L'équipe des Portland Trail Blazers pour la saison 2026-27
À Portland, l’été ne se joue pas seulement sur le parquet. Il se joue dans les bureaux, sur les tableaux blancs, dans les salles de réunion où se redessine la colonne vertébrale sportive de la franchise.
Pour la saison 2026-27, les Portland Trail Blazers ont décidé de muscler leur cerveau collectif. Autour de Micah Nori, confirmé à la tête de l’équipe, le staff prend une dimension nettement plus dense, plus expérimentée, presque militante dans son obsession du développement.
Le retour de Jay Triano, mémoire vive et boussole tactique
Le nom claque comme une garantie : Jay Triano revient à Portland. L’homme qui entrera au Canada’s Sports Hall of Fame en 2026 débarque avec deux décennies d’expérience sur les bancs de la NBA, deux passages comme head coach à Toronto et Phoenix, et une vie entière consacrée au basket canadien.
Premier entraîneur principal canadien de l’histoire de la ligue, ancien sélectionneur de l’équipe nationale (deux longues périodes, de 1999 à 2004 puis de 2012 à 2019), triple olympien en tant que joueur, Triano n’arrive pas en terrain inconnu. Il avait déjà occupé le rôle d’assistant aux Trail Blazers de 2012 à 2016. Il sort tout juste d’une saison aux Dallas Mavericks, où il était encore sur le banc en 2025-26.
Pour Nori, c’est un adjoint qui connaît la maison, la ligue, les enjeux. Un repère.
Mike Williams, la nouvelle vague ambitieuse
À l’autre bout du spectre de l’expérience, Mike Williams incarne la génération montante. Il sort de trois saisons comme assistant aux Utah Jazz (2023-26) après avoir été l’un des plus jeunes head coaches de la G League, à la tête des Capital City Go-Go, l’équipe affiliée aux Washington Wizards.
Son bilan parle pour lui : 19 victoires, 13 défaites, et une demi-finale de playoffs en 2022-23. Avant ça, il avait déjà fait un premier passage par Portland comme stagiaire en développement des joueurs, puis avait gravi les échelons à Washington comme assistant au développement de 2018 à 2021.
Le voilà de retour là où il a fait ses premiers pas, mais cette fois avec un vrai siège sur le banc NBA.
Quinton Crawford, le champion de G League déjà installé
Quinton Crawford, lui, ne débarque pas : il entame sa deuxième saison comme assistant à Portland. Son CV récent reste impressionnant. Avant de rejoindre l’Oregon, il a mené les Stockton Kings au titre de champion de G League dès sa première saison en tant que head coach, en 2025.
Son parcours l’a déjà vu passer par plusieurs bancs prestigieux : assistant aux Phoenix Suns, aux Dallas Mavericks, puis aux Los Angeles Lakers, avec une bague de champion NBA en 2020 dans le staff angelino. Une trajectoire qui donne du poids à sa voix dans le vestiaire.
Gilbert Abraham, l’architecte du développement
Gilbert Abraham poursuit sa double mission : assistant coach et directeur du développement des joueurs, pour une troisième saison dans ce rôle hybride. C’est lui qui structure les progrès individuels, le travail de l’ombre, la progression au quotidien.
Avant Portland, il avait fait ses classes à Austin, avec les Austin Spurs, équipe affiliée aux San Antonio Spurs, en 2022-23. Encore avant, il pilotait la performance chez Tandem Sports and Entertainment de 2021 à 2023. Un profil très moderne, au croisement de la préparation, de la science du corps et de la pédagogie.
Leron Black, promotion méritée
Leron Black grimpe d’un échelon. Coach du développement des joueurs la saison passée, il devient assistant à part entière. Une progression logique pour celui qui avait déjà passé deux saisons avec Rip City Remix, l’équipe de G League de la franchise, comme assistant.
Avant son arrivée dans l’organisation, il avait commencé sa carrière d’entraîneur à l’Université de Dayton, comme graduate assistant de 2021 à 2023. Joueur professionnel auparavant, il a roulé sa bosse en Argentine, au Brésil et au Mexique entre 2018 et 2021. Une expérience de terrain qui nourrit son discours auprès des jeunes.
Pooh Jeter et Jason Luhnow, la fabrique des joueurs
Sur le front du développement, Pooh Jeter poursuit son œuvre. Il entre dans sa quatrième saison comme Player Development Coach. Ancien meneur au long parcours, passé par G League Ignite de 2021 à 2023 pour encadrer les jeunes prospects, il connaît intimement la transition entre promesse et réalité.
Son CV est une carte du monde : Sacramento Kings en 2010-11, puis l’Espagne, Israël, Chine, France, Turquie, Ukraine. Une carrière qui lui a valu une place au University of Portland Athletic Hall of Fame le 27 septembre 2024. À Portland, il incarne le vétéran qui parle vrai aux joueurs.
Jason Luhnow, lui, change de vitesse. Il entre dans sa quatrième saison dans l’organisation et devient à plein temps coach du développement des joueurs après avoir combiné ce rôle avec celui de coordinateur vidéo l’an dernier. Arrivé en 2022 comme simple stagiaire vidéo, il a gravi les marches une à une.
Formé à Lake Oswego High School, puis joueur marquant à Lewis and Clark College, il a même tenté l’aventure en Australie avec les Woodville Warriors en NBL1. Avant de revenir au pays, il avait déjà coaché en lycée, à Lake Oswego, sur les équipes junior varsity et varsity, tout en accompagnant des joueurs universitaires et professionnels. Un profil de formateur pur.
La cellule vidéo et le tir, ces détails qui font basculer des matchs
Ikenna Smart reste en poste comme coordinateur vidéo et coach du développement des joueurs. Ty Vitko enchaîne une deuxième saison comme assistant coordinateur vidéo. John Townsend, lui, conserve son rôle de shooting coach, gardien de la mécanique de tir, là où se joue souvent la différence dans une ligue obsédée par le spacing.
Des noms moins exposés, mais indispensables dans une NBA où chaque possession est disséquée.
Nate Bjorkgren, relais stratégique
Nate Bjorkgren, déjà bien installé dans le paysage de la franchise, entre dans sa quatrième saison à Portland avec un nouveau titre : Special Assistant to the Coaching Staff and Basketball Operations. Un rôle de lien, de conseil, entre le banc et la direction sportive.
Son expérience parle : assistant aux Toronto Raptors sur deux périodes (2018-20 puis 2021-23), head coach des Indiana Pacers en 2020-21. Un technicien habitué aux structures ambitieuses, désormais placé au cœur de la réflexion globale des Blazers.
James Brocato, l’arme silencieuse des données
Enfin, un nom incarne le virage analytique : James Brocato. Il rejoint Portland comme Director of Basketball Innovation après douze ans aux Dallas Mavericks, où il occupait récemment le poste de Director of Basketball Analytics.
Son rôle est clair : utiliser la donnée pour orienter les décisions à tous les étages des opérations basket et créer des avantages compétitifs. Diplômé en droit de Gonzaga University School of Law et en psychologie à Washington State University, il apporte un regard différent, à la fois juridique, humain et statistique.
Portland ne se contente pas de bâtir une équipe. La franchise construit une structure. Un staff où se mêlent expérience internationale, titres en G League, expertise analytique et savoir-faire en développement.
Reste une question brûlante : avec un tel cerveau collectif derrière eux, jusqu’où les joueurs des Trail Blazers pourront-ils pousser le plafond de cette équipe en 2026-27 ?




