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François Fofana fait ses adieux aux Éléphants

À 31 ans, le cœur encore accroché à la nuit de gloire d’Abidjan, François Fofana a décidé de tourner la page de la sélection ivoirienne. Pas par un communiqué froid, ni dans l’ombre d’un couloir de stade, mais avec un message profondément personnel adressé aux supporters, là où tout se vit désormais : sur Instagram.

« Chers supporters ivoiriens, le moment est venu pour moi de tourner la page », écrit-il d’emblée.

Quelques lignes suffisent pour mesurer le poids de l’instant. Fofana parle de « fierté immense » et de « profonde gratitude », des mots simples, mais chargés de ces années passées à défendre le maillot orange.

Le sommet restera à jamais ce trophée soulevé à domicile, lors de la CAN 2024. Un aboutissement. « Gagner le plus grand trophée du continent était un rêve d’enfant devenu réalité pour moi », confie-t-il encore. Ce soir-là, la Côte d’Ivoire a renoué avec sa légende, et Fofana a gravé son nom dans l’histoire d’un pays qu’il a choisi, lui le Parisien de naissance, formé dans les sélections de jeunes de la France jusqu’aux moins de 18 ans.

Le milieu ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Il remercie ses coéquipiers, le staff, et surtout ce public qui l’a porté dans les moments de doute comme dans les nuits d’euphorie. Puis il se projette : « Je resterai toujours le supporter numéro un des Éléphants, et j’ai hâte de voir cette nouvelle génération écrire sa propre histoire. » Une phrase qui sonne comme un passage de témoin. À ses yeux, le vivier ivoirien déborde de talent. Il insiste : « Il ne manque pas de talents dans notre nation. »

Son parcours raconte aussi la mondialisation du football moderne. Passé par l’académie de Manchester City, puis par Fulham, Fofana a croisé des styles, des cultures, des exigences différentes. Il a ensuite partagé le vestiaire d’une autre légende, Cristiano Ronaldo, du côté d’Al-Nassr. Une trajectoire faite de paliers franchis un à un, loin des projecteurs parfois, mais toujours avec la même obsession : progresser.

Aujourd’hui, il poursuit sa route en club. Prêté par Rennes au FC Porto, il s’est imposé comme une pièce importante du dispositif portugais, contribuant de manière décisive à la conquête du titre national la saison passée. Une preuve supplémentaire que, si l’aventure en sélection s’arrête, la carrière, elle, reste en plein mouvement.

Fofana quitte les Éléphants sans fracas, sans polémique, avec la sérénité de celui qui a accompli ce qu’il était venu chercher : un trophée continental, chez lui, devant son peuple. La page se tourne, mais l’empreinte laissée par ce champion d’Afrique, né à Paris et devenu symbole ivoirien, restera, elle, solidement ancrée dans la mémoire collective.

La suite se jouera désormais en club. À Porto, à Rennes ou ailleurs. Mais une chose est claire : en tribune ou derrière un écran, François Fofana regardera chaque match de la Côte d’Ivoire comme un ancien soldat qui n’a plus l’uniforme… mais n’a jamais rendu le cœur.