut non seulement son équipe, mais tout un football régional. Il parle d’un développement positif pour chaque pays engagé, d’un niveau appelé à grimper dans toute l’Asie du Sud-Est.
Dans son esprit, cette compétition ne se limite pas à un trophée à soulever. Elle doit servir de tremplin, de marche vers plus grand. L’idée est claire : installer une dynamique, une confiance collective, et arriver lancé vers la prochaine Coupe d’Asie. Gagner ici, pour exister là-bas.
Forger un mental de vainqueur
Le quotidien dans un environnement d’élite a affûté son exigence. S’entraîner dans une enceinte comme la Johan Cruyff Arena, évoluer chaque jour au contact d’un gardien du calibre de Marc-André ter Stegen, impose un standard. On ne triche pas. On ne se cache pas.
Cette concurrence permanente, Paes la retrouve aussi en sélection, où il partage le poste avec Emil Audero sous les ordres de John Herdman. La bataille pour la place de titulaire est réelle, rude, mais assumée. Il en parle comme d’un moteur, pas comme d’un conflit. Plus le niveau en face s’élève, plus il se sent obligé de repousser ses propres limites, de tendre vers la meilleure version de lui-même.
Avec le temps, il a appris à dissocier rivalité individuelle et ambition nationale. Ce qui compte désormais, ce n’est pas de devancer Audero dans la hiérarchie pour la beauté du CV. Ce qui compte, c’est que Garuda gagne. Que ce soit lui ou son concurrent dans les buts. Le reste passe après.
Un objectif clair : un trophée, chez soi
Dans son regard, un but domine tous les autres : soulever la coupe. Pas n’importe où, pas n’importe comment. Il veut le faire à domicile, devant un public qui, selon lui, n’a jamais cessé de pousser, même dans les périodes plus grises. Il parle presque d’une dette à régler, d’un remerciement à offrir à ces tribunes qui ne lâchent jamais.
Ce tournoi régional, il le voit comme la première pierre d’un édifice plus ambitieux. D’abord conquérir ce titre, créer un élan, installer une émotion positive, puis se projeter vers la Coupe d’Asie avec la conviction d’appartenir à une équipe capable de regarder plus haut.
Le cadre est posé, les intentions aussi. Reste une question, brutale mais simple : jusqu’où ce nouveau Paes, débarrassé de son ego et obsédé par le collectif, peut-il pousser Garuda sur la scène continentale ?



