Lester Martinez, une nouvelle menace dans la catégorie des 168 livres
L’image restera. Luka Plantic plié en deux, genoux qui lâchent, regard perdu. Un crochet au corps, sec, rageur, au 10e round, a suffi pour éteindre le Croate. Avec ce KO brutal, Lester Martinez n’est plus seulement un espoir invaincu. Il est désormais une présence installée chez les super-moyens, un problème que la catégorie ne pourra plus ignorer.
Son bilan parle déjà fort : 21-0-1, 17 victoires avant la limite. Mais c’est la manière qui interpelle. Martinez peut avancer, user, démolir. Il peut aussi, comme face à Plantic, trouver une ouverture créative, un angle inattendu, et terminer le combat en une seule inspiration bien placée. Ce coup au corps n’était pas qu’un dénouement. C’était un avertissement.
Un Guatémaltèque qui commence à peser
Autour de lui, les options s’ouvrent enfin à la hauteur de son potentiel. Un retour au pays, en tête d’affiche au Guatemala, pourrait attirer des foules et générer des millions. Le scénario est séduisant : un héros national qui revient avec une ceinture ou un statut d’aspirant incontournable, dans une arène chauffée à blanc.
L’autre voie mène vers les grandes métropoles nord-américaines. Los Angeles, New York, Washington : des villes où la diaspora guatémaltèque est solide, bruyante, prête à se ranger derrière l’un des rares visages de son pays sur la scène mondiale de la boxe. Martinez n’est plus seulement un nom dans les classements, c’est une carte marketing, un moteur de billetterie, un argument pour les diffuseurs.
Lui, de son côté, ne cherche pas à se faire discret. Juste après sa victoire, il a envoyé un message clair à la division, relayé par BoxingScene :
« Ils ne peuvent pas m’échapper. Je sais qu’ils regardaient ce combat. Je sais que l’engagement arrive. Je sais qu’il arrive, et nous allons travailler pour le rendre possible. »
Le ton est posé, la promesse aussi : Martinez ne compte plus patienter en coulisses.
Sous la houlette de BoMac, un plan pour faire tomber les grands
Derrière ce Guatémaltèque agressif et réfléchi, on retrouve une figure bien connue : Brian "BoMac" McIntyre. L’homme qui a guidé Terence Crawford au sommet supervise désormais la montée de Martinez. Et le technicien ne se cache pas lorsqu’il évoque les futurs adversaires potentiels, notamment Jaime Munguia.
Selon McIntyre, le camp Martinez détient déjà la feuille de route pour faire tomber ces noms établis. Il l’a dit sans filtre : affronter Munguia serait, à ses yeux, comme prendre un bonbon à un enfant. Il est convaincu que son boxeur le « laverait », et que le monde commence seulement à mesurer à quel point Lester est bon, intelligent, et doté d’un menton en granit.
Les faits sur le ring soutiennent ce discours. Martinez défend avec une vraie malice. Il attire les adversaires, les pousse à allonger trop leurs coups, à sortir de leur structure. Ils manquent des frappes simples, se retrouvent en déséquilibre, exposés aux contres et aux rafales. C’est là que Martinez prospère.
Son gabarit, 1,75 m environ (5'9"), pourrait passer pour un handicap dans une division remplie de grands gabarits. Il l’utilise comme une arme. Il se baisse, plonge dans la distance, se glisse sous les bras, fait rater les crochets et remonte immédiatement au corps. Face aux plus grands, il travaille les torses, les flancs, les hanches. Dans les clinchs, son centre de gravité plus bas complique la tâche de ceux qui tentent de le neutraliser dans les cordes : il offre moins de prise, moins de masse à saisir, et garde ses mains libres pour cogner.
La nuit d’Halloween peut tout changer
Le calendrier lui offre désormais un point de mire. Le soir d’Halloween, Canelo Alvarez et Christian Mbilli se disputeront le titre WBC des super-moyens. C’est là que tout se joue pour Martinez. Il doit viser le vainqueur. Et s’il y a un nom à prononcer à haute voix, c’est bien celui de Canelo.
Alvarez n’est plus au sommet incandescent de ses plus grandes années, mais il règne encore. Il empile toujours les ceintures et les chèques, choisit ses défis, impose son tempo à la division. La fin de son règne approche, mais personne ne sait encore qui osera réellement venir le détrôner sur son terrain.
Martinez, lui, se place en candidat sérieux à ce rôle. Il a le style pour gêner, la confiance pour demander, l’encadrement pour préparer un plan. Il lui manque un dernier pas : transformer son statut de menace en réalité concrète, en combat signé face au roi en place.
S’il parvient à décrocher cette chance et à la saisir, la conclusion serait limpide. Avec une victoire sur Canelo ou sur le vainqueur de ce duel d’Halloween, Lester Martinez ne serait plus seulement un nom qui monte. Il deviendrait, sans contestation possible, le patron des 168 livres.




