Luis Vazquez et le soutien de Chris Davies après un raté
Luis Vazquez a manqué l’immanquable, et Internet s’en est chargé. Entré en jeu lors de la victoire 2-1 de Birmingham City à Derby County, l’Argentin a vu sa tentative en fin de match se transformer en mème, rangée aux côtés des ratés les plus célèbres de l’histoire, de Roger Davies à Ronny Rosenthal.
Sur les réseaux, on se moque. À St Andrew’s, on serre les rangs.
À l’heure d’aborder la réception de Middlesbrough, Chris Davies refuse de laisser ce moment définir son attaquant. Pour lui, ce n’est qu’un accident spectaculaire.
« C’est un coup de folie, un truc qui arrive une fois, pas plus », a-t-il expliqué sur BBC Radio WM. « Il pourrait tenter ça 100 fois et marquer 100 buts. Ça ne peut que le rendre plus fort. »
Un vestiaire derrière son buteur
Vazquez n’a toujours pas débuté le moindre match de Championship avec Birmingham. Utilisé uniquement comme remplaçant, il attend encore son premier but en championnat sous le maillot des Blues. L’occasion à Derby aurait pu tout débloquer. Elle a fini sur les réseaux sociaux.
Mais en interne, le discours est tout autre. Davies insiste sur la solidité mentale de son joueur.
« C’est un dur à cuire. Il n’a montré aucun signe de fragilité », souligne le coach. Il raconte même avoir pris les devants dès le coup de sifflet final à Pride Park : « J’ai tenu à lui parler tout de suite après le match samedi dernier. »
La réponse du groupe n’a pas tardé. En semaine, Vazquez inscrit un beau but à l’entraînement. Réaction immédiate.
« Il a eu une énorme ovation des gars », confie Davies. Un vestiaire qui chambre parfois, mais qui protège surtout.
L’Argentin, lui, brûle d’impatience. « Il est tellement désespéré de marquer. Et nous, on veut tellement qu’il marque », poursuit l’entraîneur. Davies sait ce que ce premier but changerait : « Dès que le premier rentrera, tout ça sera oublié. »
Solides loin de chez eux, freinés à St Andrew’s
Pendant que l’on dissèque ce raté, la saison avance. Birmingham a pris sept points sur douze possibles à l’extérieur, sur des terrains loin d’être simples : Sheffield United, Wrexham, Norwich City – seule défaite – et Derby County.
Le paradoxe saute aux yeux : les Blues voyagent bien, mais butent encore chez eux. À St Andrew’s, le tableau est plus frustrant : 2-2 contre Bristol City, 1-1 face à Southampton, 2-2 contre Wolves. Des matches ouverts, des buts, mais pas de victoire.
Davies, lui, garde le cap. On lui a répété tout l’été que son équipe avait l’un des calendriers les plus rudes du début de saison en Championship. Il regarde aujourd’hui le classement et se contente des faits.
« On a le même nombre de points qu’à la même période la saison dernière, mais on est une meilleure équipe », affirme-t-il. Il revendique un Birmingham plus ambitieux avec le ballon, sans perdre son identité.
« On est plus dangereux offensivement, mais on paraît aussi plus solides et davantage comme une vraie équipe. »
Il ne s’aveugle pas pour autant : « Il y a encore de la marge de progression dans certains domaines, mais on ne peut pas dire qu’on n’est pas satisfaits de notre départ, vu le défi qu’on avait. »
La défense comme manifeste
Dans son discours, un mot revient : engagement. L’entraîneur des Blues ne se cache pas derrière les schémas ou les systèmes. Il met en avant un état d’esprit.
« Notre amour de la défense saute aux yeux. C’est aussi bon que marquer un but », lâche-t-il. Une phrase qui résume sa vision : le bloc, l’effort, la solidarité comme fondations d’un projet plus offensif.
« Ça vous emmène très loin. On parle beaucoup de systèmes, mais on ne s’échappe jamais de l’engagement. »
Samedi, Middlesbrough débarque à St Andrew’s. Les projecteurs se braqueront à nouveau sur Luis Vazquez, sur la capacité de Birmingham à enfin transformer ses matches nuls à domicile en victoires, sur ce mélange de solidité défensive et d’ambition offensive que Davies revendique.
Le raté de Derby continuera sans doute de tourner sur les réseaux. Mais la vraie question, pour Birmingham, est ailleurs : à quel moment ce groupe, déjà plus mûr et plus tranchant que l’an passé, va-t-il enfin le traduire en points devant son public ?




