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John Han remporte le Junior FIA Karting Championship à Macao

Sur le sinueux Coloane Karting Track de Macao, là où la moindre erreur se paie comptant contre les rails, un garçon de 12 ans a offert un aperçu brutal de ce que peut être le futur du sport automobile asiatique.

Dimanche, le Hongkongais John Han a arraché la victoire dans le tout dernier tour pour remporter le Junior FIA Karting Arrive and Drive Asia-Pacific Championship 2026. Un dépassement tardif, audacieux, parfaitement exécuté sur un tracé réputé impitoyable. À cet âge-là, beaucoup apprennent encore à gérer la pression. Lui l’a utilisée comme carburant.

Cette performance prend une dimension particulière dans un paysage où une question revient sans cesse : où se trouve le prochain Zhou Guanyu ? Le pilote chinois, aujourd’hui réserviste chez Cadillac, dernière arrivée en Formula 1, reste le seul Chinois à avoir occupé un volant à temps plein dans l’élite. Son parcours a ouvert une porte, sans pour autant la rendre accessible à tous. Le talent ne suffit pas toujours quand les coûts explosent dès les premières marches de la pyramide.

C’est précisément là qu’intervient ce nouveau format lancé par la FIA dans le cadre de son plan mondial pour le karting. Le principe est brutalement simple, presque radical : des karts identiques pour tous, découverts seulement à l’arrivée sur le circuit. Pas de matériel préparé en amont, pas de châssis surdéveloppé en secret. Les moteurs, eux, sont régulièrement échangés entre concurrents pour tuer dans l’œuf toute suspicion de matériel défaillant ou, à l’inverse, trop performant.

Dans ce contexte, il ne reste plus qu’une vérité : le pilote. Sa lecture de la piste, son courage au freinage, sa capacité à garder la tête froide quand la course se joue sur un tour. À Macao, John Han a coché toutes ces cases.

Sur le Coloane Karting Track, où les trajectoires se rétrécissent au fil des virages et où la moindre hésitation condamne une attaque, il a attendu son moment. Pas de manœuvre désespérée, pas de précipitation. Juste cette accélération au bon endroit, ce freinage un peu plus tardif, ce kart placé exactement là où son rival ne l’attendait pas. Le genre de dépassement qui reste dans les mémoires des paddocks.

L’Arrive and Drive ne promet pas de fabriquer le prochain Zhou Guanyu à la chaîne. Mais il change la donne. Il réduit la part de l’argent, augmente celle du talent brut. Il donne à des profils comme John Han une scène où briller sans avoir derrière eux une armée de sponsors.

Pour l’instant, il est trop tôt pour parler de destin tracé vers la Formula 1. À 12 ans, on gagne d’abord des courses, pas des carrières. Mais sur ce week-end à Macao, avec ce dernier tour arraché sur une piste aussi exigeante, le jeune Hongkongais a posé un jalon.

Dans une région qui cherche encore sa prochaine grande figure du volant, ce genre de victoire ne passe jamais inaperçu. La question n’est plus seulement : où est le prochain Zhou Guanyu ? Elle devient aussi : jusqu’où peut aller John Han dans un monde où, enfin, les cartes commencent à être mieux redistribuées ?