logo

Elina Svitolina et Sergiy Stakhovsky : un duo prometteur aux WTA Finals

Elina Svitolina arrive aux WTA Finals avec un visage familier… mais un nouveau regard dans son box. Pas d’Andrew Bettles à Indian Wells. À la place, un autre Ukrainien, au parcours singulier et à la réputation bien installée sur le circuit masculin : Sergiy Stakhovsky.

Un changement de décor au moment où la saison se referme, mais aussi un pari assumé.

Stakhovsky, l’ancien bourreau de Federer, dans le box de Svitolina

Sergiy Stakhovsky n’est pas un inconnu dans le monde du tennis. Quatre titres ATP, un coup d’éclat gravé dans l’histoire – cette victoire sur Roger Federer à Wimbledon – et une carrière construite sur l’audace et le sens du jeu. C’est ce bagage-là qu’il apporte à Elina Svitolina pour ce rendez-vous majeur.

La raison de ce changement est simple, presque intime. Andrew Bettles, coach historique de l’Ukrainienne, reste auprès de sa femme, enceinte et sur le point d’accoucher. Svitolina savait que ce scénario était possible depuis Roland-Garros, lorsque Bettles l’avait prévenue qu’il pourrait manquer la fin de saison. La situation s’est confirmée : il ne fera pas le voyage en Californie.

Alors, Svitolina a anticipé. En été déjà, elle réfléchit à un remplaçant. Un nom s’impose très vite : Sergiy Stakhovsky. Ils se connaissent depuis longtemps, s’entraînent souvent ensemble en Ukraine, et l’ancien joueur l’accompagne déjà ponctuellement. La transition devient presque naturelle.

Elle souligne aussi un élément clé : leur collaboration à la Billie Jean King Cup, où Stakhovsky a repris goût au haut niveau depuis le banc, observant de près différentes joueuses, leurs routines, leurs réactions sous pression. Une immersion qui a conforté Svitolina dans son choix. Il a accepté de l’épauler cette semaine. Le duo se reforme donc, cette fois sur l’une des scènes les plus relevées du calendrier.

Une spécialiste des WTA Finals

Si Elina Svitolina revient aux WTA Finals après une longue absence, elle ne revient pas en touriste. Son bilan dans ce tournoi parle pour elle : 10 victoires pour 3 défaites, soit 77 % de succès. Aucun des noms présents cette année ne fait mieux.

Elle domine, dans ce domaine précis, des références du circuit actuel : Elena Rybakina (64 %, titrée en 2025), Aryna Sabalenka (57 %, finaliste en 2022 et 2025), Coco Gauff (47 %, championne 2024) et Jessica Pegula (43 %, finaliste 2023). Mirra Andreeva, Karolina Muchova et Linda Noskova, elles, découvrent l’épreuve.

Ce statut, Svitolina ne l’a pas volé. En 2017, elle débute timidement, battue par Caroline Wozniacki puis Caroline Garcia en phase de groupes, avant de décrocher une première victoire contre Simona Halep. L’année suivante, elle change de dimension : cinq matchs, cinq victoires, et le plus grand titre de sa carrière. Une campagne parfaite.

En 2019, elle frôle même le doublé. Elle atteint encore la finale, mais bute cette fois sur Ashleigh Barty. Puis le silence. Elle manque les éditions 2020, 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025. Entre parenthèse personnelle, changements de priorités et fluctuations de classement, la scène des Masters se joue sans elle.

La voilà de retour en 2026, avec un palmarès solide dans ce tournoi, mais une nouvelle dynamique à construire.

Un retour attendu, un test immédiat

L’histoire récente de Svitolina en équipe nationale donne un autre angle à cette semaine. Avec Stakhovsky à ses côtés lors de la Billie Jean King Cup, l’Ukraine a atteint la finale. La marche était trop haute face à la Tchéquie, battue 2-0, et Svitolina s’était inclinée en deux sets face à Linda Noskova. Une piqûre de rappel sur l’exigence du très haut niveau.

À Indian Wells, la question est simple : peut-elle faire mieux avec le même homme dans son box, cette fois sur un format qu’elle maîtrise mieux que quiconque parmi les qualifiées ? Sa science des WTA Finals sera scrutée, tout comme la patte de Stakhovsky dans son jeu, son attitude, ses choix dans les moments clés.

Le calendrier ne lui laisse aucun répit. Le tournoi commence le dimanche 8 novembre. Svitolina entre en lice dès le lundi 9 novembre, face à la Russe Mirra Andreeva, l’une des trois débutantes de ce plateau 2026.

Un retour attendu, un nouvel allié, des chiffres qui plaident pour elle. Reste à voir si, huit ans après son sacre, Elina Svitolina peut encore imposer sa loi sur le tournoi qui, plus que tout autre, a façonné son statut au sommet.