Elena Rybakina remporte son premier US Open en battant Aryna Sabalenka
Elena Rybakina a fait bien plus que décrocher un titre samedi à New York. Elle a arraché une couronne, pris une place sur un trône et signé un basculement de pouvoir au sommet du tennis féminin. En battant Aryna Sabalenka 6-4, 5-7, 6-2, la Kazakhstanaise s’offre son premier US Open et valide, raquette en main, son accession au rang de numéro 1 mondiale.
Une finale de patronnes
L’affiche avait des allures de sommet absolu : la tête de série n°1, Aryna Sabalenka, face à la n°2, Elena Rybakina. Depuis 2000, l’US Open n’avait proposé que deux finales entre les deux premières mondiales, toutes deux remportées par Serena Williams. Cette fois, le scénario a changé : la n°2 a pris le dessus.
Rybakina savait déjà qu’elle délogerait Sabalenka de la première place mondiale la semaine prochaine. Elle aurait pu se contenter de cet héritage statistique. Elle a préféré prendre aussi le titre, celui que la Biélorusse avait conservé deux années de suite à Flushing Meadows. Le changement de règne ne se fera pas sur un simple communiqué du classement, mais sur un match référence.
Le premier set donne le ton. Rybakina impose son tempo, trouve vite la longueur, serre le jeu sur les points importants. 6-4, sans fracas mais avec autorité. Sabalenka, forte d’une série de 19 victoires à l’US Open et invaincue à New York depuis sa défaite en finale 2023 face à Coco Gauff, se retrouve dos au mur.
Sabalenka s’accroche, Rybakina ne lâche rien
La n°1 mondiale réagit dans le deuxième set. Plus agressive, plus présente en retour, elle refuse de céder son territoire. Les échanges se durcissent, les regards se figent. Sabalenka finit par arracher la manche 7-5 et relance complètement la finale. Le public sent le momentum basculer, la série de la Biélorusse semble repartir de plus belle.
Mais Rybakina ne se démonte pas. Elle a déjà battu Sabalenka cette année en finale de l’Open d’Australie, sur dur également, à Melbourne Park. Elle sait comment tenir la ligne de fond face à la puissance adverse, comment absorber pour mieux contre-attaquer.
Début de troisième manche : première alerte. Sur une balle de break, Rybakina expédie un revers large et laisse éclater sa frustration. Un geste, un cri, un moment où tout peut vaciller. Au lieu de s’effriter, elle se durcit. À partir de là, elle prend le contrôle définitif de la rencontre.
Les jeux défilent, les coups gagnants aussi. Sabalenka recule, subit, multiplie les fautes. Le score s’emballe : 6-2 pour Rybakina dans ce dernier set, une conclusion nette face à une joueuse qui menait pourtant 10-8 dans leurs confrontations directes et l’avait dominée cette saison à Indian Wells et Miami.
Un titre, un rang, et un objectif immense
À 27 ans, Elena Rybakina empile déjà les jalons majeurs. Wimbledon en 2022, l’Open d’Australie en début d’année, désormais l’US Open. Il ne lui manque plus que Roland-Garros pour compléter le Grand Chelem en carrière. Une perspective immense, désormais très concrète.
Née en Russie mais représentant le Kazakhstan, Rybakina s’est construite loin des projecteurs tapageurs, mais elle s’installe peu à peu au centre de la scène. À New York, elle a non seulement mis fin à l’impressionnante série de Sabalenka, mais aussi stoppé son rêve de triplé consécutif à Flushing Meadows, performance que seule Serena Williams avait réussie entre 2012 et 2014.
Sur le court, après le match, les mots lui manquent presque : elle évoque un tournoi abordé sans grandes attentes, une blessure gérée en coulisses, et ce sentiment que « tout s’est aligné » pour elle. Rien de spectaculaire dans le discours, tout dans l’exécution.
Sabalenka, elle, quitte New York avec une pointe d’amertume mais aussi une promesse : elle se sent « comme à la maison » ici et veut revenir plus forte l’an prochain. La défaite est lourde, mais son empreinte sur le tournoi reste intacte.
La suite s’écrit déjà
Rybakina, nouvelle reine du classement et du ciment new-yorkais, se tourne désormais vers un horizon clair : Paris, terre battue, et cette dernière pièce manquante du puzzle. Un Grand Chelem en carrière, à l’heure où le circuit féminin cherche ses grandes dominatrices durables, changerait tout.
En attendant, Flushing Meadows se prépare à une autre bataille, chez les hommes cette fois, avec Ben Shelton face à Alexander Zverev en finale. Mais le week-end aura déjà basculé au féminin : le centre du monde, pour l’instant, s’appelle Elena Rybakina.




